Interview Michel leclerc, 4 et fin

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Voici le dernier volet de l’interview-fleuve que nous avait accordé Michel Leclerc. Après un retour en arrière sur sa carrière plus que bien remplie, et une vision assez critique du monde funéraire aujourd’hui, l’homme nous montre qu’il a encore de la ressource et des projets.

 

Combat_Michel-LECLERC-247x300 Interview Michel leclerc, 4 et finSublimatorium Florian Leclerc

C’est son fils qui va reprendre le flambeau, avec les Sublimatoriums Florian Leclerc, une nouvelle marque en franchise « Il finit ses études, il va prendre la direction effective en mai ». Mais en quoi consistent ces Sublimatoriums « C’est remettre les familles au cœur de tout. Des prestations à un tarif beaucoup plus bas que ceux du marché, mais certainement pas au rabais ! » mais comment faire pour obtenir ces prix bas ? « Nous ne sommes pas gourmands, nous n’avons pas de siège immense à entretenir, ni d’actionnaires obsédés par les profits. Et nous ne demandons pas des fortunes aux franchisés pour obtenir l’enseigne. » Un circuit court, c’est le secret ? « Et le volume. L’idée, c’est qu’au lieu de faire dix convois avec un maximum de profits, comme font beaucoup, on fasse des convois beaucoup moins cher, mais en plus grands nombres. Et ça nous permet d’être jusqu’à vingt pour cent moins cher que les autres. »

En tout cas, nous suivrons de très près cette nouvelle approche. Et ceux qui seraient intéressés par le concept peuvent nous envoyer un message, que nous nous ferons un plaisir de transmettre.

Une nouvelle façon de crêmatiser ?

Autre projet de Michel Leclerc, le remplacement de la crémation.

Pardon, remplacer la crémation ? « Oui. Une crémation, aujourd’hui, oblige une famille à attendre une heure et demi, deux heures pour une urne. C’est long. Et puis, on brûle beaucoup de gaz, ce n’est pas très écologique, ni économique. C’est cher, une crémation. » D’accord, mais que faire à la place ? « J’ai un brevet, une crémation qui dure un quart d’heure » Comment est-ce possible ? « Avec de l’hydrogène. Ainsi, la famille attends un quart d’heure, et elle peut repartir avec son urne, ce qui n’oblige pas à faire de longue coupure durant la cérémonie. C’est également plus écologique et moins cher que la crémation classique » Quand est-ce qu’on verra cela ? « Le brevet est déposé, le temps de le mettre en place. Il y a plein d’obstacles, administratifs entre autres. Le plus tôt possible »

Encore une chose à propos de laquelle nous ne manquerons pas de vous tenir au courant.

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L’avenir des cimetières

« Les cimetières, aujourd’hui, sont tous pareils » Explique Michel Leclerc « ce sont des lieux ou l’on n’a pas envie de lire. Regardez les arbres, ils sont plantés autour, comme pour enfermer les morts. Je veux des cimetières différents de cela. Le cimetière ne doit pas être un lieu de mort, mais un lieu de vie, ou l’on vient en famille pour être proche d’un défunt. » Un peu comme en Allemagne, ou les cimetières paysagers sont vraiment conçus comme des parcs ? « Voilà. Avec des lumières, des promenades, des espaces pour les enfants. Le cimetière ne doit plus être un endroit à l’écart ou l’on met les morts, mais un endroit de partage et de souvenir ou ils sont parmi nous. » Ca va être compliqué à mettre en place « ce n’est pas dans les habitudes… » et il faudra changer les mentalités « Il y a de moins en moins de gens dans les cimetières. Je crois qu’ils aimeraient un endroit comme cela ».

 

Et c’est la fin de l’entretien. On a quand même envie de lui demander à nouveau : Mais, vous n’avez pas envie de profiter ? « Profiter de quoi ? C’est comme ça que je profite de ma vie. J’en fais des choses. ».

En tout cas, la pointe de tristesse que l’on ressent en quittant ce bonhomme vraiment passionnant, est oubliée en se disant que dans les semaines et les mois qui viennent, c’est lui qui va faire l’actualité. Et ce sera sur Funéraire Info.

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2 COMMENTAIRES

  1. Excellent article, dont les aspects sont très inspirant de part la nature même de l’interviewé.
    Il faut alors saluer ce regard tourné vers l’innovation et la considération éthique que Michel Leclerc porte sur le secteur funéraire et l’évolution de celui ci depuis tant d’années, et à l’avenir.

    J’observe avec attention l’approche évoquée quant à l’agencement et au rôle des cimetières au sein de la cité. En effet, ceux ci sont toujours quelque peu en marge de la vie, sans doute par déférence dans un temps premier.

    Pour autant, cette structuration participe au poids du tabou séculaire de la mort alors que celle ci est une destination qui épouse l’existence.

    A tant masquer le terme de la vie, l’on en arrive aisément à banaliser cette dernière.

     

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