Acheter une société de pompes funèbres : eviter la mort subite (2/2)

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Acheter une entreprise de pompes funèbres : soigneusement réfléchi, l’achat implique de connaître son secteur, comme nous l’avons vu la semaine dernière, et plus encore, aujourd’hui, ses concurrents.

La concurrence

eviter-escroqueries-main-8032039-300x200 Acheter une société de pompes funèbres : eviter la mort subite (2/2)Le concurrent est appelé « confrère », ce qui n’a pas exactement la même définition qu’ennemi mortel. Et il ne l’est pas. Une entreprise de pompes funèbres qui est seule sur son secteur sera haïe : même si son travail est correct, même si ses tarifs sont honnêtes, les clients potentiels ne manqueront pas de se dire « qu’on va chez eux parce qu’on n’a pas le choix » et donc, forcément, « il en profite ». Un concurrent est donc un point de comparaison avec vos propres services, et l’assurance pour vos clients qu’ils peuvent vous choisir en toute liberté.

Il vous procurera ensuite une base essentielle à toute activité : la motivation. Motivation pour être meilleur que lui et continuer de convaincre les familles de vous accorder leur confiance, à vous plutôt qu’à lui. Vous pourrez également, si vos relations sont intelligentes, vous rendre des services. Il vous prêtera deux porteurs un jour de coup de feu, pour vous remercier du transport de corps que vous avez fait pour lui quand il était débordé.

Enfin, mais il ne faut pas en parler, il vous débarrassera des affaires dont vous ne voulez pas. Ce n’est pas très gentil, mais il ne se gênera pas pour en faire autant.

Lorsque vous arrivez sur un secteur, n’hésitez pas à faire le tour de vos futurs concurrents. S’il a l’air heureux de vous accueillir, vous pourrez travailler avec lui. S’il ne sort pas de son bureau et que sa secrétaire vous annonce d’une voix glaciale que ses avocats vous rendront visite, ce sera plus dur. En attendant, posez-vous une bonne question : est-ce que le marché est suffisant pour faire vivre tous vos concurrents et l’entreprise que vous convoitez ? Si oui, vous pourrez vous battre honnêtement et courtoisement. Si non, est-ce que ça en vaut vraiment la peine ?

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Chiffres de toutes sortes

Regardez aussi l’implantation de votre société par rapport à celle de vos concurrents. Il est inutile d’aller s’implanter à la sortie de l’hôpital : toutes les sociétés y sont déjà, ce qui fait un peu charognard, convenons en, mais s’exposent ainsi en un endroit que les gens fréquentent peu, et le moins possible. Y a-t-il un bureau au centre-ville ? Ceux qui passent devant depuis des années, en allant travailler, en rentrant chez eux, seront enclins à lui faire confiance.

Vérifiez surtout et aussi les chiffres du marché. Qui travaille, et pourquoi. Si vous avez deux sociétés, une pas chère et l’autre spécialisée dans les funérailles princières, inutile de vous faire un dessin, l’une travaillera plus que l’autre. En revanche, si vous constatez qu’il existe quatre sociétés, toutes âgées de plus de trois ans, que leurs réputations sont bonnes, que leurs tarifs et prestations se valent, et que l’une d’entre elle dépasse 35 % du marché, enquêtez.

Ne nous voilons pas la face : les pompes funèbres sont un marché extrêmement concurrentiel, la clientèle y est fragile, et certains sont amenés à ne pas jouer selon les règles. Une société dont les parts de marché atteignent 70 % dans un établissement, cela veut dire que des enveloppes d’argent liquide changent de mains. Illégal ? Oui, totalement. Mais des systèmes de corruption existent, souvent avec des complicités haut placées, et s’avèrent difficile, voire impossible à prouver. Vous vous retrouverez dans ces cas dans une situation donquichotesque : autant vous battre avec des moulins à vent.

Un moyen simple de le savoir, c’est d’appeler toutes les maisons de retraite en expliquant que vous achetez une affaire et que vous aimeriez prendre rendez-vous avec le directeur pour vous présenter. S’ils refusent de vous recevoir, c’est bizarre. Essayez d’en savoir plus. Si l’un d’eux finit par vous expliquer qu’ils ne travaillent qu’avec une société de pompes funèbres, vous voilà fixé. Cela peut se traduire par « oui, je suis pourri, je vends des cadavres, tu n’arriveras jamais à le prouver et nous sommes assez puissants, si tu rues dans les brancards, pour te couler ». A vous de voir si vous avez les épaules pour mener ce combat.

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Peut être est-ce votre société, celle que vous voulez racheter, qui distribue ces enveloppes. A vous de voir si vous voulez manger de ce pain là. Nous vous le déconseillons fortement.

Avant de faire le chèque…

Enfin, est-ce que votre société appartient à un réseau, une enseigne ? Est-ce une franchise ? Quelles sont alors les coûts cachés, la transmission, vos droits et obligations ? Demandez une copie du contrat et consultez un avocat. Demandez aussi un rendez-vous avec les responsables du réseau avant de décider ou non de poursuivre avec eux.

Vous aurez compris que, avant de faire le chèque, il vous faudra savoir exactement ou vous mettez les pieds. Une société de pompes funèbres est un acteur majeur de la vie sociale, même s’il est par nature discret, et ce n’est pas un simple plan comptable. L’implantation, la réputation, de la société y est pour beaucoup, ses méthodes, ses pratiques et celles des concurrents aussi.

Pensez à la marbrerie : est-ce que la société a sa marbrerie ? Si oui, est-ce qu’elle se justifie par une activité conséquente ? Et si elle n’en a pas, est-ce qu’il y a un partenaire fiable dans la région ?

Bref, acheter une société de pompes funèbres, une fois que vous aurez vu ce qui vous plaît sur le papier, cela veut dire la voir, et une fois votre choix fait, avant de signer, passer une semaine sur place, enquêtez, questionnez. C’est du temps, c’est des frais, mais ce sont les dix ou vingt prochaines années de votre vie qui en seront impactées.

Puis, quand vous serez sûr, lancez-vous. Et le jour de l’a réouverture, ne manquez pas de nous envoyer un communiqué de presse, nous le publierons avec plaisir.

La première partie de l’article se trouve ici

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