Avec fleurs et couronne

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L’on en voit régulièrement, elle est même le symbole des obsèques et de la mort : mais au fait, d’où vient la couronne mortuaire ?

Des fleurs dans la nuit des temps

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La couronne funéraire et la couronne de la mariée sont soeurs !

Les fleurs sont la plus primitive offrande de deuil : on en a trouvé jusque dans les premières sépultures néolithiques, preuve peut être d’une sensibilité esthétique au végétal jamais démentie depuis.

Au fur et à mesure du temps, en Europe, les fleurs ont agrémenté les événements solennels et festifs. Pour enjoliver les vêtements relativement ternes, les convives se paraient de couronnes de fleurs. Les dames lancèrent la mode, suivie des hommes.

Ainsi, les fleurs passèrent de décoration « de plein air », à peine remarquées, en ornements de mode.

Petit à petit, une coutume s’installa : puisque, en cette époque très catholique, l’on pensait que l’âme du défunt perdurait, des couronnes de fleurs furent déposées sur son cercueil. C’était un signe que la mort ne changeait rien à sa place parmi le groupe, ni ne modifiait son statut.

Les couronnes de fleurs tressées disparurent peu à peu des parures vestimentaires, au fur et à mesure que les teintures pour vêtements s’amélioraient, que des étoffes précieuses étaient importées, et que l’on se rendait compte que le pollen tâchait…

Mais les couronnes restèrent sur les cercueils, alors que leur signification première se perdait. Il s’agissait de rendre hommage, et cette forme bien implantée dans l’inconscient collectif perdurait. Les couronnes se mirent petit à petit à prendre du volume, le nombre de plus en plus important de fleurs représentant l’estime en laquelle on tenait le défunt.

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Aux origines des fleuristes

la-couronne-ftd-souvenir-damour-300x300 Avec fleurs et couronneCe sont autant les considérations de la mode que pragmatiques qui ont collaboré à l’essor du métier de vendeur de fleurs, qui n’était pas encore fleuriste. Les marchands de fleurs étaient parmi les rares professions à ne pas avoir besoin d’autorisation pour exercer. N’importe qui disposant d’un lopin de terre et désireux de faire pousser des fleurs pouvaient les vendre.

Ainsi ancestrale, la profession de fleuriste eut tout le temps de chercher des variantes à la couronne. Outre les plantes en pot, destinées à durer sur les monuments plus que les fleurs coupées, d’autres formes apparurent.

Les premières furent les crucifix. Certains modèles étaient faits d’une base de bois, sur laquelle étaient tressées des fleurs, d’autres en fer forgé, destinés à rester après sur le monument.

La révolution arriva avec le plastique et la mousse. Toutes les formes étaient permises, croix, coussins, et bien entendu la couronne, désormais devenue trop grande pour reposer sur le cercueil, et que l’on prit l’habitude de disposer sur un chevalet.

La fin d’un monde ?

Crise oblige, la taille tend à diminuer à nouveau. Déjà les chevalets se font de plus en plus rare, les couronnes aussi. La variété de nouvelles structures, la recherche de bouquets plus modestes mais plus « efficaces » ont renvoyé les grands anciens dans le passé.

La couronne risque de devenir, à terme, une simple expression. Un terme générique pour désigner une variété de compositions florales aux essences, couleurs, formes et assemblages différents.

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