Cercueils du Nord reportage à Toufflers

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« Acheter un cercueil, c’est comme acheter un meuble. La mort n’a pas de prix, mais les gens regardent, font des devis. » Didier Cardon est le directeur commercial de CDN : Cercueils du Nord, basé à Toufflers. Il porte sur le passage dans l’au-delà le regard de l’entrepreneur.

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En arrivant chez CDN, il faut mettre de côté ce que la mort évoque en nous, garder à l’esprit que, bien que chargé de symbole, un cercueil est un produit comme un autre. Dans l’entrepôt du siège toufflersois, il y en a toujours 3 000 à 4 000 en stock 120 modèles différents. En France, « on aime qu’il y ait de la moulure », du bois travaillé. Selon les régions, la forme peut différer. Dans d’autres pays, la mode est à des cercueils sobres, voire modernes. Il y a tout cela dans le hall d’exposition.

CDN est une entreprise familiale, née à Gondecourt il y a plus de quarante ans, et qui en 2000 est passée sous le giron de Funico International, un groupe belge employant 128 personnes, qui dans son pays fabriquent 65 000 cercueils sur les 100 000 vendus chaque année. « Nous, on en vend 20 000 », dans une grande région nord-est. Didier Cardon est le fils d’un menuisier qui travaillait à Caudry et la fabrication des cercueils, il connaît. En parallèle, il a aussi exploité une entreprise de pompes funèbres mais il a tout arrêté. « On ne pouvait pas faire face aux négociants. Des fabricants qui faisaient 100 000 cercueils par an ont été amenés à licencier. On n’est plus compétitifs sur l’entrée de gamme. Avant, les menuisiers faisaient les cercueils sur mesure. Il fallait six à sept heures pour les fabriquer, mais ils ne rentraient pas dans leurs frais. » CDN a pour sa part fabriqué jusqu’en 2010. C’est la maison mère qui désormais fournit une part des cercueils. Les autres sont importés de Chine, de Roumanie. Vingt-deux personnes travaillent à Toufflers notamment à la personnalisation.

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Quand il est arrivé dans l’entreprise, Didier Cardon avait un objectif : relancer les ventes. Elles ont doublé en trois ans. Mais il ressent l’irrégularité de la pyramide des âges, avec les classes creuses dues à la Première Guerre mondiale et l’évolution de l’espérance de vie. La clé, c’est de bien figurer auprès des entreprises de pompes funèbres. « 70 % des plus de 65 ans ont des contrats obsèques, pour soulager les enfants.

C’est comme cela que les pompes funèbres ont deux ou trois années de contrat ce sont des clients sûrs ! Cela inclut le cercueil. Ils sont exigeants, veulent un beau capitonnage, de belles poignées… » Pour CDN, cela implique d’avoir différents modèles, de celui en acajou ou en chêne premier choix, jusqu’à aux cercueils d’entrée de gamme, en panneaux de particules. Les familles restent attachées à ce qui contiendra la dépouille de leur parent. « Aujourd’hui, on ne couvre plus pendant la cérémonie à l’église. Les gens les regardent pendant la messe. » Et la jeune génération ? « Elle ne veut pas dépenser d’argent. C’est pour cela que la crémation se développe. » Pour les cercueils, cela change beaucoup de choses, à commencer par la nature du bois qui doit être plus tendre, et pour la fabrication qui doit limiter l’utilisation de métal. Mais quel que soit le modèle ou la gamme, ils sont livrés au plus vite. La vie s’arrête, certes, mais « dans notre métier, on est dans l’urgence.

On est ouvert toute l’année. »

viaCDN : à Toufflers, le cercueil est un produit presque comme un autre – La Voix du Nord.

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