Création d’entreprise, Pompes Funèbres Civiles à Brest : un parcours

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Comment naissent les entreprises de pompes funèbres ? Chacune a une histoire, et derrière cette histoire, un homme ou une femme qui avait un projet. Focus sur une jeune société, les Pompes Funèbres Civiles de Brest, à travers le parcours d’Hervé, fondateur et directeur.

L’appel du métier

2012-04-25-12.08.55-300x225 Création d'entreprise, Pompes Funèbres Civiles à Brest : un parcours« J’étais dans l’immobilier à Paris » raconte Hervé Mankowski, « et je suis marié à une Brestoise. Il faut savoir que, quand on épouse une Brestoise, on épouse Brest. (rires) Nous sommes revenus nous installer dans la région, et j’ai retrouvé du travail dans l’immobilier. Mais ce n’était pas pareil, et je voulais autre chose. J’en ai parlé autour de moi, en ajoutant que j’étais prêt même à travailler dans le funéraire » Pourquoi ? « Quand j’étais petit, quelqu’un m’avait dit que j’avais la tête de l’emploi » (rires) « Donc, un soir, ma belle-mère était au restaurant avec des amis, et elle expliquait que je cherchais du travail. Elle leur a dit en riant que je cherchais même dans le funéraire. A ce moment la, un homme s’est retourné à la table d’à côté et lui a dis ”Ah oui ? Donnez lui ma carte et dites-lui de m’appeler”. Il dirigeait une société familiale de pompes funèbres près de Brest. La semaine suivante, j’ai commencé comme porteur chez lui. Six mois plus tard, j’étais adjoint du directeur » Pas mieux. « Je suis resté quelques temps, puis j’ai fini par partir ». Pourquoi ? « Quand on enferme deux coqs dans une basse-cour… On n’était pas fait pour un rapport hiérarchiques. On s’est séparés à l’amiable »

Loin du pays…

Qu’est-ce que tu as fait ensuite ? « Ensuite, j’ai fait une pause, rénové mon appartement, puis me suis mis en quête d’un travail. Quelqu’un m’a parlé d’une société de distribution qui cherchait des gérants de supérette, nous avons postulé, avec mon épouse. Nous avons passé un entretien et décroché un contrat de gestion d’une supérette. A Paris, près de Bercy. C’était sympa, on a redressé l’affaire, mais on a travaillé comme des dingues. Je faisait 450 heures par mois. Pourtant, j’avais la nostalgie des pompes funèbres, surtout face à des clients désagréables comme parfois ils le sont. Je me disais ”quitte à voir des gens qui font la gueule…” » (rires) et c’est cela qui t’a décidé ? « Non. Je me levai à six heures du matin, je rentrai à dix heures le soir, le dimanche, j’étais obligé de mettre mon réveil, sinon, je serai jamais sorti de mon lit. Et un jour, mon fils était au magasin, et il m’a demandé ”il est où ton lit, papa ?” la, c’était la goutte d’eau. J’ai appelé la direction pour dire que j’avais rempli ma part du contrat, que j’attendais qu’ils remplissent la leur, en me donnant quelque chose de moins contraignant. Ca a duré un peu, puis comme rien ne venait, j’ai envoyé ma démission »

Choisir ou être choisi

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Tu as démissionné comme ça ? « En fait, les pompes funèbres me manquaient. Et j’avais depuis toujours envie de me mettre à mon compte » et donc tu as pensé au concept des Pompes Funèbres Civiles « Oh, j’y pensai depuis très longtemps » et tu es revenu à Brest « En fait, j’ai hésité entre la ville du bassin parisien ou habitent mes parents, qui a un potentiel, et Brest. J’ai fait une liste en deux colonnes. Il y avait quatre avantages pour la ville de mes parents, et soixante dix pour Brest. Ca a donc été Brest ». De retour aux pompes funèbres, donc « Oui. Je crois que ce n’est pas un métier qu’on choisit. Je crois que c’est un métier qui vous choisit. » Hervé est retourné voir son ancien employeur, la petite société familiale « Quand je lui ait dit que je venais m’installer sur Brest, il a fait un grand sourire. Il m’a donné un coup de main, pour la logistique surtout. Moi, je travaille pour lui en sous-traitance. Un système gagnant-gagnant »

Et enfin créer

Qu’est-ce qui t’as posé le plus de problèmes pour créer ta société ? « Honnêtement, en France, on a la chance d’avoir un système simple pour créer une entreprise. Le plus dur ? Se décider. Se lever un matin en se disant qu’on y va, on se lance. C’est remettre en cause ce qu’on a. » et quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer dans la création d’une entreprise de pompes funèbres ? « Faire une étude de marché solide, et un prévisionnel le plus pessimiste possible. Tu vas arriver sur un secteur ou il y a déjà des entreprises en activité, il faut faire son trou. Pour ça, bien savoir quelle est ta valeur ajoutée, ce qui te différencie. Si tu viens faire la même chose que les autres, de la même façon, ce n’est pas la peine. Il faut savoir qu’il y a des sociétés de pompes funèbres qui se créent et qui disparaissent tous les jours. Moi je m’appelle Pompes Funèbres Civiles, parce que je suis spécialiste de la cérémonie civile. Ca me ferme des portes, peut être. Mais je garde le cap, c’est cela le concept. » Et ton meilleur souvenir ? « Mon premier dossier. J’ai ouvert officiellement le premier mai, et le neuf, je recevais ma première famille » il connaît encore par cœur tous les détails. Des regrets « Il y a peut être des choses que je ferai différemment, prendre un local moins grand, ce genre de choses ». Puis sil sourit « Mais le matin, je conduis mon fils à l’école, on rigole dans la voiture, alors il y a peut être des inconvénients, comme de se lever en pleine nuit pour aller faire une toilette, mais on a la vie qu’on s’est choisi. C’est le Métier. »

Nous étions au restaurant, les café sont arrivés, nous avons parlé boutique. Hervé a ajouté « Le formateur, pendant la cession de 48 heures, nous expliquait qu’il fallait déléguer ce qu’on savait faire. Laisser un maître de cérémonies faire les convois et rester au bureau déclarer la TVA. Ce n’est pas pour ça que je me suis lancé. Je préfère déléguer la TVA à un comptable et aller faire les cérémonies moi-même » C’est peut être cela, le secret pour créer une entreprise de pompes funèbres : considérer le métier comme un sacerdoce, entrer en pompes funèbres comme on entre en religion.

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Pompes Funèbres Civiles

Brest

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