De l’utilité d’une fiche d’effets personnels

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Une affaire récente de vol, dans l’actualité, met en lumière le doute qui peut parfois s’installer entre les pompes funèbres et les familles. Si tout ne peut pas être contrôlé, il est néanmoins important de mettre en place des procédures pour limiter les ambiguïtés.

Une triste affaire

Montre-Breguet-tourbillon-messidor-300x271 De l'utilité d'une fiche d'effets personnelsLa récente interpellation d’employés d’un cimetière dans le cadre d’un vol de dents en or (voir à ce propos notre revue de presse) nous rappelle que les pompes funèbres aussi ont accès à des objets de valeur, portés parfois par les défunts, et que la présence ou non de ces objets entre les différentes étapes doit être constatée, ou constatable en cas de doute.

Il ne s’agit pas ici de mettre en cause l’intégrité des professionnels, certainement pas, mais de rappeler qu’une réputation impeccable ne vaut plus rien dès lors qu’elle est entachée du doute. Un professionnel, même blanchi faute de preuves ou au bénéfice du doute, verra sa réputation ternie s’il na pas pu apporter de preuve irréfutable. Et nous savons tous qu’une mauvaise réputation est parfois équivalent à un arrêt de mort dans un domaine aussi sensible que le nôtre.

Incident

Pardon de narrer une anecdote personnelle lors d’un article, mais elle est édifiante de ce qui arrive parfois. L’on avait amené un défunt, au funérarium de la société dans laquelle je travaillais. L’homme était décédé dans des circonstances qui font que ni le médecin qui avait constaté le décès, ni le procureur, n’avait jugé utile de demander un examen médico-légal.

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Une équipe l’avait donc ramené, et la famille nous avait passé un coup de fil dans la matinée. Le défunt avait une jolie montre de gousset, que son neveu souhaitait récupérer en souvenir. La tocante était dans la famille depuis des générations. Je descendis donc au funérarium, en quête de la babillarde. Dans le couloir se trouvaient un policier, venu poser des scellés, le thanatopracteur, qui venait de finir un soin, et deux collègues, des porteurs qui attendaient l’heure de fermer le cercueil.

Je sorti donc le défunt de sa case réfrigérée, en me demandant pourquoi personne n’avait eu l’idée de le fouiller et de remplir une fiche avec ses effets personnels. Je compris très vite : le pauvre homme était décédé depuis environ cinq semaines.

Maugréant, j’enfilai deux paires de gants l’une au dessus de l’autre et entamai la fouille. Je trouvai un objet souple dans la poche, l’en sortit, et appelai immédiatement mes collègues, dans le couloir. Ceux-ci, entrant dans le labo, me virent l’air contrarié, les mains en l’air bien en évidence, tenant une liasse de billets d’une valeur de 8000 euros dans la main.

La semaine suivante, une note de service rappela que la fiche d’effets personnels qui avait été instituée dans l’entreprise n’était pas facultative. Au passage, la montre fut retrouvée sur la table de chevet du défunt.

« Fiche bijoux »

liasse-billets-300x225 De l'utilité d'une fiche d'effets personnelsInstaurer une fiche d’inventaire lorsqu’on prend en charge le corps d’un défunt est la meilleure solution. Outre l’inventaire des objets précieux, celle-ce devrait comporter également l’inventaire des vêtements portés par le défunt et ceux remis par la famille pour la présentation. Certains vêtements peuvent en effet présenter une certaine valeur. Le distinguo entre vêtement confié et porté est important : il est en effet préconisé, si les vêtements qu’un défunt portait au moment de sa mort sont changés, pour une présentation par exemple, de les détruire.

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La fiche devra mentionner les objets, vêtements et bijoux, donc, portés par le défunt et remis par la famille, et l’idéal est de la faire signer par un membre de la famille, en présence de qui l’inventaire a été fait, ou à défaut par un représentant. Un agent hospitalier, par exemple.

L’idéal étant la présence de la police sur le lieu du décès : rien de tel qu’un agent assermenté pour valider l’exactitude d’une fiche de possessions.

L’établissement de cette fiche peut être contraignante, mais vitale en cas de contestation. Soyons clair : il n’est pas là question de remettre en doute l’intégrité des agents des pompes funèbres présents sur les lieux. Il s’agit de se prémunir contre toute contestation faite par des familles qui, sans être de mauvaise foi, sont parfois perdues lors de ces instants douloureux.

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