Don du corps : inhumation, crémation ou donation ?

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Donner son corps à la science : alternative utilitariste, très rare, aux obsèques traditionnelles. Comment cela se passe-t-il ?

Don de soi

dondecorps-300x187 Don du corps : inhumation, crémation ou donation ? Donner son corps à la science, l’acte n’est certes pas anodin. Ce sont 2400 de nos concitoyens qui l’effectuent chaque année, dans le but d’aider à la recherche médicale, et surtout à la formation des futurs médecins.

Donner son corps à la science est un acte définitif : il n’est pas récupérable ensuite par la famille pour procéder à des obsèques.

Les démarches pour le don du corps sont très précises. Il faut commencer par envoyer un courrier à la faculté de médecine dont vous dépendez, si celle-ci accepte le don du corps. Après avoir complété le dossier, et éventuellement acquitté les frais, vous recevez une carte de donneur. Il faut y faire attention : dans la plupart des cas, l’absence de cette carte déclenchera un refus du corps de la part de l’établissement, à titre de précautions.

Vous noterez l’emploi de la troisième personne : manière de souligner qu’un tiers ne peut faire la démarche. Le donateur doit en faire la demande de son vivant, lui et lui seul y est habilité. Une personne sous tutelle, ou mineure, ne peut entreprendre cette démarche, qui est, il est important de le rappeler, tout sauf anodine.

Il a été fait allusion plus haut à des frais. Certaines facultés proposent la gratuité, d’autres demandent des frais de dossier, et toutes ne prennent pas en charge certains frais inhérents, qui restent à la charge de la famille : transport de corps par une société de pompes funèbres, cercueil pour la crémation.

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Réalisation

La première condition, pour que le corps soit effectivement donné après le décès, c’est la présence de l’original de la carte de donneur. D’un point de vue légal, pour renoncer au don du corps, il suffit de la déchirer : son absence rend l’opération impossible.

Le transfert à la faculté doit se faire dans les 24 heures (ou 48 à certains endroits) consécutives au décès, après avoir effectué les démarches auprès des services d’état civil de la commune. Si le délais imparti est dépassé, la faculté refusera le corps.

De même, il sera refusé en cas d’obstacle médico-légal, de maladie infectieuse, de transport en cercueil, dans le cas d’un décès à l’étranger par exemple, après une autopsie ou une opération récente, voire même, dans certains cas, parce qu’ils ne disposent pas du personnel nécessaire, les week-end, par exemple.

Dans tous les cas, au moment du décès, il faut prévenir immédiatement l’établissement, afin que celui-ci puisse prendre ses dispositions.

Et ensuite ?

La loi précise que les restes peuvent être inhumés ou crématisés anonymement, même si la crémation est l’option retenue par l’ensemble, à notre connaissance, des établissements.

Les cendres sont dispersées anonymement au jardin du souvenir.

Certains sites ont érigé une stèle, ou un monument, à l’endroit de la dispersion, pour que les familles aient un lieu de recueillement. Des facultés de médecine, rares encore, proposent sur le formulaire de préciser si un rite funéraire est souhaité. La famille, à ce moment là, se voit proposer un rendez-vous ultérieur, date à laquelle une cérémonie est effectuée, et une remise des cendres faite.

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A noter toutefois que si, comme la loi l’oblige, un cercueil est crématisé par défunt, date à laquelle le corps est réputé détruit (ce qui peut donner lieu à l’établissement d’un certificat de crémation, le cas échéant) il n’y a aucune objection à considérer le cadavre, ou des parties, comme déchets anatomiques.

En effet, par défaut, la date à laquelle le corps est accepté par la faculté et remis à celle-ci est la date des obsèques, qui se substitue donc à l’alternative inhumation ou crémation, et qu’à compter de ce moment, il cesse d’être une dépouille mortelle pour devenir un objet d’études scientifiques.

500px-Don_du_corp_1-300x225 Don du corps : inhumation, crémation ou donation ? Ce qui implique que le corps n’est plus soumis à la réglementation sur le respect dû aux cadavres, mais aux prescriptions générales de l’éthique médicale. Au terme de l’étude, le subside est donc un déchet anatomique.

Aucune disposition légale, donc, ne spécifie que tout le corps doit reposer dans un même cercueil, ni même que tous les restes qui s’y trouvent doivent appartenir au même défunt. C’est à l’université, si elle le souhaite, de prendre ses dispositions pour apporter ces garanties à la famille.

Une obligation lourde, peut être, mais qui pourra s’avérer nécessaire pour ceux qui voudraient aider la science tout en laissant à leurs proches la possibilité de créer et d’entretenir un lieu de mémoire.

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