D’un incident récent, la (mauvaise) humeur

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Un récent incident lors d’un convoi, médiatisé localement, mais qui, par la grâce des réseaux sociaux a fait le tour de la planète web, a attiré les foudres publiques sur une société de pompes funèbres. Mais est-ce elle ou une conception moderne du métier qui est à mettre en cause ?

 (le présent article est une opinion qui n’engage que son auteur)

Gaffes à gogo

moule-a-chocolat-cercueil-wilton-0650862001347888858-300x300 D'un incident récent, la (mauvaise) humeurLes faits sont simples et dramatiquement limpides : une société de pompes funèbres est contactée afin d’organiser les obsèques d’un homme, notable local, ancien capitaine des pompiers. Le jour des obsèques venu, l’équipe se rend compte que le défunt, massif, ne rentre pas dans le cercueil. Panique à bord, l’équipe doit trouver un cercueil adapté, hors côte, et second problème : le véhicule n’est pas adapté à ce type de bière. Recherche en catastrophe d’un nouveau corbillard, donc.

La cérémonie a bien eu lieu, mais avec deux heures et demi de retard. Le prêtre, attendu ailleurs, était parti, de même que de nombreux membres de l’assistance, représentants d’associations, élus, qui avaient d’autres impératifs. Le maire de la commune précise que la cérémonie a été tout de même belle.

Une nouvelle vision ?

Certains ont glosé sur la société en question, numéro un du marché. Bien entendu, ceux-là pousseront des cris d’orfraie en expliquant qu’une telle chose ne peut pas se produire chez eux. Est-ce bien sûr ? Est-ce que ce ne serait simplement pas de bol que ce soit tombé sur les PFG, d’ailleurs nommément cités dans l’article ?

Notez bien que je ne défend pas les PFG, même si je me refuse à les enfoncer. Les pompes funèbres ne peuvent se résumer à pour ou contre, noir ou blanc, mais à une infinie variété de nuances de gris, pour paraphraser un roman porno-soft à la mode. Pour une raison X ou Y, je vous rappelle que ni vous ni moi n’y étions, quelqu’un n’a pas fait son boulot un moment donné, et on ne saura dire pourquoi. Mais cela ne prouve en rien que ses 5000 collègues qui travaillent pour cette société et font des convois tous les jours sans soucis sont incompétents. Que celui qui, au moment du convoi, ne s’est jamais aperçu qu’il lui manquait un papier me jette la première pierre.

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Mais, il faut poser la question : est-ce que cela ne serait pas dû à une nouvelle vision du métier ?

Apprentissage

Je me rappelle avec une acuité intacte encore aujourd’hui mon apprentissage aux pompes funèbres. Les anciens qui m’ont appris le métier ressentaient une légitime fierté à se faire appeler croque-morts, savaient exactement d’où venait cette dénomination, et il n’a jamais été question d’orteils mordus, et mettaient à cœur d’appliquer une certaine forme de tradition.

Le Maître de Cérémonies qui m’a enseigné le travail m’a appris qu’on ne faisait jamais connaissance avec une famille le jour du convoi. Au minimum, si l’on n’avait jamais eu l’opportunité de les rencontrer, on allait des présenter la veille, et passer quelques minutes avec eux pour valider les détails. L’assistant funéraire qui m’a le premier expliqué la tâche, sitôt que la famille était sortie du bureau, se ruait à la morgue pour prendre les mesures du défunt.

C’était une conception du métier ou être Maître de Cérémonies ne dispensait pas de porter les fleurs, ou avoir son diplôme d’assistant funéraire n’était pas une excuse pour ne pas se lever au milieu de la nuit pour aller chercher un défunt.

C’était un métier ou, pour avoir une place assurée au chaud et au sec, il fallait attendre la retraite. Le problème, c’est que ce n’est plus ce qu’on demande aujourd’hui.

Les nouveaux Croque-Morts

Cette dénomination de croque-morts est désormais rejetée, parfois violemment, par certains qui voudraient se voir appeler agents des services funéraires, conseillers ceci, assistants cela, pour changer l’image de la profession. Ce sont souvent les même qui compartimentent les postes. Le travail d’un porteur est de porter, d’un conseiller funéraire est de recevoir des familles, et ainsi de suite.

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C’est efficace. Dans les assurances, ça marche très bien. Mais quel est ce bruit ? Celui de la bronca des assureurs, qui expliquent qu’ils se déplacent, pour aller constater la sinistralité de ce qu’ils assurent. Au temps pour moi, donc, ça ne marche pas.

Il faut expliquer aux jeunes qui entrent dans le métier que leur travail ne consiste pas à vendre des services assis derrière un bureau. Que le métier exige avant tout de la polyvalence. Ce qui implique de parfois se trouver dans une morgue, ou sur un lieu de décès, ou dans une multitude d’endroit ou l’on n’aimerait pas forcément se trouver, et faire son travail.

Tout simplement : un assistant funéraire est responsable de la famille qu’il reçoit et du défunt que celle-ci lui confie. C’est ce qu’il doit faire : prendre la responsabilité, ce qui implique de se poser les bonnes questions et d’obtenir les réponses précises. Si les bonnes questions se trouvent souvent derrière un bureau, les bonnes réponses, elles, y sont rarement.

Alors, coupable, les PFG ? Non, parce qu’il en est, chez eux, qui font très bien leur travail, comme dans d’autres sociétés, et dont on ne parle jamais. C’est eux qui vont faire les frais de cet article. Coupable l’assistant funéraire qui a reçu la famille ? A sa hiérarchie de le déterminer, et de décider d’une sanction. Mais coupable tous ceux qui ne veulent plus s’appeler croque-morts et voudraient transformer la profession en en petit travail de bureau tranquille ? Oui, mille fois oui.

L’article en question se trouve ici

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3 COMMENTAIRES

  1. pas d’accord pfg en tort sachant que le corps est corpulent on prend ses dispositions, on le mesure et on s’adapte a la situation a ce que je sache le convoi ne s’est pas passé de suite apres le deces donc pas d’excuse pour pfg et de meme si ca avait ete une autre entreprise

     
    • C’est exactement ce que je dis. Le fait de savoir si le défunt est corpulent est justement le travail de l’assistant funéraire. Si l’assistant qui avait la charge du convoi n’a pas fait son boulot, ce ne sont pas TOUTES les PFG qui sont en tort, si ?

       
  2. toutes les PFG ne sont effectivement pas en tort mais celle ci en particulier mais peut être que celà dénote un certain laisser-aller dans la gestion des obsèques qui avec cette enseigne qui sous traite beaucoup de choses en nivellant par le bas et le moins cher possible paie au prix fort cette politique qui satisfait les actionnaires mais pas les familles endeuillées …CQFD si j’ose dire!

     

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