Facebook, cette nouvelle façon de conjurer la mort | Atlantico

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Atlantico : Aujourd’hui, la planète compte plus de 800 millions de comptes Facebook. Souvent, on constate que, quand une personne meure, son compte lui survit. Il est parfois même encore alimenté par les proches, devenant un lieu de recueillement en ligne. Comment expliquer ce phénomène ?

Fiorenza Gamba : Dans la société contemporaine, les rituels funerères parviennent de moins en moins à accomplir leur fonction de passage et de retour à la normalité. En effet les rituels standardisés se montrent incapables de satisfaire le besoin de sens exprimé par l’homme contemporain qui se manifeste par la quête des formules personnalisées jusque dans le domaine du deuil et des rites qui l’accompagnent ; formules chargées d’affectivité où l’individu se fait bricoleur de son propre système de signification.

Il s’agit d’une personnalisation partagée par les proches, où la séparation entre l’espace des vivants et l’espace des morts s’affaiblit. De la même manière le temps des morts déborde des ses limites et se mêle à celui des vivants ; les temps de la normalité de la vie quotidienne des vivants sont aussi affectés en modalités multiples qui souvent ne sont plus en mesure de reconstituer la cohésion du groupe social.

A cela il faut ajouter que la présence post mortem des individus dans les réseaux sociaux assure aussi une certaine forme d’immortalité, qui porte sur la mémoire : l’individu est remémoré à loisir par des fragments réels de sa vie (vidéos pour la plupart), il n’est pas enfermé dans un temps définitivement passé et séparé de celui des proches, au contraire il se pose dans une dynamique personnalisée.

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