Fin de vie, partie 1

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Cet article nous est proposé par Régis Narabutin, artisan thanatopracteur et nouveau collaborateur régulier de Funéraire Info. Un réflexion passionnante et tout à fait personnelle sur l’euthanasie, que nous vous proposons en trois volets, la suite sera publiée les prochains mardi.

11052709193510078482269841-300x204 Fin de vie, partie 1 Cette réflexion personnelle que je propose au sujet de la fin de vie est née des nombreux sujets, parfois très récents au sujet d’un fait de société qui intéresse nombre de nos concitoyens….L’euthanasie et la possibilité de disposer librement de son corps.

Bien entendu, il est est extrêmement délicat de traiter ce sujet sans heurter les sensibilités de chacun et c’est la raison pour laquelle je vous propose d’envisager cette étude sous différents axes.

Le premier aspect abordé est celui de l’aspect religieux :

Cette « étude » a pris tout son sens lors de la mise en forme de ce texte car le thème est délicat pour ne pas dire tabou.

En effet, tout homme conscient de sa finitude se doit d’envisager à plus ou moins longue échéance sa disparition, son extinction, la cessation absolue et définitive de tous les processus métaboliques permettant la vie communément appelée la Mort, SA mort.

L’éthique morale sera donc de considérer la vie comme une réalité effective ressentie et appréhendée par l’homme comme étant le bien le plus précieux et ce quelque soit le type sociétal et autant que faire se peut d’en comprendre la signification et la valeur.

Le Prologue de Saint Jean, semble nous donner les clés pour affronter le mystère de la mort et le sens de la vie, en effet, dans le Prologue je cite : « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes; et la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisies. Il y eut un homme envoyé de Dieu, son nom était Jean, il vint en témoignage pour témoigner au sujet de la lumière afin que tous par lui fussent amenés à la foi. Celui-là n’était pas la lumière. C’était la lumière, la véritable, celle qui illumine tout homme venant dans ce monde. »

Je ne tenterai pas ici d’ébaucher une traduction métaphorique ou morale du sens de ce Prologue selon Saint Jean mais le sentiment premier que nous ressentons à sa lecture n’est il pas de donner du sens à la vie , d’en comprendre les mystères et d’offrir un tant soit peu d’amour à son prochain?

Le précepte spirituel de l’ Évangile selon St Jean n’est il pas de donner une assurance et une ferveur indestructible et sans limite que l’esprit humain possède pour se préserver des « ténèbres » et de se rallier à la magnificence de la « Lumière » et donc de la vie?

Le second aspect sur lequel nous pouvons aborder le thème de la lumière est d’ordre scientifique et métapsychique, dans le Prologue de Saint Jean, la lumière est la vie en opposition aux « Ténèbres », la mort peut alors être abordée selon plusieurs perspectives.

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Hubert Larcher, Docteur en Médecine et Président de l’Institut Métapsychique International, disait du mot « Lumière » qu’il « pouvait s’appliquer à des aspects si différents de la réalité qu’il en résulte bien des ambiguïtés et des difficultés sémantiques »  (la sémantique étant la signification des mots et des rapports de sens entre les mots, elle vient en opposition à la syntaxe  qui est l’étude des langages, la sémantique et la syntaxe ont le même rapport que le fond et la forme).

En effet, nous pouvons distinguer par exemple la lumière que ces individus qui reviennent des frontières du trépas aperçoivent et ne dit-on pas d’un mourant qu’il s’est éteint?

Cette parabole n’illustre-t-elle pas l’extinction réelle de l’éclat de ces yeux éclipsés par la mort mais aussi à cette notion plus subjective de la perception de la lumière et par là-même de l’abolition de sa conscience ?

Le trépas apparaît alors comme indispensable pour passer d’une lumière à l’autre.

Hubert Larcher disait de « la conscience qu’elle est une lumière intérieure psychique ».

Que dire alors de la lumière physique consacrée par les photons, bradyons et luxons qui lancés dans le vide sidéral de l’univers atteignent des vitesses de l’ordre de 300000 km par seconde et répondant ainsi au nom de « mur de la lumière » .

Mais nous pouvons aussi distinguer la lumière intérieure psychique tels que l’ont montrés les travaux de Madame Yvonne Duplessis au sujet des couleurs visibles et non visibles et donc de la perception de la lumière par tout ce qui nous entoure tels que ces éléments se révèlent à nous.

La lumière spirituelle telle que nous l’avons évoquée et telles que l’envisagent les religions monothéistes auxquelles nous nous identifions répond à la possibilité d’envisager la « lumière d’amour aux portes de la mort » à une toute puissance infinie donc divine et créatrice et passant ainsi d’un niveau de veille à un niveau hypnique (qui comprend le sommeil, l’hypnose et la biocémèse) puis le dernier niveau et non des moindres, le niveau thanatique défini en la mort absolue par destruction organique et par là-même irréversible.

La fin de vie ne serait-elle donc que l’extinction d’une lumière pour passer vers une autre lumière si l’on s’en réfère aux travaux du Docteur Larcher?

Mais comment envisager la fin de vie puisque cette dernière peut arriver dès le moment de la naissance et même avant encore, in-utéro; avant même la libération et le relâchement de cette étreinte maternelle dans laquelle le fœtus s’est crée, développé et finalement n’a pas été au terme de ce processus de début de vie .

On ne saurait aborder le problème d’une fin de vie sans accepter d’évoquer la loi morale à laquelle tout homme se doit de respecter; en effet la définition de cette loi « interdit à tout homme certains comportements non pas pour le seul motif que ces comportements soient punissables par le droit mis en place par le législateur, mais parce qu’ils sont indignes de l’homme!

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Située bien en amont des lois civiles, la loi morale définit le bien et le mal, en commandant de faire le premier et de rejeter le second. Elle est universelle, immuable et transcende toutes les expressions écrites qui peuvent chercher à l’exprimer. C’est pour les juifs et les chrétiens, le Registre du Décalogue et pour beaucoup de nos contemporains, celui des Droits de l’homme. »

Et c’est bien là que réside le problème de la fin de vie si l’on choisit de l’aborder par le côté le plus obscur de la question, celui de l’euthanasie qu’elle soit « passive », « active » ou d’ « Exception », des termes choisis pour une finalité analogue…

Étymologiquement, « Euthanos » signifie la « bonne mort », au sens actuel du terme, l’euthanasie signifie de préférence « provoquer » ou « hâter » la mort dans le but d’abréger les souffrances.

Actuellement, la loi ne permet pas de disposer librement de son corps puisque l’euthanasie est à priori pénalement réprimée car elle peut constituer un meurtre, un homicide involontaire, un empoisonnement, une provocation au suicide ou encore un délit de non-assistance à personne en danger…

La loi Léonetti du 22 avril 2005 admet que l’on puisse ne pas s’acharner thérapeutiquement et que l’on cesse les traitements qui ne sont d’ores et déjà plus d’ordre curatifs et la loi permet même la privation de nourriture en revanche elle propose l’administration de calmants à base de morphine afin d’éviter les souffrances même si ses substances peuvent provoquer la mort.

C’est ce que l’on nomme « l’euthanasie passive » mais il faut encore pour pouvoir faire ce geste, que le médecin suive une procédure collégiale en accord et après concertation avec l’équipe de soins si elle existe et sur l’avis « motivé » d’au moins un médecin appelé en qualité de « consultant » et le cas échéant celui d’autres personnes de confiance comme des membres de la famille par exemple.

(à suivre)

Régis Narabutin, Artisan thanatopracteur et Mouleur d’Art

Sources :

Le site internet de Wikipedia

Hubert Larcher d’après des discussions et des échanges de courriers personnels

L’ Odysée de la Conscience (Société de thanatologie en 1981)

Paul Clerc d’après des discussions et échanges de courriers personnels et d’après une étude faite par ce dernier au sujet des travaux d’Hubert Larcher.

(1) Rudyard Kipling est né le 30/12/1865 à Bombay et mort à Londres le 18/01/1936, c’était un écrivain, contemporain de Mark Twain et de Conan Doyle.

Le Livre de la Jungle et le célèbre poème intitulé « If » (Si, en français) le rendirent célèbre, il reçu le Prix Nobel de Littérature en 1907.

Ses cendres reposent dans le Poet’s Corner de l’Abbaye de Westminster.

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