Funérarium

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1891

Le «funérarium» ou «chambre funéraire», définition, histoire…

Au moment du décès d’un être proche, alors que les familles aimeraient se consacrer à leur deuil, de nombreux tracas et questions se posent. Parmi ces dernières, le devenir du corps entre le moment du décès et les obsèques.
La tradition qui consistait à faire reposer le défunt à son domicile est bel et bien finie. La tradition voulait que le corps du défunt repose sur son « lit de mort », et qu’il soit veillé, constamment, par la famille et les proches. Les visiteurs, amis et voisins, venaient présenter leurs hommages.
De nombreux facteurs ont porté des coups de boutoir à cette tradition. L’évolution sociale, tout d’abord : l’évidence d’avoir le défunt à son domicile s’est peu à peu paré de résonances sinistres, au fur et à mesure que la sensibilité à la mort se développait. Plus la médecine et l’hygiène faisaient reculer la mort, plus celle-ci devenait un tabou que l’on voulait éloigner de soi. L’hygiène, ensuite : la conservation du corps au domicile posait des problèmes de conservation que la famille avait de moins en moins de volonté à résoudre. Les facteurs environnementaux, enfin : des appartements plus petits, conçus sous la pression démographique, moins pratiques pour accueillir les défunts, en ont découragé beaucoup.
Il fallait mettre en face de ce besoin une alternative : c’est là que furent créées les premiers funérariums, ou maisons mortuaires. L’idée était de proposer un lieu dédié au repos du défunt, qui soit plus commode que le domicile et moins froid que les morgues des établissements hospitaliers.
Les funérariums proposent des solutions idéales. Ainsi, en fonction des choix faits, il est possible d’y visiter le défunt, soit brièvement, à des moments convenus, ou bien de le faire reposer de façon permanente dans un salon privatif, ou il est possible de le veiller.
Le funérarium, en tant que lieu dédié, est parfaitement adapté à l’accueil des défunts : équipé d’appareils de conservation, cases et lits réfrigérés, il s’y trouve également généralement une salle ou les thanatopracteurs peuvent procéder aisément aux soins de conservation.
Enfin, la solution généralement retenue étant un salon personnalisé et privatif, le funérarium permet de se recueillir auprès du défunt jusqu’aux obsèques dans un cadre familier recréé dans un endroit neutre, que la famille quittera lorsque tout sera terminé. Ainsi, le souvenir du défunt et surtout le souvenir de la période de deuil sera attaché à cet endroit neutre plutôt qu’au domicile pour les proches risquent de revenir, voire de continuer à vivre.
Les pompes funèbres, pour des raisons de commodité, firent la promotion des funérariums, ce qui fit grandement avancer la métamorphose du travail de deuil. De règle, le repos au domicile devint l’exception, et reste très exceptionnel aujourd’hui.

Lire aussi :  Le FUNEXPO de Gildas de Comitam-Obsèques

Les «chambres funéraires» ou «chambres mortuaires» sont aujourd’hui une composante des «services funéraires» proposés par toutes les entreprises de pompes funèbres ou les crématoriums.

 

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2 COMMENTAIRES

  1. “L’idée était de proposer un lieu dédié au repos du défunt, qui soit plus commode que le domicile (…) Les funérariums proposent des solutions idéales. Ainsi, en fonction des choix faits, il est possible d’y visiter le défunt, soit brièvement, à des moments convenus, ou bien de le faire reposer de façon permanente dans un salon privatif, ou il est possible de le veiller.”

    Absolument pas d’accord ! Lors du décès de ma grand-mère en mai 1975 il existait une “morgue” attenante au cimetière, celle-ci a disparu.
    Tant pour ma mère que pour mon père, j’ai tenu à les garder à leur domicile jusqu’au moment de la fermeture du cercueil et du départ du convoi pour au moins une bonne raison (en dehors de celle de les vouloir près de moi pendant les 5 ou 6 jours après leur décès).
    Le seul funérarium que l’on m’a proposé se trouve à Saint-Germain en Laye d’où l’impossibilité de s’y rendre à partir de leur domicile sauf pour y passer seulement 1/4 d’heure. C’est ça, veiller sa mère ou son père ?
    Et la famille habitant en province ? Elle vient à Saint-Germain en Laye dans un hôtel-restaurant pendant ce temps, au lieu d’être hébergée par moi ou les voisins ???

     
  2. Il n’y avait sûrement pas autant de chambres funéraires à l’époque que maintenant, je constate d’ailleurs dans les contrats obsèques dont je dispose que ce n’était que rarement prévu. Les mentalités changent, comme le dit l’article et la mort est un peu plus tabou qu’avant.

    A une époque, la famille faisait également la toilette du défunt, aujourd’hui on ne pense même pas à le proposer!

    Dans certaines régions cela dit, c’est encore fréquent de garder le corps au domicile, en Alsace je crois que ça se fait encore beaucoup. Et dans mon coin, le Sud Ouest de temps en temps.

    J’ai constaté que cela dépendait aussi de l’entourage: lorsque l’entourage est de “l’ancienne génération”, le corps reste souvent à la maison…

     

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