Internet, les croque-morts et l’avenir

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L’on présente les pompes funèbres comme un milieu ou les petits (les entreprises indépendantes) luttent contre les gros (les groupes et les franchises). Et si c’était l’internet qui les sauvait ?

Non, le Web n’est pas le Mal

Demografia_en_internet-300x279 Internet, les croque-morts et l'avenirC’est un titre à la mode en cette période de rentrée littéraire : les libraires indépendants sont menacés par les grands groupes qui vendent par internet, voire directement par le progrès, avec l’arrivée des E-books. Ce en quoi ils ont raison, et c’est bien triste. Pour la littérature, vecteur de civilisation entre tous, la toile est une menace.

Pour les pompes funèbres, c’est exactement l’inverse. Jusqu’ici, vous aviez des indépendants, isolés dans leur territoire, qui devaient lutter contre des groupes nationaux, capables de répondre aux solutions des familles. Exemple : un décès à Brest, des obsèques à Nancy. Alors que d’un côté, dans la grande enseigne, le conseiller funéraire décroche son téléphone et organise tranquillement la cérémonie avec l’agence nancéienne, l’indépendant se demande à qui il va pouvoir demander, sur place. Sauf, bien entendu, s’il fait partie d’un réseau social.

Facebook, Twittter et leurs amis

Sur Facebook, et dans une moindre mesure sur Twitter, des réseaux se constituent. D’abord amicaux, les professionnels du funéraire se contactant simplement pour deviser et échanger quelques propos légers, comme lorsqu’on croise un confrère à la machine à café de la morgue, « Alors, du boulot ces temps-ci ? » « Tu as vu mon corbillard ? C’est le premier sorti de l’usine, il n’est même pas officiellement en vente » (les hommes resteront toujours des hommes), beaucoup ont rapidement réalisé qu’ils parlaient de choses et d’autres avec des professionnels disséminés dans l’Exagone, voire en dehors, qui avaient chacun leur savoir-faire.

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En substance, ils étaient en train de se constituer un réseau, au maillage beaucoup plus fin que l’habituel, fait de cartes de visites collectées sur les salons. Et les échanges sont devenus plus professionnels, avec échanges de renseignements. Ainsi Paul, à Roubaix, envoie un message à sa communauté, pour faire des obsèques à Marseille. Dix minutes plus tard, Pierre de Toulouse lui donnait le numéro de jacques, à Marseille, à appeler de sa part.

Certes, avant, on prenait les pages jaunes, ou le Minitel, et on appelait une entreprise au hasard. Dans le cas de l’internet, l’avantage est que l’on peut avoir l’avis d’autres pros sur celui avec lequel on va travailler.

Un bon ouvrier avec de bons outils

En dehors des réseaux sociaux, d’autres vecteurs de développement sont apparus. Ainsi, les sites de devis en ligne, proposant à des familles de les mettre en relation avec une société de pompes funèbres près de chez eux. L’occasion pour certains de tirer leur épingle du jeu : même si la situation évolue lentement, avec le crise de la presse, notamment, les clients avaient tendance à appeler la société de pompes funèbres dont le nom apparaissait le plus souvent dans les avis de décès, ou l’ex régie municipale, dont ils ignorent qu’elle appartient depuis vingt ans à une banque d’affaires.

D’autres encore ont tout misé sur des sites internet personnalisés, innovants, voire des campagnes de publicité faite avec trois francs six sous, et diffusés largement sur You Tube.

Des solutions à des problèmes précis s’offrent également, par le biais, cette fois-ci indirect, de l’internet, aux professionnels : la distance, résolue avec la rediffusion vidéo de cérémonies proposée par Afterweb, ou même l’information. Plus besoin d’attendre son magazine, ou son exemplaire du Journal Officiel, pour avoir la nouvelle de la promulgation d’une loi, les médias sont sur internet, quasiment en direct. Vous êtes en train d’en lire un.

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Alors, non, l’internet n’a pas sauvé les pompes funèbres, parce qu’elles n’ont pas besoin d’être sauvées. Mais il a offert de nouvelles solutions à de nouvelle problématiques, de nouvelles possibilités de croissance aux groupes, et un grand bol d’air aux indépendants. Tout le monde doit pouvoir y trouver son compte.

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