Interview de Philippe Gentil, le boulimique du funéraire

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Philippe Gentil, président de l'UGCF, bien entouré

Personnage incontournable des pompes funèbres, Philippe gentil nous a accordé cette interview, à l’occasion du rachat par sa société des Pompes Funèbres Rébillon. Entretien à bâtons rompus.

Un parcours exceptionnel

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Philippe Gentil, président de Pascal Leclerc, entouré de Marie-Ange Del Giovare et de Jennyfer Warin, chargées de développement, au salon Funexpo de Lyon

A 48 ans, Philippe Gentil peut se targuer d’avoir parcouru les hautes sphères des pompes funèbres. Un parcours auquel cet ancien étudiant en commerce ne se destinait pas forcément, lorsqu’il passait son MBA à San Francisco. Il rejoint la Lyonnaise des Eaux, alors propriétaire des Pompes Funèbres Générales, en tant qu’analyste financier. Puis l’opérateur funéraire est racheté par Service Corporation International, et Philippe Gentil repéré « J’avais l’avantage, par rapport à d’autres, de parler très couramment Anglais, grâce à mes études. J’ai été chargé du développement du groupe, à l’étranger, en Belgique, Italie, Espagne, République Tchèque et Suisse » tout en dirigeant le groupe en Belgique. Il prend ensuite la direction de la stratégie du Groupe en Europe, jusqu’à fin 2002 « Les choses avaient changé, les américains voulaient se retirer, et de mon côté, je m’ennuyais un peu dans la nouvelle direction que prenait la société. ».

Philippe Gentil quitte alors le groupe, pensant avoir tourné la page des pompes funèbres. Erreur, comme il ne va pas tarder à s’en apercevoir. « J’ai pris mon temps pour chercher une nouvelle direction, en pensant sincèrement que les pompes funèbres, c’était fini » mais son expérience est requise par un groupe dans lequel il a investi pour mener à bien le rachat d’une société de pompes funèbres en franchise, Roc’Eclerc. « Ça a pris du temps » confie Philippe Gentil, « on a négocié âprement avec Michel Leclerc » sourit-il. Il prend alors la destinée du franchiseur en mains, pendant cinq ans. « Nous avions 307 franchisés quand je suis arrivé, et 450 quand je suis parti » souligne Philippe Gentil, qui quitte le groupe en 2009, « suite à un désaccord. Ce sont des choses qui arrivent, l’on ne peut trouver un terrain d’entente et l’on part ».

Cette fois-ci, c’est dit, Philippe Gentil quitte les pompes funèbres « Eh bien, non », rit-il. « Encore une fois, j’ai pris mon temps, encore une fois, je pensai avoir fait le tour de la question, et je me dirigeai vers l’agroalimentaire, un secteur qui m’intéresse aussi beaucoup. Mais l’évolution du marché n’était pas favorable ».

Naissance d’un groupe

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« C’est alors », poursuit Philippe Gentil, « que j’ai croisé deux investisseurs avec lesquels j’avais déjà travaillé, qui cherchaient une activité peu en prise avec les aléas de la crise ». Tiens, mais… « Je leur ai proposé de monter un groupe d’investissement dans les pompes funèbres » mais vous aviez pourtant juré qu’on ne vous y reprendrai plus ? « C’est un métier dont on ne se défait pas facilement » avoue-t-il, « qui apporte beaucoup d’un point de vue humain » et, pour cet infatigable travailleur, toujours sur le terrain « ou l’on rencontre de fortes personnalités, vraiment attachantes ». Les pompes funèbres le poursuivent, mais l’homme ne s’en plaint pas, finalement.

C’est ainsi que naît Funécap, société d’investissement qui part d’une idée limpide : « Avoir à la fois une offre de franchise, et une offre en nom propre ».

La marque en franchise, c’est Pascal Leclerc, Monsieur et Madame Leclerc étant alors désireux de vendre. Après des négociations, la marque est cédée et devient le porte-étendard de Funécap.

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La marque Pascal Leclerc est ainsi proposée en franchise. « Nous avons fait une étude », note Philippe Gentil, « qui la place seconde, en notoriété, derrière PFG ». En parallèle, Funecap acquier des sociétés « La stratégie consiste à posséder un réseau de sociétés en nom propre dans les grandes agglomérations, et sur les centres urbains de taille moyenne, déployer un réseau de franchisés ». Ainsi, des acquisitions sont faites sur la Côte d’Azur, dans la Vallée du Rhône, en Bretagne et dans le Nord. Dernière acquisition en date, les Pompes Funèbres Rébillon, en région parisienne.

Ce qui place Funécap en deuxième position sur le marché Français en terme de chiffre d’affaire sur les sociétés succursalistes. « Il nous reste une belle marge de progression » annonce Philippe Gentil, avant d’annoncer les chiffres plus que satisfaisants de la franchise « 4,5 entreprises nous rejoignent en moyenne chaque mois » se félicite-t-il, « qui font confiance à notre expertise. Nous nous donnons les moyens d’assurer le succès de nos franchisés. Ce sont des clients, c’est vrai, ils paient pour un service, mais il ne faut jamais oublier qu’ils peuvent nous demander des comptes ».

Grâce à tout cela, Funecap c’est aujourd’hui 12 000 convois à l’année, 500 salariés, 15 chambres funéraires, et les crématoriums de Cuers, Manosque et Beaurepaire.

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Philippe Gentil dirige également Alliance Funéraire, un groupe de prestations, proposant du personnel et des véhicules de pointe pour les convois haut de gamme, qui gère également un crématorium, qui vient s’ajouter aux trois déjà gérés par Funécap. Avec tout cela, Philippe Gentil trouve encore le temps de présider aux destinées de l’UGCF. L’on se dit, devant ses activités et la passion qu’il met à parler de son travail, que si le funéraire le poursuit, il est aussi d’accord pour se laisser rattraper.

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1 commentaire

  1. Pour des raisons de santé, je souhaite céder mon fonds de commerce situé dans le Val de Marne, face au cimetière communal, sans concurrence directe. C’est une affaire saine, qui mérite d’être développée avec les compétences d’un professionnel et d’ouvriers qualifiés. Voir avec le propriétaire pour possibilité d’acheter les murs et faire un dépôt régional, voire pour investisseurs une chambre funéraire.
    Clientèle fidélisée, important portefeuille de contrats pré-obsèques (Générali/FAPE obsèques) de + de 260.000 euros
    Pour tout renseignement, me contacter au 06.80.46.56.01 ou 01.46.81.09.53 APRES 18 HEURES.

     

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