Interview Michel Leclerc, première partie

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Les pompes funèbres sont un secteur un peu à part, dans l’économie. Pourtant, comme tout un chacun, ce secteur a ses pionniers, ses grands entrepreneurs, qui deviennent finalement des légendes du secteur. S’il y en a un qui a imprimé sa marque sur notre domaine, c’est bien Michel Leclerc. Entretien exclusif, interview-fleuve, Michel Leclerc nous tiendra compagnie plusieurs articles, et on en est heureux.

Michel-115-225x300 Interview Michel Leclerc, première partie Michel Leclerc est un visionnaire charismatique : sa force de conviction est aussi forte que sa capacité à créer ses projets. Cette force vient du fait de pouvoir s’extraire des cadres : pour interviewer Michel Leclerc, nous avions préparé une liste de question, qui s’est avérée inutile au bout de quelques instants, optant pour une véritable conversation. Ces notes, nous les avons ensuite classées par ordre chronologique.

L’essence et l’existence

Michel Leclerc n’était pas destiné à se lancer dans le métier de croque-morts : « Je suis ingénieur des arts et métiers. J’ai travaillé dans l’électronique, puis avec mon frère, un peu. A l’époque, on ne s’en rappelle plus, il y avait un monopole sur les carburants. Le prix de l’essence était fixe, et le consommateur n’avait pas la choix. » Monopole, le mot est lâché. Michel Leclerc est allergique à ce concept. « On s’est attaqués à ça avec des stations services. J’ai eu mes premiers procès, mais je me suis habitué ensuite. » des procès et des polémiques, Michel Leclerc en est coutumier. Sait-il combien il en a eu, au cours de sa vie ? « On m’a fait 1700 procès » dit-il dans un grand éclat de rire. « C’est que je dérangeai, quelque part. C’est pour ça que je ne suis pas riche : 1700 procès, ça coûte de l’argent ! Je n’ai jamais fait les choses pour l’argent »

La bataille de l’essence fait rage. Finalement, le monopole du prix de l’essence est poté devant la cour de justice Européenne, qui donnera raison aux entrepreneurs qui menaient la lutte.

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« J’ai ouvert des stations service, et ça embêtait tout le monde : les pétroliers, qui s’arrangeaient avec l’état, l’état lui-même qui fixait ses prix en fonction de ses besoins en budget, et les syndicats. » Mais que venaient faire les syndicats la-dedans « Ils étaient persuadés qu’ils allaient perdre leur emploi,ou quelque chose comme ça. Les syndicats contrôlaient tout, et ils voyaient d’un mauvais œil un privé mettre le nez dans leurs affaires. » Il se rappelle d’une station, dans l’Est de la France.

« J’avais eu le droit d’ouvrir cette station, comme d’autres, et les syndicats la bloquaient. Ils avaient disposés leurs voitures partout. J’y ai été, contre l’avis de mon entourage, on m’expliquait que j’allais me faire lyncher. Mais j’y ai été, j’ai discuté avec eux, je leur ai expliqué que j’avais le droit d’être la. Rien à faire, ils ne voulaient pas bouger » Situation bloquée, donc ? « J’ai fait venir une grue, et j’ai commencé à faire retirer leurs voitures. Ils m’ont traité de dingue, mais j’ai tenu bon, j’étais dans mon droit. Pour ne pas se faire abîmer leurs autos, ils pont partis. Le monopole est tombé peu de temps après. »

A l’assaut du funéraire

Un peu après, Michel Leclerc tourne son regard vers d’autres horizons. Il découvre un autre monopole : celui des pompes funèbres.

En ce temps, les pompes funèbres sont un monopoles municipal. Les communes sont seules décideuses du devenir de leurs défunts, et optent pour la création de régies municipales, ou pour la délégation de service public. C’est ainsi, par exemple, que se sont développées les Pompes Funèbres Générale. « C’était la Lyonnaise des eaux, à l’époque, ils avaient des facilités pour s’introduire dans les mairies. Ils faisaient ce qu’ils voulaient, avec les maires. »

« Pour s’occuper de leurs morts, les gens n’avaient pas le choix, ils devaient passer par les pompes funèbres officielles, avaient accès aux service qu’on voulait bien leur proposer, au tarif en vigueur. Ca m’était insupportable : une société qui ne prend pas soin de ses défunts est une société malade. »

Alors, il se lance dans ce nouveau combat. Une lutte longue et difficile, ou il se lance en toute connaissance de cause.

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