Interview : Pierre Vidallet, président de l’UGCF (Union des Gestionnaires de Crématoriums Français)

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Pierre Vidallet, président de l’UGCF (Union des Gestionnaires de Crématoriums Français ), nous a accordé cette interview, à l’occasion de la mise en ligne du nouveau site internet du groupe. Un entretien passionnant avec ce grand nom de la crémation en France.

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Pierre Vidallet

Pierre Vidallet n’était pas destiné à devenir un grand nom de la crémation en France. Ingénieur de formation, au sortir de l’école, il trouve un emploi dans une société qui commercialise des appareils de crémation. Il reste dans cette société jusqu’à ce qu’elle rencontre des difficultés, et le reprend en main. Sa société est rachetée en 1994 et il la quitte en 1996.

Entre temps, il aura assisté au développement en France de cette pratique funéraire, fondé la société des Crématoriums de France et finalement présidé aux destinées de l’UGCF. La question de la voie qu’il s’était choisi ne s’est, semble-t-il, plus posée. Demander à cet homme passionné par son sujet s’il regrette son orientation professionnelle serait comme demander à un poisson s’il regrette l’existence de l’eau.

La crémation en France

Pierre Vidallet jette un regard assez positif sur la crémation en France, même si tout n’est pas parfait. « Il y a 150 crématoriums en France, contre 270 en Angleterre. La crémation ici est beaucoup moins développée que dans les pays scandinaves ou d’Europe du Nord, mais elle progresse. Culturellement, elle est arrivée plus tard. Ce qui nous confère un avantage » C’est paradoxal.

Lequel ? « Notre parc de crématorium est beaucoup plus récent, les équipements sont en meilleur état, et surtout, nous avons bénéficié de l’expérience de nos voisins en matière d’aménagements. Les crématoriums ne sont pas des lieux de mort, ils sont des lieux ou les vivants viennent rendre hommage aux défunts. C’est dans cette optique que beaucoup de crématoriums sont conçus. Un exemple : une famille doit pouvoir sortir par une autre porte que celle par laquelle elle est entrée. Et deux familles ne doivent pas avoir à se croiser. On trouve des aménagements réfléchis pour cela dans les crématoriums les plus récents »

Mais la couverture de notre pays est elle bonne ? « Avec des populations à peu près équivalentes, l’Angleterre possède 270 crématoriums pour 70 % de crémations, alors que nous en sommes à 150 pour 30 %. Faites le ratio : proportionnellement, notre territoire est bien couvert, avec des installations plus récentes, et beaucoup moins d’obsolescence ». S’ensuit une séquence nostalgie, ou nous évoquons le temps ou il fallait faire des dizaines, parfois des centaines, de kilomètres pour trouver un crématorium. « Aujourd’hui, beaucoup d’équipements sont construits, ce qui va contribuer au développement de la crémation ».

Les affaires

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Lorsqu’on demande à Pierre Vidallet de s’exprimer sur les affaires des crématoriums, sa réponse est simple et claire « Je ne peux pas prendre position, tant que la justice suit son cours. Je ne suis pas là, en tant que président de l’UGCF, pour dénigrer ou défendre qui que ce soit sans savoir de quoi il retourne. Laissons donc l’enquête se faire et la justice faire son travail. » Mais c’est un sujet qui lui tient à cœur « Sans évoquer qui que ce soit, d’une manière générale, on ne peut pas, en tant que professionnel de la crémation, rester indifférent face à un scandale qui touche notre métier. L’image négative que provoque un seul rejaillit sur toute la profession, elle est préjudiciable à tous. Le public reste encore méfiant, vis à vis de la crémation. C’est d’ailleurs pour cela que beaucoup veulent voir le départ du cercueil dans l’appareil, après la cérémonie. Pourtant, on fait sortir le défunt par une porte pour symboliser le départ, la fin, le changement d’état. Mais les gens veulent voir, et c’est le signe que le confiance n’est pas encore tout à fait totale. Une affaire qui implique un crématorium est donc toujours néfaste, même si au final il n’y a rien ».

Que faire, alors ? « Beaucoup d’erreurs sont d’origine humaine, dans tous les domaines. Pour y pallier, il faut instaurer des processus. Nous le proposons, à l’UGCF, avec une certification du bureau Véritas. Mais ce n’est pas pour cela que nous voulons l’imposer : d’autres travaillent différemment, ils ont mis en place une façon de faire qui leur convient, mais c’est quand tout le monde, au sein d’une même entité, ne travaille pas de la même façon, que les problèmes arrivent. Il faut un référentiel commun et des contrôles. » Ce pilote prend un exemple aéronautique « Dans un avion, il y a un pilote et un copilote. Mettons que le pilote dis au copilote de mettre les volets à dix degrés. Le copilote met les volets en position, puis le pilote vérifie que les volets sont bien à dix degrés. Ce n’est pas une question d’ego, c’est une question de sécurité. C’est le référentiel. ».

Une autre problématique surgit « Certains peuvent également avoir des comportements limites. Sans les excuser ou les justifier le moins du monde, il faut peut être interroger le système. Un crématorium en France en délégation de service public, ça va de vingt à trente ans. Quand j’interviens dans des colloques, avec des collègues de l’étranger, et que je dis ça, ils tombent de leur chaise. Ailleurs, c’est minimum 99 ans. Quelqu’un qui construit un crématorium, quand on sait à combien cela revient, et qui n’a que vingt ans pour l’amortir, a une pression supplémentaire qui pousse certains à la faute. Le seuil d’amortissement est très haut, il en être conscients. » Mais son discours est fort et clair : « tout manquement à l’éthique est impardonnable ».

L’UGCF et l’avenir

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Quels sont les projets de l’UGCF ? « Après le succès de notre édition 2011, nous organisons un colloque en septembre prochain. Ce sera cette fois-ci à Toulouse, avec une journée chargée : conférences, exposants, une journée complète et l’occasion pour les gestionnaires de crématoriums de se rencontrer, de rencontrer des fournisseurs, et de se connaître dans une ambiance à la fois studieuse et conviviale. » C’est déjà bien « Et nous mettons en place notre nouveau site internet. Nous en avions déjà un, un peu daté, et nous allons le remplacer par un espace convivial et interactif, qui s’enrichira au fur et à mesure de contenus et d’informations utiles. Il sera en ligne très prochainement »

Le plus simple est alors directement d’aller le découvrir. Funéraire Info ne manquera pas de vous tenir au courant.

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(Cliquez sur le lien pour arriver au site)

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