Journée de prévention du suicide

1
3846

C’est la journée mondiale de prévention conter le suicide. Ce fléau cause des millions de morts chaque année. Et il n’existe pas de solution globale : les vies doivent être sauvées une par une, individuellement.

En chiffres

nombre-de-suicide-en-france-300x232 Journée de prévention du suicide
Carte des suicides en France

Les chiffres font peur : chaque année, 10000 personnes se suicident en France. L’on ne parle ici que des tentatives « réussies ». Le nombre des tentatives se monte à 160 000. Parmi cette population, 60 % récidivera. Pour parler concrètement, entre le moment ou votre serviteur aura commencé à écrire cet article et le moment ou il l’aura relu est estimé bon à publier, trois personnes se seront données la mort rien que dans notre pays.

Dans le monde, le chiffre donne le vertige : un mort toutes les quarante secondes. Soit, durant l’écriture de cet article, 150 morts.

Contrairement à une légende tenace, le Japon n’est pas le pays ou l’on se suicide le plus. Au niveau, par exemple, des pays industrialisés, le taux de suicide des adolescents est supérieur en France à celui du Japon. Pourtant, la mort auto-infligée reste le parent pauvre de la santé publique : les budgets qui lui sont consacrés sont bien inférieurs à ceux de n’importe quelle autre cause de décès importante.

Un autre phénomène inquiète : le suicide des personnes âgées, en hausse. Maladie, solitude, ressources de plus en plus faibles : les facteurs aggravants sont là.

D’une manière générale, un certain nombre de suicide est passé, volontairement ou non, sous silence. Une personne âgée qui se laisse mourir de faim, parfois confondus avec le « syndrome de glissement », des suicides « maquillés » pour que les proches puissent toucher une assurance, les cas sont nombreux. Les observatoires estiment que les chiffres officiels sont inférieurs de 20 % à la réalité.

Lire aussi :  Est-il nécessaire de se recueillir dans un cimetière, pour penser à ses défunts ?

Cas par cas

menace-suicidaire-288x300 Journée de prévention du suicide
Toujours prendre au sérieux les menaces

L’autolyse (1) suscite une forte demande dans la population. Un sondage révélait que 90 % des adultes et 70 % des adolescents souhaitaient plus d’informations sur ce sujet. Campagnes d’information et de sensibilisation qui ne visent, pourtant, pas l’intéressé lui-même.

Parce que le suicidaire est seul dans sa démarche. Ce ne sont pas des conférences publiques ou des affiches qui le sauveront. Ce sont les autres, ceux qui auront su à temps discerner les signes et prévenir le geste fatal. Quand cela est possible : 25 % des suicidaires ne montrent aucun signe préalable interprétable socialement. Les signes présents sont alors seulement visibles des professionnels de la santé (trouble du sommeil, état dépressif…).

Sauver le suicidaire doit alors se faire à force de patience. Un bon conseil est de l’orienter vers un professionnel. Celui-ci saura déceler les signes d’amélioration ou de dégradation de son état, et surtout, aura un statut de tierce personne importante. Un professionnel inconnu, qui ne juge pas et se taira, est quelqu’un à qui il est plus facile de se confier qu’à un proche. Le proche deviendra ensuite le réceptacle de cette époque néfaste, et la relation pourrait en être altérée ou détruite.

L’erreur la plus commune

q2twgwft-300x199 Journée de prévention du suicide
Adieu, monde cruel ?

Les suicides sont rarement, voire jamais, dus à une causalité unique. L’on ne se suicide pas pour une seule et unique raison, mais cette raison peut devenir le détonateur d’un état suicidaire latent.

Ainsi, un adolescent suicidaire parce qu’il ne se plaît pas dans son établissement scolaire ne cesse pas d’être à risque si on le change d’école. Un malaise plus général, une anxiété face à la vie, des problèmes cachés à son entourage, même insignifiants, peuvent s’accumuler jusqu’à ce qu’un malaise plus profond déclenche l’état suicidaire latent.

Lire aussi :  Chronique Toussaint du monde : Palerme et ses enfants

Il ne fait donc pas chercher une seule cause à la tentative de suicide, et ne surtout jamais croire que le risque est écarté lorsque cette cause unique disparaît. Il faut au contraire examiner le contexte et chercher à mettre au jour les problèmes enfouis ou dont l’interprétation a été biaisée.

La prévention contre le suicide ne pourra, en tout état de cause, pas se faire dans des démarches individuelles. C’est globalement que les gens devront apprendre à s’observer, s’inquiéter les uns pour les autres, se parler. C’est la mutation entière de sociétés vers des utopies qui serait nécessaire. Autant dire que les victimes seront encore légion.

(1) L’autolyse, du grec « auto », soi-même, et « lyse », détruire, est le nom scientifique du suicide.

Votes !

1 commentaire

LAISSER UNE RÉPONSE