Koh Lanta : un meurtre médiatique

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Le médecin de Koh Lanta a été assassiné. C’est un scoop de Funéraire Info. Non seulement nous pouvons vous l’affirmer, mais nous connaissons aussi le mobile et les assassins…

Télé-réalité-300x248 Koh Lanta : un meurtre médiatiqueC’est presque amusant, de débattre de la mort du médecin de Koh Lanta, qui a choisi d’abréger sa vie, suites aux accusations portées contre l’équipe et qui le mettaient en cause. Rappelez-vous : un candidat est mort il y a une dizaine de jours, lors du tournage de l’émission. Soudain, de courageux témoignages anonymes surgissent de nulle part pour dénoncer les circonstances précises du secours porté à l’infortuné. Inutile de les rappeler ici : ce serait encore une fois faire affront à la mémoire de Thierry Costa. C’est le nom du médecin. Oui, tout ce courage est amusant tellement il fait plaisir à voir.

J’ironise. Ces témoignages n’ont rien de courageux. Vraiment. Vous savez pourquoi ? Le confrère journaliste qui les a diffusés a expliqué que les personnes qui ont témoigné faisaient partie de la production, et risquaient de perdre leur travail si elles révélaient leur identité.

C’est curieux. Déjà, si j’avais été témoin d’un acte répréhensible, c’est à la justice que j’aurais parlé, pas vous ? La presse, ils sont bien gentils, pardon, on est bien gentil, j’oublie parfois que la presse, c’est moi aussi, mais le scoop ne vaut quand même pas la justice, surtout quand il est question d’un mort. Ensuite, si mon employeur avait dérapé, au point de causer la mort de quelqu’un, et que j’avais trouvé son comportement inadmissible, je ne tiendrai pas tant que ça à garder mon job. Bon, la question ne se pose pas, ce n’est pas le genre de la maison.

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Parfois, il faut savoir choisir son camp. Mais ce ne sont pas les assassins, ces zélés délateurs,  juste des complices. Ce qui est drôle, c’est que je peux dire tout ce que je veux sur ces petits calomniateurs chafouins motivés par des raisons aussi putrides que leur existence, ils ne peuvent pas m’attaquer anonymement en diffamation. Je serai ravi qu’ils le fassent publiquement : je demanderai pardon au tribunal, je leur donnerai, quoi, un euro de dommages et intérêts, et tout le monde saurait qui ils sont.

Non, les assassins ne sont pas ceux qui regardent la télé réalité, non plus, même si l’on prédisait qu’un jour, elle conduirait à la mort. Celle de Gérald Babin, le candidat décédé, vous aviez déjà oublié son nom ? Semble accidentelle.

Ce ne sont pas non plus les journalistes qui ont publié des nouvelles, allant de plus en plus loin dans l’inquisition spéculative, reposant, on l’a dit, sur de courageux anonymes.

Non, c’est moi. J’ai tué le Docteur Costa, un gars bien, d’après ses amis. Je l’ai tué en lisant la presse, en me régalant, un peu honteux, du parfum de scandale qui se dégageait de cette histoire. Je l’ai tué satisfait, depuis le temps que je disais que la télé réalité allait finir par tuer quelqu’un, et me rengorgeant des détails scabreux. J’aurai pu le tuer pour d’autres raisons, juste, par exemple, en me disant que la mort, ça changeait un peu de l’épreuve des poteaux. Je l’ai tué en encourageant les témoins anonymes à baver. C’est un crime en réunion : il ne marche que si on est nombreux.

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Télé-réalité2-300x259 Koh Lanta : un meurtre médiatiqueJe l’ai surtout tué en oubliant une chose : c’était une émission de télévision, tout a été filmé, et il suffisait d’un mot de la justice pour qu’elle obtienne les enregistrements et sache ce qui s’était passé. Mais comme, peut être, j’avais un peu peur que les conclusions de la justice soient décevantes par rapport à l’histoire qu’on me racontait, j’en ai profité un maximum.

Sauf que ce n’était pas une histoire, un polar sordide ou un roman complotiste, mais un vrai mort, suivi d’un second.

En y réfléchissant, c’est la télé réalité qui m’en a montré toujours plus et poussé à demander toujours plus. Alors, oui, indirectement, c’est moi qui ait tué Thierry Costa et un peu Gérald Babin, et je suis à peu près sûr que vous étiez là aussi, cher lecteur, mon complice, mais c’était un crime sous influence.

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2 COMMENTAIRES

  1. Non. Je ne suis pas complice.
    Je me suis forcé à regarder Koh Lanta une demi-heure, il y a très longtemps. Des épreuves à la con, marrantes entre potes mais quand on y joue soi-même ; sinon, grotesques.
    Koh Lanta et autres sous-merdes m’ont fait me débarrasser de ma télé. Plus de pubs, plus de vulgarité tonitruante, plus de télé.
    Alors non, je ne suis pas complice.

     
    • Je n’ai pas non plus regardé Koh lanta. J’ai lu les journaux, et plus spécialement les articles sur les “révélations” concernant la mort du premier candidat. J’ai cliqué sur des liens. Pas toi ?

       

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