La mort et le rock dur

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L’été, c’est la saison ou l’on fait tout ce qu’on s’interdit le reste de l’année. Porter des bermudas et des chemises à fleur, plonger dans la piscine tout habillé, et écouter de la musique qui fait du bruit. Parlons un peu de cette musique là.

Hell’s bell’s

metallica_death_magnetic-300x300 La mort et le rock dur
"Death magnetic" de Metallica.

Hard-rock et métal ont toujours été des genres qui, par les rythmiques âpres et les tempos rapides qui sont leur quotidien, ont été associées à une imagerie violente, dont les groupes ont rapidement profité. Il n’y avait pas grand-chose à ajouter au « sexe, drogue et rock’n’roll », il fallait juste le faire plus fort, plus provocateur, plus méchant. Ce sont les prédicateurs américains qui donnèrent, sans la savoir, l’impulsion : le rock’n’roll était pour eux la « musique du diable », ce dont tous, de Buddy Holly à Elvis Presley, s’étaient défendus, la génération de petits jeunes qui arrivaient derrière avec de la distorsion plein leurs guitares allaient, au contraire, le revendiquer.

C’est ainsi qu’en 1979, un jeune groupe Australien allait débarquer avec son sixième album, sobrement intitulé « Highway to hell ». Si l’on avait dit aux Frères Young que le morceau-titre allait devenir un grand classique des enterrements d’anarchistes au grand sens de l’humour, ils auraient sans doute beaucoup ri.

Nous ne nous priverons pas de la magnifique reprise qu’en a fait Enrico Macias

(Il s’agit bien sûr d’une parodie)

Du grand guignol au tout social

La mort devint donc un sujet privilégié du métal, et souvent du hard rock. Souvent dans l’excès et la provocations.

Ainsi Alice Cooper (« nous ne te méritons pas, nous ne te méritons pas ») aligne-t-il les titres allant de la description détaillé d’un suicide jusqu’à un panégyrique de la nécrophilie. La voici ici reprise par le groupe sataniste suisse Samaël, pour le fun.

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Plus sérieusement, la mort a été abordée par des groupes sous un aspect plus humaniste, même si l’intensité décibellique de la musique empêche de le percevoir de prime abord. C’est ainsi l’un des thèmes favoris de Metallica. Dans leur morceau « One », ils parlent ainsi du cas d’un jeune militaire revenu sourd, muet, aveugle, sans bras ni jambes, du Viet-nam. S’imaginant à l’intérieur de son corps, le chanteur implore la délivrance de la mort. L’euthanasie entre deux solos de guitare.

Nous ne résistons pas ici au plaisir de vous la livrer dans une version enregistrée en France, et sous-titrée.

Puis ce fut léger

Comme tous les grand thèmes, une nouvelle génération les pris par-dessus la jambe. Le grand-guignol était devenu la parodie de lui-même, et il était impossible de parler avec sérieux de ces thèmes sans sombrer dans le ridicule. Ainsi, une outrance ironique prévaut désormais.

Le meilleur résumé du métal d’aujourd’hui, et aussi, quoiqu’on en parle peu, le groupe Allemand en exercice qui a vendu le plus de disque au monde (si l’on considère que les Scorpions sont à la retraite) est Rammstein.

Dans le clip de leur chanson « Haifish », ils mettent en scène les obsèques de leur chanteur. Truffé de références, le clip est un summum de décadence moqueuse. A notre que dans une scène, les membres essaient de superposer des photos de chanteur avec des photos de leur groupe pour trouver un remplaçant. Chanteur qui n’est autre que… James Hetfield, de Metallica.

Apprenez quelque chose.

Mais au fait, quelle est la différence entre le hard-rock et le métal ? C’est extrêmement simple : le hard-rock vient du blues, et en utilise les techniques, gammes pentatoniques, notamment. Le métal s’inspire, lui, de la musique classique. Ainsi, AC/DC joue régulièrement sur scène des morceaux ouvertement blues électrique, tandis que les chansons de Metallica ont été reprises telles quelles par un quatuor à cordes, pour un résultat splendide.

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