L’art du savoir-mourir

1
381

Mourir est le destin qui nous lie tous. Chacun trouvera un jour ou l’autre sa fin, il n’y a pas de surprise en la matière. Mais la surprise peut venir de la façon dont la faucheuse se saisit de nous. Quelques exemples totalement subjectifs.

De l’art d’apporter la preuve

2626793438_small_1-225x300 L'art du savoir-mourirBranwell Brontë, unique garçon de la fratrie Brontë, beaucoup moins connu que ses sœurs Charlotte, auteur de « Jane Eyre », et Emily, auteure des « Hauts de Hurle-Vent », a trouvé une fin digne de la légende. Atteint de tuberculose, alors qu’il était à l’agonie, il est mort debout, appuyé au manteau de la cheminée, juste pour prouver que c’était possible. Une version plus pragmatique de l’histoire explique qu’il voulait juste prouver qu’il pouvait encore tenir debout, mais la première est beaucoup plus intéressante, non ?

Différemment, quoique, le neuvième président des Etats-Unis, William Harrisson, entama un brillant discours d’investiture, ou il souhaitait détailler les projets de sa politique. La pluie glacée qui s’abattit ne le découragea pas, et il parla, pendant une heure trente, trempé jusqu’aux os. La pneumonie qu’il contracta l’emporta un mois après, ce qui fait de lui le premier président américain à mourir durant son mandat, mandat qui fut le plus court de l’histoire du pays.

La grande bouffe

En 1478, le Duc de Clarence, qui eut la bêtise de naître prince à l’époque ou organiser un complot était une façon comme une autre de se dire bonjour, fut condamné à mort. D’extraction royale, il fut autorisé à choisir son mode d’exécution. Il choisit de mourir noyé dans une barrique de son vin préféré.

Lire aussi :  Lutte contre les violences faites aux femmes : La prochaine, c'est toi

Il ne fut battu en cela que par Adolphe Frédéric de Suède, roi de Suède, qui mangea plusieurs homards, force caviar, se resservit plusieurs fois de la choucroute, puis un assortiment de poissons fumés, avec du vin de Champagne pour faire passer. Afin de conclure en beauté cette collation, il demanda à ce qu’on lui prépare son dessert préféré, du semla, une brioche fourrée à la pâte d’amande et à la crème, qu’on servait dans du lait chaud, et s’en resservit quatorze fois. Il s’en alla faire une sieste digestive dont il ne se releva pas.

Les grands distraits

L’empereur Germanique Barberousse mériterait une statue de l’ordre des distraits, mais ils oublient toujours. Cet empereur, part en croisade, se plaignait de la chaleur en territoire Maure. Croisant un fleuve, il décida d’y piquer une tête afin de se rafraîchir. C’aurait été une bonne idée, s’il n’avait pas oublié de retirer son armure avant de plonger.

Tennessee William, dramaturge américain mourut lui en avalant le bouchon de son tube d’aspirine.

On n’oubliera pas Philetas de Cos, philosophe Grec, qui mourut en 285 avant Jésus-Christ. Fasciné par le paradoxe du menteur, il en oublia de se nourrir et dormir et mourut d’inanition, l’air contrarié. (1)

Science sans conscience est très dangereuse

On notera l’absence de précautions d’Alexander Bogdanov. Ce médecin avait ouvert une clinique spécialisée dans la transfusion sanguine, en 1928. Il se lança, dans une volonté de démontrer la viabilité de la transfusion, dans une expérience en se faisant transfuser avec le sang d’un étudiant. Ce dernier lui transmit sa tuberculose et son paludisme, tuant le médecin quinze jours plus tard.

Lire aussi :  Chronique films animations : l'étrange pouvoir de Norman

On applaudira également bien fort Franz Reichelt. Ce tailleur fut l’inventeur d’un manteau parachute. Pour son premier essai, il décida de sauter du premier étage de la Tour Eiffel. Suite à son échec, par manque d’héritier, il n’y eut pas de second essai.

Moi je veux mourir sur scène

Qui oubliera la chanson de Dalida ? Certains furent exaucés. On notera Mark Sandman, chanteur bassiste du groupe de jazz rock Morphine, qui s’effondra sur scène, victime d’un infarctus foudroyant. Ou Leslie Harvey, un guitariste mort pendant un concert, électrocuté par un micro. Nous soulignerons, tout de même, l’esprit d’à propos de Leonard Warren, un baryton, qui s’effondra en 1960 sur la scène du Metropolitan Opéra de New York juste après avoir chanté un couplet qui s’achevait par les mots « Morir? Tremenda cosa. »(« Mourir ? Une chose terrible. »). Effectivement.

Il est à noter que, parmi ces défunts originaux, beaucoup l’ont fait exprès. Au vu de l’issue funeste qui fut le leur, nous vous remercions de ne pas tenter de reproduire cet article chez vous.

(1) Le paradoxe du menteur : Un homme déclare « Je mens ». Si c’est vrai, c’est faux. Si c’est faux, c’est vrai.

Votes !

1 commentaire

  1. Et que dire de Charles VIII, roi de France, qui est mort après s’être cogné la tête sur un linteau de porte. Il n’avait que 27 ans.

     

LAISSER UNE RÉPONSE