Le prix des concessions entre Paris et la province

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L’ultime demeure n’est pas gratuite. Les prix des concessions, que l’on meure à la ville ou à la campagne, au sud ou au nord du pays, varient énormément.

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Ce sont les mairies, et elles seules, qui fixent le prix des concessions dans les cimetières, ainsi que leur durée. Le prix est, comme toute marchandise, régi par la règle de l’offre et de la demande. Dans le bourg de Langonnet(56), les deux mètres carrés d’une concession reviennent à 54euros pour une période de 30 ans et à 81,60euros pour 50 ans. Un parallélisme existe entre le prix des concessions dans les cimetières et celui de l’immobilier. Pas étonnant de voir ainsi les prix s’envoler dans le Sud-Est, à Nice, Lyon et Marseille notamment, ou à Paris. Deux mètres carrés pour 50 ans au Père Lachaise coûtent alors 4.004euros et, pour une concession perpétuelle, le tarif grimpe à 13.430euros. Pour chaque mètre carré supplémentaire, il faut ajouter 13.430euros. Être enterré à Paris coûte cinquante fois plus cher qu’à Langonnet! «Les concessions perpétuelles n’existent pas chez nous», indique-t-on à la mairie. Le manque de place ou, dans le cas de Langonnet, la crainte de voir des tombes délaissées, explique que les concessions perpétuelles soient de moins en moins proposées.

Vers une privatisation des cimetières?

Même s’il existe quelques cimetières privés (tous confessionnels), la loi, pour l’heure, les interdit. Il existe pourtant près d’Auray une exception. «Les jardins de mémoire» permettent de déposer au pied d’un arbre une urne cinéraire. «J’ai 500 habitants. Je peux encore planter 12.000arbres», explique Lionel Le Maguer, qui a inauguré l’endroit en 1998, profitant d’un vide juridique finalement comblé par une loi de 2007. «La loi n’étant pas rétroactive, je peux continuer. La première année, il y avait trois enterrements, l’année dernière, 150. Ça marche très bien», ajoute l’ancien agent immobilier. Dans l’ombre, les mastodontes du marché des obsèques travaillent à une libéralisation du secteur, qui leur permettrait d’ouvrir leurs propres cimetières. Tout en craignant des dérives, Lionel Le Maguer juge cette orientation inéluctable: «C’est créateur d’emplois et ça permettrait aux villes de faire des économies: les cimetières sont entretenus grâce aux impôts locaux. Dans notre cas, ce sont les familles qui règlent tous les frais.»

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G.R.

viaServices funéraires. Mieux vaut mourir à Langonnet qu’à Paris – France – Le Télégramme.

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