Le travail invisible des pompes funèbres

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Pour faire suite (et fin) à notre article sur le low cost et, plus généralement, à notre série d’articles d’humeurs sur ces petites choses qui ne vont pas dans les pompes funèbres, soulignons aujourd’hui l’importance du travail invisible.

Invisible, vraiment ?

14090_1284046171_low-cost_330x350-282x300 Le travail invisible des pompes funèbresDans l’esprit des familles, nous sommes des transporteurs. Porter le défunt du lieu du décès vers le lieu de recueillement, du lit de mort au cercueil, du lieu de mise en bière au lieu de cérémonie, et enfin au cimetière, au fond du trou, ou au crématorium. Des déménageurs en costume, en quelques sorte. Avec, au milieu du groupe, un messager chargé de la paperasse.

C’est ce que voient les familles, et c’est ce qu’elles doivent effectivement voir lorsqu’un convoi se passe bien. Bien, entendu, c’est résumé, voire caricatural. Les familles verront également le maître de cérémonies, lors d’obsèques civiles, officier. Elles verront le salon funéraire, si le défunt repose dans une entreprise privée.

Le reste, l’invisible, est donc forcément dispensable, toujours selon les familles, du moins celles qui optent pour les offres low cost les plus extrêmes. Après tout, se disent elles peut être, ci on ne le vois pas, c’est que ça ne sert à rien, c’est donc juste un moyen de facturer de la marge supplémentaire pour l’entreprise.

Les exemples sont trop nombreux, choisissons en quelques uns presque au hasard.

Un défunt propre sur lui

La toilette, par exemple. Prenez une entreprise de low cost qui fait des devis sur internet. Nulle part trace de toilette funéraire. Inutile : elle est faite par les services funéraires de l’hôpital. D’accord, moi je veux bien. Mais dans la plupart des hôpitaux, faute de moyens et de temps, souvent, de formation, parfois, la toilette et la présentation du défunt laissent à désirer.

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N’est il pas mieux de se recueillir auprès d’un défunt à l’aspect reposé, même sans soins de thanatopraxie, il est question uniquement de toilette, ici, aux yeux fermés par des couvre œil ? Le bas du visage dispensé de mentonnière grâce à une discrète ligature de bouche ? Les gaz de décomposition contenus par un bourrage adéquat et invisible ? Connaissez vous beaucoup d’établissements hospitaliers qui aient ce genre de délicatesses ?

Même les défunts qui reposent en chambre funéraire, qu’ils aient reçu ou non des soins de thanatopraxie, font l’objet de menues attentions. Le préposé aux salons qui passe le matin et le soir, quand tout le monde est parti, personne ne le voit. D’ailleurs, il faut que personne ne le voie. Imaginez les réactions des familles si un parfait inconnu entrait dans le salon pendant les visites, passait un coup de balais en sifflotant, arrosait les fleurs puis se penchait sur le corps du cher disparu, soulevant le linceul, pour voir si le soin tient bien ou s’il y a besoin d’une retouche de maquillage ? Qui passerait le soir pour éteindre les bougies afin d’éviter toute crémation prématurée, et vérifier que la serrure électronique de la porte s’est bien activée, afin d’éviter qu’un malotru spolie feu l’être aimé de sa montre en or massif qu’il ne souhaitait pas inclure dans la succession ?

Les familles ne remarquent pas que le salon est toujours impeccable, la machine à café régulièrement approvisionnée, les fleurs arrosées. Elle ne remarque que lorsque ce n’est pas le cas. Bon, au moins, dans le cas du low cost, elles peuvent dire qu’elles en on eu pour leur argent.

Mise en boîte

Par ailleurs, comment espérer avoir le même service lorsque la mise en bière est faite par des agents hospitaliers qui passent par là, dont ce n’est pas le travail et qui ont autre chose à faire, sachant que la mise en bière correspond souvent à une présentation en cercueil ouvert, et donc un moment crucial.

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Un défunt placé délicatement dans le cercueil, la tête bien calée, les mains croisées. Le linceul est posé au cordeau. Dessus sont disposés les dessins des petits enfants, quelques fleurs ou photographies laissées là par la famille, quelques pétales prélevés par un agent pour agrémenter la bière. Autour du cercueil les fleurs sont soigneusement disposées pour être mises en valeur, sans gêner la circulation. Pas toutes, beaucoup de compositions ont été transférées dans le véhicule pour y être arrangées. Il a fallu choisir les plus proches, les plus belles. Le tout en peu de temps, pour que la famille en aie à se recueillir avant la fermeture. C’est cela, le travail des pompes funèbres, également. C’est cela que les entreprises low cost négligent en n’envoyant qu’un chauffeur, en rendant cette opération, de éminemment symbolique, à simplement technique.

Les différences ont nombreuses. Mais il suffira de comparer les avis de décès dans le journal, entre un texte personnel, rédigé par la famille, guidée et conseillée par un assistant funéraire, à un faire part standard, « Inscrivez ici le nom du défunt » pour s’en rendre compte.

Il n’y a rien à craindre, finalement, du low cost pur et dur : les tarifs ne sont pas si fantastiques que cela, et les convois sont fait au rabais. A nous, les professionnels du funéraire, de savoir mettre en valeur la partie invisible de notre travail, celle que les familles ne voient pas, mais dont elles constatent l’absence.

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1 commentaire

  1. ancien employée des pompes funèbres une des plus importante de France je peu vous dire que nous très attentif atout sa pour une présentation parfaite aussi bien pour les gros budget que les petits est sa jais apprécier sa de la part de mes responsables cordialement

     

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