Les spots de la sécurité routière, un problème épineux

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Un tragique fait divers vient encore de nous le rappeller : faire de la prévention pour la sécurité routière n’est pas une science exacte, ni une tâche aisée. Sous quelle angle l’aborder ?

Accident ou crime ?

securite_routiere1286557443 Les spots de la sécurité routière, un problème épineuxC’est arrivé vendredi soir, en Loire-Atlantique : un jeune homme qui s’amusait à filmer ses excès de vitesse a percuté un véhicule. Le chauffard et deux des trois occupants de l’autre voiture ont trouvé la mort.

L’on s’interroge alors. L’homme était il fou ? A priori, non, ni un délinquant marginal et associable. C’était un militaire, et l’armée vérifie soigneusement l’état psychique des gens qu’elle va recruter et à qui elle va confier une arme, avant de leur inculquer la discipline.

Était il inconscient ? Tout dépend de ce que l’on accorde comme sens à ce mot. Beaucoup le définissent comme un synonyme d’ignorance. Rien de plus inexact. C’est en fait la différence entre savoir et comprendre qui est ici en jeu. Le jeune conducteur ne pouvait pas ne pas savoir que les accidents de la circulation tuent. Il n’avaient pas compris, manifestement, que les accidents pouvaient le tuer lui, et des innocents au passage.

Du moins, on l’espère. Savoir et compréhension le classeraient, sinon, dans une autre catégorie, celle des tueurs de masse.

Dilemme

Le problème de la sécurité routière n’est pas d’informer les gens sur les dangers de la route. Ca, ce serait plutôt la partie facile. Le problème de la sécurité routière, c’est de leur faire comprendre que les gens qu’ils montrent dans leurs clips, c’est eux, les spectateurs.

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Et ils se heurtent régulièrement à une donnée importante : montrer des clips trop softs, c’est prendre le risque de l’inefficacité, montrer des choses brutales et efficaces, c’est prendre le risque de choquer, et déclencher une polémique dans un pays qui n’a pas été habitué à cela (à être brusqué dans des clips de la sécurité routière, la polémique étant, elle, une spécialité Française).

Les diffuseurs, publics ou privés, ne sont d’ailleurs pas les derniers à s’improviser censeurs. Sensibiliser à la sécurité routière, d’accord, mais montrer des mares de sang à une heure de grande écoute, il ne faut pas exagérer.

On glose alors sur notre frilosité, comparée à celle de nos voisins anglo-saxons. C’est, avant tout, une question d’habitude. Eux ont été habitués très tôt à des spots plus violents, pas nous. Ceci dit, lorsqu’on scrute les statistiques sur le comportement routier des britanniques, il est certes plus courtois, mais les fous du volant ne sont pas moins nombreux.

La question centrale

La question centrale est toutefois celle de la manière dont il faut s’y prendre non pas pour informer, mais pour faire comprendre. Pour effacer à tout jamais la célèbre réplique « Oh, les accidents, oui, mais moi, pas d’inquiétude, si je roule à deux cent kilomètres/heures, c’est parce que je maîtrise »

Une fois que les chauffards en puissance auront compris que les accidentés pensaient maîtriser, eux aussi, trois secondes avant leur mort, l’on arrivera peut être à quelque chose.

La campagne standard de la sécurité routière : notez l’absence de sang

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“Insoutenable”, le meilleur clip à ce jour, diffusé essentiellement sur l’internet : le plus dur, c’est de convaincre le public ciblé de le regarder jusqu’au bout.

Un exemple de clips-chocs chez nos voisins :

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