Les stars, un pied dans la tombe ?

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“Je me déteste et je veux mourir” (Kurt Cobain) : La gloire est elle une charge ? L’argent pèse-t-il trop lourd sur des épaules qui n’ont pas l’habitude de le supporter ? Le succès est il un cauchemar ? C’est à se demander, travers quelques exemples célèbres, si ce n’est pas effectivement le cas. Ou peut être est-ce dû à leur propre nature.

La Division de la Joie

kurt-cobain-32_large-224x300 Les stars, un pied dans la tombe ? Le 8 avril 1994, un électricien découvre le corps de Kurt Cobain, à Seattle. Le chanteur s’est donné la mort quelques jours plus tôt, le 5 avril, ce qui a donné lieu, et donne encore lieu, à une petite confusion dans la date de la commémoration de sa mort. Son groupe, Nirvana, était au summum de son succès. Kurt Cobain était connu pour son addiction à l’héroïne et son tempérament autodestructeur.

Le 18 mai 1980, Deborah Curtis rentre chez elle, à Macclesfield. La veille, elle a eu une violente altercation avec son ex-compagnon, Ian Curtis. Celui-ci, infidèle, n’arrive pas à imaginer sa vie sans celle qu’il trompe allègrement sans cesser de l’aimer. Il s’apprête à partir en tournée aux Etats-Unis avec son groupe, Joy Division, concerts qui leur ouvriront définitivement les portes du succès, mais il craint que la distance ne permette à Deborah de l’oublier plus facilement. Ian Curtis n’est pas un homme simple : épileptique, dépressif, il est l’âme damnée du groupe Post-Punk, en train d’inventer sans le savoir la cold wave dans laquelle s’enfourneront plus tard d’autres groupes mythiques comme The Cure ou Siouxie and the Banshees, mais supporte de plus en plus mal sa propre nature.

Des cris alarment les voisins, qui voient Deborah Curtis appeler à l’aide. Dans la maison, Ian Curtis, est inerte, une photo de sa fille d’un an à ses pieds : il s’est pendu. Quelques mois plus tard, le groupe sortira, à titre posthume, le single « Love Will tar us apart » (« L’amour nous déchirera ») et l’album « Closer ». Ils continueront, sans Ian Curtis, sous le nom de New Order. Il avait 21 ans.

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Le 13 août 1998, le chanteur Nino Ferrer est retrouvé dans un champ de blé, près de chez lui, une balle en plein cœur. Il s’était peu de temps auparavant plaint à un ami qu’ils n’avaient plus rien d’autre de quoi parler que de leurs « problèmes de santé » et regrettait que sur les 200 chansons qu’il avait écrite, les gens n’en connaissent que trois.

Le vendredi 25 avril 1975, à 11 h 15 du matin, Mike Brant tombe du sixième étage d’un immeuble situé au numéro 6 de la rue Erlanger, à Paris. Il avait 28 ans. Déprimé, drogué, exploité par un producteur sans scrupules, effrayé par son succès, le jeune homme avait craqué sous la pression, après une autre tentative et trois overdoses de drogue.

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Mike Brant

Qui saura ?

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Nous avons volontairement choisi, dans cette liste, de n’intégrer que des chanteurs ou musiciens. Mais d’autres noms seraient à rajouter : des écrivains (Hémingway, Garu, Poe), des acteurs (Romy Schneider) des peintres (Van Gogh)… Nous n’avons également inclus ici qu’une sélection de ceux qui se sont volontairement donné la mort, et pas ceux qui ont été victime d’un tempérament autodestructeur.

C’est à se demander si la sensibilité artistique n’irait pas de pair avec la dépression. Les cyniques remarqueraient alors que certains chanteurs parmi les plus critiqués sur leur qualité artistique sont aussi les plus lisse, et que Céline Dion, par exemple, a l’air parfaitement heureuse quand elle crie, pardon, qu’elle chante.

Le tempérament artistique se caractérise par une sensibilité accrue aux choses, qu’elles soient constitutives de son environnement autant que de son propre soi. Cette « hyperempathie » contextuelle peut rapidement devenir gênante lorsqu’elle est combinée à une tension nerveuse importante. Or, ladite tension nerveuse, ou le stress, est induit par l’existence même des artistes : une profession qui n’en est pas vraiment une, puisque les revenus et moyens d’existence sont assujettis au succès, une activité exposée, voire surexposée à la critique, un entourage souvent malsain, puisque les équipes, conscientes de l’ephémérité du succès, cherche à exploiter au maximum la poule aux œufs d’or le temps de sa gloire avant de passer à autre chose, une pression financière énorme, le prix de la moindre tournée ou d’un album se comptant en millions d’euros, et l’effondrement à la moindre baisse du succès, ce sentiment d’abandon lorsque les projecteurs se détournent.

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A tout cela s’ajoute une profonde solitude : un artiste qui rencontre du succès se décale forcément de son entourage, tant par le temps passé avec eux, qui se réduit considérablement, que par le style de vie, qui change radicalement. Et le nouvel entourage, opportuniste, ne parvient pas à remplacer l’ancien.

Tout cela amène à une conclusion, sans solution, parce que, hélas, il n’en existe pas : le pire métier pour une personne qui a du talent et un tempérament artistique, c’est artiste.

Le clip de Joy Division pour “Love will tera us apart”, dernières images filmées du chanteur Ian Curtis peu avant sa mort.

“Smells like teen spirits” de Nirvana, le tube qui a fait connaître Kurt Cobain :

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