Les vacances qui tuent

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Noyades et accidents en montages semblent se multiplier, nous apprenant que les pratiques à risques se multiplient chez les vacanciers. Comment expliquer que les estivants recherchent délibérément le risque ?

Thierry Goguel d’Allondans : La plupart des sports extrêmes qui rencontrent aujourd’hui le succès ont pour point commun de jouer sur le vertige. Le but est de provoquer un sursaut d’adrénaline, surtout pour ceux qui ont des vies hyperactives et qui ont besoin de sensations nouvelles.

Nous avons un rapport différent au corps et au paraître. On accepte de souffrir pour son apparence ; on vit le corps de manière plus intense. On peut modifier ce corps, comme c’est le cas dans un autre registre, celui des modifications corporelles : piercing, tatouage ou scarification. De même, dans les sports de l’extrême, on joue sur son corps pour prouver sa valeur.

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C’est l’ordalie, on risque le tout pour le tout. Il s’agit d’un engagement total de soi.

Enfin, l’absence de rites de passage dans notre société explique qu’un certain nombre de jeunes trouvent d’autres moyens d’obtenir la reconnaissance, notamment d’une position d’adulte. Jusqu’à la Deuxième guerre mondiale, les rites de passage étaient nombreux. Dans l’espace du sacré, c’était la confirmation chez les Protestants, la communion chez les Catholiques, la Bar Mitzvah chez les jeunes Juifs, le passage au hammam chez les Musulmans…. Dans l’espace du profane, c’étaient les rites folkloriques des arts et traditions populaires de France, souvent autour de la conscription du garçon, ou de la fin de l’apprentissage, des rites d’Equinoxe… Dans la région où je vis, l’Alsace, ce sont en ce moment les feux de la Saint Jean. Si aujourd’hui, c’est surtout un peu de musique et beaucoup de bière, c’était auparavant un rite de passage pour les conscrits.

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viaCes vacances qui tuent : pourquoi une telle prise de risques ? | Atlantico.

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