L’information funéraire en prélude au décès

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C’est un grand classique des sociétés de pompes funèbres : la famille qui entre dans l’agence, perdue et intimidée, pour préparer un décès qui n’a pas encore eu lieu. Pour ceux qui osent, combien attendent le dernier moment, et que faire ?

La mort, promesse de problèmes à venir

conseillers-funeraire-demarches-administratives-300x200 L'information funéraire en prélude au décèsC’est une constante, la majorité des décès se passe en milieu hospitalier, et l’immense majorité sont fortement médicalisés. Cette présence médicale informe la famille lorsque son rôle devient celui de l’accompagnement à la fin de vie, de l’imminence de l’issue fatale. C’est là que le bât blesse : alors que la famille devrait passer ces dernières heures ou jours auprès de l’être cher, pour l’accompagner dans ses derniers instants, ces instants sont obscurcis par l’inquiétude face à la mort à venir, à l’organisation des obsèques, véritable terra incognita pour la plupart des familles.

Or, le corps médical ne peut, en l’occurrence, être d’aucune aide : le libre choix des pompes funèbres, et le devoir dé réserve du corps médical, le simple fait d’orienter la famille constitue une faute. Cette réserve du milieu médical, qui a la confiance et l’influence auprès des familles, est une bonne chose qu’il ne faut surtout pas remettre en question : de nombreux abus en sont la preuve.

Mais comment faire pour soulager les familles ?

L’information, denrée vitale

Tout professionnel du funéraire le sait : un décès est toujours compliqué, heureusement des solutions existent, et les éléments en faveur des familles le sont également, à commencer par la compétence du professionnel.

Tant sur la déclaration de décès, sur les modalités en cas de transport, sur le dépositoire du corps, les démarches sont assurées par le professionnel ou dans certains cas et pour certaines formalités, par le bureau des entrées de l’établissement hospitalier. De même, des financements existent, ne serait-ce que le prélèvement direct sur le compte du défunt ou le règlement des factures par notaire.

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Mais les familles ne le savent pas. Elles sont soulagés lorsqu’elles l’apprennent, et souvent, regrettent de ne pas l’avoir su plus tôt.

Mentalités : encore un petit effort

C’est légitime, d’une certaine façon : les familles ont l’impression que rencontrer les pompes funèbres avant que le décès survienne, c’est un peu comme enterrer vivant leur défunt. Or, cette rencontre n’a que des aspects positifs.

La première chose à expliquer, c’est que la rencontre avec un professionnel du funéraire fait partie intégrante du processus de deuil, mais ledit processus ne commence pas au moment du décès, il commence en réalité dès que l’annonce du décès à venir est faite. On ne va plus rendre une simple visite à un proche, chacun des instants partagés avec lui est parmi les derniers. On est dores et déjà dans un processus funèbre.

Or, comme nous l’avons vu, la rencontre avec le professionnel des pompes funèbres apporte un certain nombre de réponses à des interrogations qui peuvent empoisonner ces moments. Le travail de deuil auprès du vivant serait plus efficace s’il se faisait l’esprit dégagé de tout souci.

Anticiper

Et l’anticipation franche du décès a elle aussi son importance : combien de familles sous le choc le jour du décès, alors qu’ils n’ont qu’une envie, se recueillir auprès de leur défunt et évoquer entre eux son souvenir, se retrouvent à chercher un livret de famille ou un titre de concession.

Certes, peu importe le moment, cela prend du temps. Mais le moment du décès provoque un stress intense, qui ne peut que s’amplifier lorsqu’on cherche les pièces. Se retrouver la veille des obsèques en mairie pour renouveler une concession est le pire moment.

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Toute la question est : comment faire ? Comment procéder pour que les professionnels du funéraire puissent agir en amont, et faire leur travail d’information et de conseil, sans fausser le libre choix de l’entreprise funéraire par les familles ? Comment sensibiliser le personnel médical à l’importance de ces démarches sans l’influencer ?

Ces questions mériteraient d’être au premier plan dans l’évolution de notre profession. Et mieux vaut que la réponse soit apportée par les professionnels au plus près du terrain, que par un législateur qui, quelle que soit sa bonne volonté, a forcément moins de compétences. Au travail, donc. 

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