Mort à grande échelle : même les planètes meurent

0
1027

Tout est mortel, et fort heureusement, tout ne donne pas lieu à des obsèques. Imaginez la taille du cercueil d’une planète. Mais au fait, qu’est-ce qu’une planète morte ? A l’occasion de la mission actuelle sur Mars, définition.

Naissance d’un astre

jupiter-voyager-300x225 Mort à grande échelle : même les planètes meurent
Jupiter, géante gazeuse, est irrémédiablement morte d'un point de vue biologique, mais bel et bien vivante par son activité intense. L'oeil rouge, dit "Grande tache rouge" en bas à gauche, est une tempête capable d'absorber trois Terres côte à côte

Une planète est un agglomérat de poussières, de gaz et de rochers, attirés par un noyau en rotation. Lorsque cette capture a lieu autour d’une étoile, l’astre devient une planète, si elle tourne autour de l’étoile, ou un satellite, si elle tourne autour d’un agglomérat généralement plus grand, qui elle est une planète.

Chaque système planétaire part donc d’un unique nuage dense. Au départ de l’agglomération, ce nuage dense attire les planètes vers le centre du système, ou se retrouve l’étoile. C’est la phase dite de « migration planétaire », déterminante. En effet, selon une grande quantité de facteurs, la planète en formation sera libérée du nuage à un moment X, et se stabilisera alors sur une orbite en fonction du champ gravitationnel de l’étoile, mais aussi des autres planètes en quête de leur propre orbite, ou bien continuera sa plongée vers l’étoile, ou elle reprendra sa forme gazeuse, et servira de carburant.

Stabilisée sur son orbite, elle s’adonnera à ses deux activités favorites, l’activité volcanique, et la capture d’éléments.

Vivant, mort, indéterminé

twnpks Mort à grande échelle : même les planètes meurent
Surface de la planète Mars. Notez, en fond, la couleur bleutée, qui dénote la présence d'une atmopshère

A partir de quand un astre est il considéré comme vivant ou mort ? Tout dépend qu’on soit géologue ou biologiste. Une planète morte, par excellence, est une planète sur laquelle ne subsiste plus aucune activité volcanique, et donc de tectonique des plaques, ni de vie biologique. Dans l’absolu, même si tout le monde n’est pas d’accord.

Le cas de Mars est à cet égard exemplaire. Les images de la planète montrent un désert rouge et inhospitalier, et nulle part trace d’eau ou de vie, même sous une forme primitive. Pour un biologiste, la planète est morte : nulle vie ne s’y manifeste, pas plus qu’on y trouve les éléments nécessaires.

Pourtant, dans l’absolu, la planète n’est pas morte. L’on y trouve une atmosphère, certes ténue et irrespirable, une attraction capable d’y retenir des éléments, une activité sismique qui garantit une source de chaleur interne, complémentant celle fournie par le soleil, bref, tout ce qu’il faut pour, un jour, abriter la vie.

Et l’eau, dans tout cela ? Elle circule. Elle circule dans l’espace, sous formes d’astéroïdes, et elle pourrait un jour entrer en collision avec Mars. Le choc vaporiserait cette eau, la vapeur serait capturée par l’atmosphère, et redistribuée sur le sol martien sous forme de précipitations. La vapeur d’eau libérerait également des gaz, susceptibles à terme de provoquer une réaction qui rendrait l’atmosphère respirable.

Le tout, bien entendu, à condition que l’impact ne pulvérise pas la planète.

Il n’y a pas de vie, actuellement sur Mars, mais théoriquement, la vie y est possible. Mars n’est donc pas une planète morte. Si vous y tenez, elle est, d’un point de vue biologique, dans le coma.

Satellite mort

lune_apollo17 Mort à grande échelle : même les planètes meurent
Sol lunaire. Ici, à l'horizon, nulle réfraction qui traduirait la présence d'une atmosphère, que l'astre est incapable de capturer.

Si elle jouissait de son indépendance, mais nul n’est vivant pour la revendiquer, la Lune, notre satellite, serait à contrario un parfait exemple de planète morte. Plus d’activité sismique, ou trop faible pour créer volcanisme, donc chaleur de surface et tectonique des plaques, pas d’atmosphère, ou du moins d’une densité largement insuffisante, pas assez d’attraction pour capturer durablement des éléments tels que la vapeur d’eau ou des gaz.

Il y a autant de vie sur la Lune que sur Mars, mais là ou la planète rouge est un potentiel en suspens, le hasard aura beau bombarder la Lune de tous les éléments nécessaires à sa création, rien ne prendra, parce que cette planète avorton n’a tout simplement pas les capacités de les retenir et les développer.

Pour simplifier, on dira d’une planète tellurique qu’elle est vivante si elle est capable de transformer les éléments capturés en écosystème, ou qu’elle est morte, si lesdits éléments y restent figés dans leur état primitif, ou ne restent pas parce que l’attraction est insuffisante. Ceci ne s’applique pas au cas spécifique des géantes gazeuses, qui n’apparaissent pas dans le cahier des charges biologiques, et ou la mort est définie par la dispersion ou l’effondrement sur elle-même.

Votes !

LAISSER UNE RÉPONSE