Orthometals, la collecte du métal au crématorium

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La société OrthoMetals est à part : à part déjà par son activité, à part pour son mode de fonctionnement, à part, enfin, pour ses principes et sa philosophie.

OrthoMetals, une histoire de famille

IMG_1631.jpg2_-300x225 Orthometals, la collecte du métal au crématorium
Orthometals Miriam Briss et Ruud Verberne

L’interview se déroule en conférence au téléphone, entre Miriam Briss, correspondante OrthoMetals France, Ruud Verberne, le directeur et fondateur de la société, et nous. Si Mr Verberne parle français, il préfère répondre en Néerlandais, Madame Briss se chargeant de la traduction, afin que ses réponses soient plus précise. Parce que si OrthoMetals a toutes les allures d’une petite entreprise familiale, professionnalisme et transparence sont ses mots d’ordre.

« La société a été fondée par deux personnes, Jan Gabriëls, chirurgien orthopédiste, aujourd’hui malheureusement décédé, et Ruud Verberne, qui travaillait dans le recyclage des métaux. Ils se sont lancés dans l’aventure OrthoMetals en se posant une simple question : que devenaient les métaux des prothèses après la crémation ? » Ainsi naît l’idée de les récupérer pour les recycler.

« Ca a été compliqué, au début » expliquent-ils, « parce que les métaux qui constituent les prothèses étaient dans un flou juridique, techniquement, ils n’appartenaient à personne. Aujourd’hui, les choses se sont clarifiées. » Ainsi, tous les métaux qui subsistent après la crémation sont récupérés : l’huisserie des cercueils, par exemple, mais aussi, et surtout, les prothèses.

Ce qui permet à la société de dresser une véritable cartographie statistique, région par région : selon l’endroit ou l’on se trouve, le nombre de prothèses et la qualité des métaux employés n’est pas la même.

Sur la route du succès

Aujourd’hui, OrthoMetals est partenaire de 500 crématoriums dans le monde, en Europe, mais aussi aux États-Unis, au Canada, en Australie, et bientôt, espère Ruud Verberne, « En Italie et en Scandinavie » où des pourparlers sont en cours.

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Ruud Verberne passe le plus clair de son temps sur la route « entre 200 et 220 jours par an » pour convaincre de nouveaux partenaires, collecter les métaux, et donner des conférences « Pour expliquer ce que l’on fait ».

La collecte se fait environ deux fois par an, parfois plus, parfois moins, selon la taille. « On a des crématoriums qui font cent crémations par an, et d’autres, comme le Père Lachaise, qui sont gigantesques. La collecte ne doit pas être perçue comme une contrainte supplémentaire pour nos partenaires ».

Une fois les métaux récupérés, ils sont triés, et refondus. « Les prothèses ne sont jamais réutilisées en tant que telles » insistent ils. « Les métaux sont transformés en paille, ou en briques, pour être revendus et réutilisés, mais toujours refondus » autre point d’importance « Nous travaillons avec des fonderies qui ont pignon sur rue, et offrent des garanties très précises. Nous ne cherchons pas le meilleur prix, mais le traitement le plus respectueux et le plus transparent possible ». Non, OrthoMetals n’a pas pour but de réaliser le plus gros bénéfice, mais privilégie toujours la démarche la plus éthique, jusqu’au bout.

Les effets bienfaisants du Métal

Société familiale, les employés étant les enfants des fondateurs, OrthoMetals développe un modèle économique original : une grande partie des bénéfices, moins les frais de logistique, sont redistribués aux crématoriums partenaires, pour financer des œuvres de bienfaisance. « Nous gagnons notre vie avec cette activité », explique Ruud Verberne, « nous ne voulons pas gagner toujours plus d’argent » la boucle est ainsi bouclée : au postulat écologique qui a présidé à sa création, OrthoMetals adjoint une action bénéfique, et se présente, sans prétentions aucune, comme une société humaniste, sociale et solidaire.

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L’idée est simple, reverser les bénéfices aux partenaires locaux, qui sont chargés de financer les œuvres de leur choix, locales ou non. « Par exemple », explique fièrement Miriam Briss, « en 2011, Crématoriums de France s’est associé avec Mécénat Chirurgie Cardiaque, et 18 enfants ont pu être opérés à cœur ouvert, transportés et hébergés, avec l’argent que nous leur avons reversés. »

OrthoMetals récupère aussi parfois des stimulateurs cardiaques. Exceptionnellement, ils ne sont pas recyclés, mais donnés au docteur Dodinot, de l’association Stimubanque, qui va les implanter là ou le besoin s’en fait sentir.

En terminant l’entretien, l’on se pose une question, qui laisse pensif : à quoi ressemblerait le monde si toutes les sociétés se comportaient de la même façon qu’OrthoMetals ? A un meilleur endroit, certainement. Au delà de la réussite de leur activité, Jan Gäbriels et Ruud Verberne ont atteint l’objectif qu’ils s’étaient fixés : prouver que c’était possible.

Le lien vers le site Orthometals est ici (sur le logo) : OrthoMetals_recycles_handshake Orthometals, la collecte du métal au crématorium

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