Patrimoine Breton, quatrième partie et fin

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a0f07cbaa6ad49430546e1e3a3736561-284x300 Patrimoine Breton, quatrième partie et fin
Saints céphalophores

Dernière catégorie de Saints Breton et non des moindres…. Les Saints Céphalophores !

Du grec « képhalê » la tête et « phorein » porter, la céphalophorie est un épisode où un personnage décapité se relève et prend sa tête entre les mains avant de se mettre en marche vers le lieu où il désire être inhumé !

Il s’agit d’un thème courant abordé par les hagiographes chrétiens et Saint Denis est l’un des plus célèbres.

En effet, il subit le martyre sur la colline de Montmartre et se rendit jusqu’à l’actuel site de Saint Denis pour y être enterré.

L’interprétation de porter sa tête entre ses mains tient certainement du fait des artistes qui auraient voulu présenter dignement le personnage « avec toute sa tête » alors qu’il l’avait perdue durant son martyr.

Très souvent le saint traverse une rivière ou passe de l’autre côté de l’eau avant de gravir ou de descendre une côte et essaie de gagner un lieu élevé, d’y parvenir et de se faire inhumer à l’endroit où il s’est arrêté.

Les lieux où leur tête ont été posées deviennent alors « sacralisés » et sont alors soumis à la dévotion des pèlerins.

Les Gaulois accordaient une importance capitale à la tête puisqu’ils les exposaient rituellement lors des affrontements qui les opposaient à d’autres tribus ou clans .

Les Saints céphalophores les plus connus en Bretagne sont sans conteste Saint Trémeur, Patron de Carhaix, capitale du Poher, son culte est attesté dans la Chapelle de Bubry dès le XVII ème siècle.

Sainte Tréphine (22) était la fille de Varoch, compte de Vannes, elle épousa le Roi Conomor au VIème siècle et attendait un enfant que son mari ne souhaitât pas qu’elle eut. Elle prit la fuite mais fut arrêtée par le Roi qui la fit décapiter.

Ressuscitée par Saint Gildas, elle réussit tout de même à accoucher de Trémeur puis se retira du monde. Ce fils, éduqué au monastère de Saint-Gildas-de-Ruys rencontra un jour son père, ce dernier le décapita mais fut vaincu par la suite par les chevaliers de l’ Ost de Bretagne ralliés à Varoch.

Sainte Noyal dans le Morbihan qui portait sa tête sur une longue distance et qui s’arrêta près d’un ruisseau qui porte à présent son nom et où elle fut inhumée ; cette histoire se retrouve sur les vitraux de l’église paroissiale de Noyal-Pontivy.

On peut encore citer Sainte Haude dans le Finistère, Saint Gohard à Nantes et Saint Miliau à Guimiliau dans le Finistère qui furent des Saints Céphalophores Bretons.

Les principaux Saints Céphalophores français sont Saint Principin en Auvergne, Saint Nicaise en Champagne, Saint Juste de Beauvais en Picardie et Saint Gaudens en Midi-Pyrénées.

Pierre Saint Yves donne dans son livre « les Reliques et les images légendaires » (aux éditions Laffont) plus de 120 Saints Céphalophores et bien que le bon sens suffise à comprendre qu’une telle étrangeté soit impossible, les explications sont nombreuses et variées.

La plus vraisemblable semble que les tombeaux anciens contenaient des corps dont la tête avait été séparée et c’est ainsi qu’en étudiant le cas de 3 Saints Lorrains, Saint Elophe, Sainte Libaire et Saint Livier, Marcel Hébert, historien, s’est aperçu que l’église où reposent les restes de Saint Elophe est entouré d’un cimetière mérovingien dont provient certainement le corps de ce saint.

Or , à l’époque Mérovingienne, la tête du squelette se trouvait déposée tantôt à ses pieds tantôt au milieu du corps.

Lorsque Saint Ambroise fait exhumer les corps de Saint Gervais et Saint Protais, les têtes n’avaient pas été disposées à leur place habituelle (au dessus des épaules) et c’est ainsi qu’ils furent considérés comme des martyrs.

C’est de cette façon que les corps dont les têtes n’étaient pas placées au bon endroit devenaient invariablement des martyrs.

L’hypothèse avancée par les hagiographes concernant le fait que le malheureux passe de l’état de martyre à celui de céphalophore s’explique du fait que l’idée traditionnelle de « tripartition  Ciel-Homme-Terre » corresponde à la triade « Esprit-Âme-Corps » ; la tête de l’homme, ronde, correspond au Ciel et à l’Esprit.

Son détachement du reste du corps au moment de la mort est sans doute à mettre en relation avec l’idée de perpétuité accordée couramment à l’Esprit.

Il existe plusieurs textes hagiographiques relatant des martyrs décapités ramassant leur tête et montant au ciel pour la présenter à Dieu et c’est certainement l’idée de « voyage » qui a inspiré les biographes des Saints Céphalophores.

Ce fait ne se retrouve pas seulement dans la mythologie chrétienne, elle a déjà été évoquée dans des traditions païennes comme Odin qui possédait une tête parlante, la tête de Bran, dans la mythologie Galloise qui continuait à festoyer et à parler avec les siens ou encore celle d’ Orphée qui malgré sa décollation continuait à murmurer le nom d’ Eurydice…

Saint Frezal fut longtemps une énigme et la science s’y intéressa le samedi 20 mai 1994 (1) en présence des Professeurs Henry Coudane (Professeur de Médecine Légale et Expert près la Cour de cassation), Daniel Rouge (Docteur en Sciences mention anthropologie, également Professeur de Médecine Légale et Expert près la Cour d’appel de Toulouse, le Docteur Philippe Maurin (cardiologue et expert près la Cour d’appel de Nîmes) et enfin le Président de la Confrérie de la Pouteille et du Manouls, Monsieur Jacques RILLOT.

La légende rapporte que « le 4 septembre 826, l’évêque Frezal aurait été décapité par son propre neveu ; le Saint évêque prenant alors sa tête coupée, la porta dans une marche prodigieuse jusqu’au lieu où son peuple, en larmes lui fit d’honorables funérailles non loin du bourg du Castroum de la Canourgue. C’est là dans un oratoire qui porte son nom et dépendant de l’ Ordre des Bénédictins, qu’il repose et qu’il y est honoré ».

A la demande de l’ Évêché de Mende et en présence aussi du Père Bouniol (responsable de la Commission d’art sacré à l’ Évêché de Mende), cette dernière avait demandé à ces éminents spécialistes d’une part d’effectuer toutes les constatations utiles concernant le squelette déposé dans un sarcophage de la Chapelle de Saint-Frézal, d’autre part, de déterminer les principales caractéristiques de ce squelette et surtout de déterminer les causes de la mort.

L’étude anthropologique a permis de dire que le sarcophage avait déjà été ouvert à plusieurs reprises (en 1628, 1872, 1894 et 1992), l’étude au carbone 14 a permis de dire que ce squelette correspondait bien à celui d’un homme âgé entre 45 et 50 ans et que sa mort remontait au début du IXème siècle (l’étude datant de 1992 parvenait déjà à ce résultat et ne s’opposait donc pas à ce que les ossements analysés soient considérés comme ceux de ce saint) mais l’étude médico-légale reste la plus importante car elle ne permet pas de relever un diagnostic de décapitation (par analyse des vertèbres cervicales); en revanche Saint-Frezal aurait subi une plaie de la calotte crânienne qui a emporté une partie de l’os pariétal et de l’os frontal gauches ( au niveau de l’ hémicrâne gauche)….Lésion vitale qui emporta le Saint et dont la « marche prodigieuse » fut certainement plus courte qu’on l’eût dit naguère

Toutes ces têtes parlent au nom de Dieu puisqu’elles sont séparées du corps, elles sont donc devenues de purs Esprits….

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Les Fontaines sacrées et les Saints guérisseurs :

« Dans l ‘eau, il y a bien plus que de l’eau, dans la fontaine bien plus que quelques pierres taillées et moussues ; dans ce frustre écrin il y a toutes les possibilités et les merveilles qui ont bercé les rêves de l’humanité naïve mais fervente, il y a les inquiétudes et les espoirs des souffrants et des affligés, toute la foi de ceux qui aiment, de ceux qui souffrent, de ceux qui prient », Yves Milon, Fontaines de Bretagne.

A travers cette ode à l’eau, l’auteur résume tout à fait la symbolique, le pouvoir, l’attraction de l’homme pour l’eau.

Symbole de vie, elle est essentielle et dirige les hommes, sans eau….pas de vie !

Les romains nommaient l’eau « lustrale », celle qui purifiait non seulement des lieux mais également des objets ou des personnages frappés d’impureté. Dans la Bible, le Livre des Nombres donne la recette de l’eau lustrale ; c’est ainsi que le lépreux guéri après avoir lavé ses habits et sa personne avec cette eau.

En Bretagne, presque toutes les fontaines « sacrées » sont des fontaines dites de guérison au regard du sens thérapeutique de l’eau et de ses bienfaits.

Comme les menhirs qui furent frappés de christianisation, les fontaines subirent exactement le même sort car les différents Conciles (d’ Arles, de Tours, de Nantes et de Tolède) condamnaient le culte des pierres, des arbres et des fontaines par leur destruction et leurs vénérateurs par un demi siècle d’anathèmes….

Les fontaines étaient alors reconnues par l’ Église dès lors que la santé était recouvrée après avoir adressé une prière à un saint, la plupart d’entre elles ont une « spécialité » bien précise.

Généralement la statue du Saint est représenté au centre la fontaine et les pèlerins priaient alors vers elle en espérant la guérison.

Le culte de Sainte Anne d’Auray est apparu à partir du moment ou Yves Nicolazic découvrit une statue de la Vierge en 1625 en plein champ. Depuis, une fontaine à trois vasques monolithique et une basilique y ont été construites (la fontaine a été construite en 1900).

On raconte que Saint Lunaire venait à Lutèce pour y rencontrer le fils de Clovis et qu’il aurait rencontré et guéri deux aveugles…. Près de sa fontaine à Plouër-Sur-Rance (22), on le prie pour les maux d’yeux.

Sainte Nonne alors enceinte du Roi Kérétig franchit un jour la mer et mit au monde un nouveau-né près de la commune de Dirinon…Elle est à présent louée pour que la naissance des nourrissons se déroule sans problème.

Pour guérir les brûlures, l’idéal est de rendre à la fontaine de Trévron (22) et de prier Saint-Laurent puisque ce dernier fut brûlé vif à Rome en 258 (ceci expliquant cela).

A Châteaulin (29), la statue de la fontaine est une vierge et les futures mamans versent un peu d’eau de la fontaine sur leurs seins pour favoriser la montée de lait…On appelle cette pratique le rite « d’ablution ».

Mais les fontaines ne concernaient pas seulement les humains, les animaux avaient leurs Saints et leurs Fontaines, certaines d’entre elles étaient réalisées avec une auge à proximité pour que les bêtes puissent s’abreuver.

A la chapelle Notre-Dame-De-Clérin (22) à Saint Clet, 5 fontaines sont érigées, de mêmes formes (triangulaires) devant lesquelles figurent des petits bassins entourés d’un muret et d’une margelle ; elles sont dédiées à Saint Cado (destinée à supprimer les plaies), Saint Blaise (censée supprimer les rhumatismes), Saint Antoine (pour les porcs) et Saint Éloi (protecteur des chevaux). Un pardon s’y déroule le dimanche après l’ascension.

Certaines fontaines étaient dévolues à faire la pluie et le beau temps ! A La Gacilly (56), le porteur de la Croix en procession avait pour habitude de tremper le pied dans le bassin de la fontaine pour faire tomber la pluie…

Au XIV ème siècle, Sire de Toulbodou avait fait vœu de construire une chapelle si la foudre l’épargnait…La chapelle fut édifiée en 1498 et la fontaine qui la borde fut construite en 1708 ; à présent les gens invoquent Sainte Barbe contre les orages.

Pour ne pas « polluer » la fontaine de tous les maux, on utilisait le vêtement du malade afin d’éviter tout contact, c’est ainsi que l’on plongeait dans l’eau de la fontaine, la chemise du malade fiévreux ou que l’on frottait son ventre avec des petits galets préalablement plongés dans l’eau de celle-ci pour guérir les coliques et les maux d’intestins ; on évoquait alors Saint Évent (Ewen en breton) et si le malade guérissait on rapportait le vêtement en guise d’ex-voto !

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Les épingles étaient largement utilisées en tant que médium, par exemple, les jeunes filles désireuses de se marier jetaient une épingle dans la fontaine Sainte-Barbe du Faouët (56) et si cette dernière restait coincée dans la fente au fond du bassin, le vœu était proche de se réaliser…

L’eau de la fontaine avait encore d’autre vertu comme celle de révéler la vérité… A Trigavou (Côtes d’Armor), la jeune fille qui priait Sainte Apolline et lançait une branche d’aubépine ou une croûte de pain dans la fontaine se voyait exaucer si cette dernière était emportée par le courant tandis qu’à Guimerc’h (Finistère), si la petite croix que la personne avait lancée dans la fontaine Saint Léger s’immobilisait….ses jours étaient comptés et dans ce cas il fallait qu’elle se rende dans la forêt de Brocéliande dite de Paimpont (Ille et Vilaine) à la Fontaine de Jouvence pour renouveler sans fin son éternelle jeunesse…

Selon les régions de Bretagne, on trouvera des fontaines « rustiques » comme celle de Barenton qui n’est composée que d’un petit bassin et d’une margelle ou des fontaines « sans voûtes » dont la niche n’est pas voûtée mais plutôt triangulaire et dont le bassin est assez étroit.

On trouvera encore des fontaines avec « simple voûte » comme celle du Quillio (22) dont un pardon a lieu le 8 septembre ou encore les « fontaines voûtées avec toit », généralement en double pente comme celle de Locqueltas dans le Morbihan (Mor = la mer, Bihan = petit(e)).

On peut aussi remarquer les « fontaines à gâbles », le gâble étant un pignon décoratif qui surmonte une porte ou une fenêtre, parfois décorés comme celle de Saint Nicodème à Pluméliau (56).

Comme les Calvaires monumentaux, on trouve aussi les « Fontaines monumentales » de l’ancien évêché de Saint-Pol-De-Léon et notamment celle de Sainte Ediltrude en Tréflez, Sainte Pétronille en Ploudaniel, Saint Jaoua, Saint Gouesnou ou encore Saint Goulven.

Elles sont généralement construites en pierre de taille dans une fosse protégée par un mur épais et l’on y trouve parfois des bancs de pierre sur deux étages et bien entendu s’y agence aussi une niche concave creusée au centre de la fontaine où la statue du Saint (local) y fait bonne figure.

A Guingamp (22), se dresse la Fontaine de la Pompe qui est une « fontaine urbaine » car située dans le bourg et non en pleine forêt ou en plein champ ! Certaines sont accolées à un édifice comme celle de Saint-Brieuc ou de Quintin qui sont respectivement adossées à un oratoire et à une maison.

Dans certaines villes, on peut découvrir des « fontaines multiples » car quasiment jumelles comme à Saint-Gilles-Pligeaux (22) où l’on pense que l’on pouvait prier Saint Jean.

La plupart des fontaines sont ornées d’une croix et parfois même d’un crucifix, ces édifices ont été aussi christianisés, au moins autant que les calvaires ou les menhirs, les plus célèbres d’entre elles sont les croix-fontaines de Saint Adrien (29) et de Notre-Dame-De-Lorette à Irvillac (29).

D’autres, encore, abritent plusieurs saints protecteurs dans leur niche, on appelle ces fontaines, les « fontaines avec groupes sculptés » comme la fontaine de la Trinité à Cléguérec (56).

Parfois et surtout rarement, certaines d’entre elles sont marquées aux armes d’une famille seigneuriale, on parlera alors de « fontaines armoriées » .

Plusieurs hypothèses laissent à penser que le seigneur était le bienfaiteur ou qu’il voulut affirmer sa propriété voire tout bonnement perpétuer le nom de sa famille.

Enfin, quelques rares fontaines sont appelées les « fontaines intérieures » car elles sont situées à l’intérieur des édifices religieux comme les églises ou les chapelles, les plus remarquables sont celles qui se situent dans la chapelle Saint Adrien à Saint Barthélemy (56) où deux sources alimentent chacune une fontaine ; on trouve également une source dans la chapelle de Saint Thégonnec et dans l’église de Silfiac (29) dédiée à Saint Nodez.

Dans un certain nombre de rites développés autour du thème des fontaines , le chiffre trois tient une place émérite , c’est un chiffre parfait, c’est le chiffre du triangle de la Trinité et plusieurs fontaines y sont destinées comme celles de Cléguérec, de Plouzané ou de Landivisiau.

La légende raconte que par trois fois on plongeait le futur baptisé dans la fontaine sacramentelle après avoir soufflé trois fois sur lui pour en expulser Satan ; d’ailleurs la célébration druidique célébrait le culte des trois déesses-mères….

Il serait laborieux d’entreprendre une liste des fontaines, menhirs, dolmens, cairns, tombelles, tumulus, tertres, tholos, mégalithes, croix, enclos paroissiaux, saints (thaumaturges ou non) tant il est vrai que nous pouvons en croiser au hasard des chemins et routes de Bretagne.

Ils sont là, près de nous, silencieux et majestueux, témoins d’un passé druidique en premier lieu puis christianisé.

Leur futur semble bien incertain tant les traditions semblent avoir du mal à perdurer à travers une société qui semble oublier, pour ne pas dire négliger certaines valeurs et croyances qui ont fait obtenir ses lettres de noblesses à ce peuple que l’on appelle « Ar Breizhonneg » ( Les Bretons).

Bibliographie :

Jacques Briard, « Dolmens et Menhirs » aux Éditions Gisserot

Eugène Royer, « Fontaines Sacrées et Saints Guérisseurs » aux Éditions Gisserot

Edmond Rébillé, « Pierres Légendaires » aux Éditions Jos

« La légende des Saints Bretons » par Anatole Le Braz (fruits d’une enquête entreprise entre 1892 et 1895)

« La légende de la mort chez les Bretons armoricains » par Anatole Le Braz

« La nuit celtique » de Donatien Laurent et Michel Tréguer aux éditions Terres de Brumes

(1) A l’occasion du travail effectué sur le squelette de Saint Frezal, un de nos éminents confrères participait officieusement à cette étude, il s’agissait de Paul Clerc, Maître Artisan thanatopracteur. Je le remercie de m’avoir fourni ces précieuses indications à travers le rapport d’expertise complet qu’il m’a fourni et qui m’a permis d’étayer cet article.

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