PFG-OGF, la vente des Pompes Funèbres Générales, le processus de cession

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La possible cession du Groupe OGF, « Omnium de Gestion et de Financement » souvent nommé  « Pompes Funèbres Générales »entraine l’apparition d’une multitude d’acteurs et de phases différentes avec des noms barbares… Funeraire-Info (F-Info) à interrogé Frédéric Lechevalier (FL), qui fait du conseil en rapprochement d’entreprises et levée de fonds pour vous éclairer et pour vous permettre de briller devant votre chef à la machine à café….

F-Info : Quel est le processus de cession?

FL :Astorg aurait recruté le cabinet de conseil en stratégie et management Bain & Company pour les aider à prendre les grandes décisions concernant le Groupe OGF. Bain & Company, n°1 mondial devant McKinsey & Company et le Boston Consulting Group intervient sur la stratégie, l’organisation, les opérations, la technologie et les fusions-acquisitions. Manifestement Bain & Company recommande de mettre en vente le Groupe OGF.

La première étape du processus est le choix d’une banque d’affaires mandatée par Astorg pour vendre le Groupe OGF. On dit que la banque a un mandat de sell-side. Elle va donc identifier les potentiels acheteurs intéressés par la cible et préparer un premier document, le teaser, présentant l’entreprise et ses performances.

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OGF / PFG

Dans le cas présent Astorg aurait mandaté Goldman Sachs, banque d’investissement crée en 1869 à New York qui a enregistré en 2012 pour son activité de conseil en fusions et acquisitions des honoraires de 1,35 milliards euros (en moyenne 1% de la valeur de la transaction). Dans le cas présent, sur la base d’une valeur du Groupe OGF estimée à 800 millions euros, Goldman Sachs facturerait 8 millions euros d’honoraires.

L’étape suivante est la sélection d’une liste plus restreinte d’acquéreurs potentiels ayant fait part de leur intérêt après avoir pris connaissance du teaser. La banque leur fait alors parvenir un IM (Investment Memorandum) plus communément appelé « pitch book ». Ce document contient les informations sur le développement stratégique de l’entreprise, une analyse macroéconomique, une analyse de l’industrie dans laquelle elle se situe, un descriptif de l’entreprise (ses actionnaires et son organisation), sa stratégie de vente et de production, et une analyse financière de l’entreprise.

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Les acquéreurs potentiels fortement intéressés par la cible après lecture de l’IM font une première offre qui n’a pas de valeur juridique, en anglais non-binding bid. Cette offre n’engage pas l’acquéreur et il peut encore se rétracter à ce niveau du processus de vente. A cette étape, Astorg peut négocier l’exclusivité, de manière à travailler de manière sereine sur la transaction.

Les acquéreurs potentiels accèdent alors à la Data Room. La Data Room est un lieu où sont regroupées toutes les informations confidentielles de l’entreprise. Aujourd’hui, la plupart des data room sont virtuelles et accessibles par internet. Afin de traiter toute cette information, procédure appelée Due Diligence, ou encore « Due Dil ».

L’acquéreur potentiel doit alors déterminer le prix qu’il est prêt à offrir pour l’acquisition. La valorisation est prise en charge soit en interne par un département de M&A dédié, soit en externe par une banque mandatée en buy-side.

Cette analyse s’appuie sur les méthodes de valorisation classiques, et notamment sur l’analyse des multiples sur les transactions comparables. Les méthodes les plus utilisés sont EV/EBITDA, EV/EBIT.

En cas d’accord entre la cible et un acquéreur, les deux parties signent un document appelé SPA (Share Purchase Agreement). Ce document est très important et comprend de nombreuses clauses qui peuvent être très techniques. Après la signature de ce document et la clôture de la transaction, les équipes de transaction services vont effectuer la PPA (Purchase Price Allocation), c’est-à-dire soumettre les actifs de l’entreprise acquise à un test de validité, ou impairment test, puis passer des Write-up et allouer le Goodwill.

Ainsi le processus de transaction M&A (Mergers and Acquisitions) est plus complexe que ce qu’il ne paraît lorsqu’une transaction fait la Une dans les journaux. Il implique de très nombreuses parties, qui engagent leur responsabilité sur différents domaines de compétence.

F-Info : Merci Frédéric pour cet éclairage, nous ferons de nouveau appel à vous pour suivre ce dossier et informer nos lecteurs

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FL : Merci à vous, je reste à votre disposition !

Pour aller plus loin :

Frédéric Lechevalier, conseil en rapprochement d’entreprises et levée de fonds (fl[at]mutualbenefits.com)

 

L’histoire de l’actionnariat du groupe PFG / OGF (source Wikipédia)

Joseph Ferdinand Langlè, il avait fait des études en médecine. Il dirigea tout d’abord la “Compagnie Générale des Sépultures“, puis en 1828, il fonda l’”Entreprise générale des pompes funèbres“, précurseur des PFG.

  • 1828 : Création des Pompes Funèbres Générales
  • 1920-1940 : Reprise des sociétés Roblot, Henri de Borniol
  • 1979 : La Lyonnaise des eaux, actionnaire majoritaire du groupe
  • 1995 : Service Corporation International (SCI) rachète la totalité du groupe OGF – PFG
  • 2004 : Entrée de Vestar Capital Partners dans le capital du groupe
  • 2007 : Entrée majoritaire d’Astorg Partners dans le capital du groupe
  • 2013 : ?

L’avis de Funéraire-Info

Le processus va être long au regard de la frilosité actuelle des marchés et des investisseurs, le prix qui circule d’une valorisation de 800 Millions d’euros nous parait (sans avoir vu le dossier) un peu surévalué.

Qui pourrait être en lice pour la reprise ? Roc-Eclerc ? La Banque publique d’investissement sous l’impulsion de Ségolène Royal et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif pour sanctuariser le monde funéraire dans un grand service public des funérailles et des obsèques ?  Un fond de pension ? Pierre Bergé ? Nous ne le savons pas mais nous vous tiendrons au courant.

Pour faire taire les rumeurs qui circulent, non nous n’allons pas nous positionner sur le rachat du groupe OGF, mais nous souhaiterions racheter un média papier du secteur funéraire et prendre des participations chez certains acteurs « Pure Player » du secteur du deuil sur internet dés que nous aurons bouclé notre augmentation de capital et nous allons lancer deux nouvelles initiatives sur internet pour que la profession, indépendants des pompes funèbres ou franchise et/ou groupe trouvent de nouveaux relais de croissance.

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