Promenade à Funexpo 2012

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Le salon Funexpo se tenait à Lyon du jeudi 15 au 17 novembre. Bien entendu, nous y étions. Et nous avons vu plein de choses. Premier compte-rendu.

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Eric Foveau, d’Afterweb, rencontre un utilisateur conquis par son système de retransmission vidéo de cérémonies funéraire

Bien entendu, tout ne se résume pas en un article. Nous y reviendrons plus en détail dans les jours qui suivent, et les nombreux contacts noués nous permettront d’approfondir et d’enrichir l’actualité funéraire dans les prochains mois. Les douze, en fait, qui nous séparent de Paris.

Du centre ville, la navette va directement jusqu’à l’immense site Eurexpo. Première surprise, le bus se vide au premier arrêt, le bâtiment principal. D’un autobus double à soufflet bondé, nous passons à quatre. Oui, à Lyon, en même temps, se tient le salon de la piscine. Manifestement, il intéresse beaucoup plus de monde.

A neuf heures pile, nous pénétrons d’un pas décidé dans le salon. Récupération des badges, descente du grand escalier, coup d’œil affolé autour de nous : on s’est trompé d’endroit ? Le comité d’accueil est en effet constitué de répliques des statues de l’île de Pâques, mais un bref coup regard aux stands voisins nous rassures : des corbillards, des plaques, on n’est pas au salon du tourisme, mais bel et bien à Funexpo. Bon, certes : il est aussi question de voyage, mais celui-ci a un côté définitif.

Il y a peu de monde dans les allées. Notre premier tour de repérage en est facilité. De quoi entendre râler dans tous les coins.

Tempus fugit

« C’était mieux avant » semble la phrase la plus souvent prononcée, dans un élan réactionnaire qui ferait pleurer Eric Zemmour de bonheur. Une heure après le début du salon, les exposants sont déjà prêts à signer son certificat de décès. Pas de précipitation, on a trouvé l’explication. Le salon, habituellement programmé du vendredi au dimanche, a eu lieu cette année du jeudi au samedi, ce que beaucoup n’ont pas compris. Calme le jeudi, la fréquentation a été importante le vendredi et le samedi.

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Philippe Gentil, président de Pascal Leclerc, entouré de Marie-Ange Del Giovare et de Jennyfer Warin, chargées de développement

Roc Eclerc est là, en position quasi-centrale, juste à côté du stand des organisateurs. Le numéro deux Français occupe un immense stand, parsemé de tables façon bar et de salons douillets. Rien à acheter, rien à vendre, mais un accueil très agréable : le groupe est venu rencontrer le monde du funéraire et entretenir les liens, et ils le font très bien.

Pas d’OGF, en revanche : le groupe ne voit pas l’intérêt d’avoir un stand sur les salons, peut être, ce qui peut se comprendre : pas de franchisés, pas ou peu de vente en B to B, la maison mère des PFG n’a rien à en retirer. Mais pas totalement absents, néanmoins : ici et là, avec un badge visiteur, on croise une directrice de marque ou un directeur de secteur opérationnel du mastodonte, venus en curieux.

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Michel Leclerc et son fils Florian, directeur du Sublimatorium

Au détour d’une allée surgit une véritable rock star, Michel Leclerc, qui jette un regard circulaire tandis que son Fils Florian négocie le référencement d’un fournisseur. Après un échange de saluts, le tombeur du monopole nous explique qu’il vient d’arriver, et compte bien faire le tour du salon, prendre un petit peu le pouls de la profession.

Il sera déjà tard le soir, lors du discours d’ouverture, ou Alain Hoffarth et Roger Schvartsman, coprésidents de la FFPF et Florence Fresse, déléguée générale de la Fédération Française des Pompes Funèbres (FFPF) accueilleront les visiteurs lors d’une petite cérémonie de bienvenue, suivie d’un verre de l’amitié bercé par un orchestre de chambre.

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Cedric Ivanes président du syndicat des thanatopracteurs (SPTIS)

Un salon, c’est aussi l’occasion de rencontrer des personnes avec lesquelles on correspond, avec qui même parfois se tissent des liens d’amitié, et que l’on n’a, paradoxalement, jamais rencontrées « en vrai ». C’est le cas par exemple de Cédric Ivanes, le président du SPTIS, prêt à arpenter le salon durant ses trois jours. Encore frais et dispo, on n’est que le matin du premier jour, et ce Lyonnais d’adoption joue à domicile. Il ignore encore qu’il fera, dans les 72 heures à venir, une consommation de café propre à faire exploser le prix de la matière première, ainsi que la désagréable expérience d’aller chercher sa voiture en fourrière pour avoir oublié, en rentrant chez lui, que le vendredi est jour de marché. Il est tout à fait pardonnable : un salon, c’est un peu en dehors du temps.

C’est également le cas de Nathalie Maurand, de BelleStèle33, qui ne s’attendait certainement pas en faisant l’aller-retour Bordeaux-Lyon dans la journée, à se retrouver habillée en veuve du siècle passé dans un corbillard d’époque, magnifique pièce de la collection personnelle d’Yvan Lavallade, venu faire la promotion de son excellent ouvrage sur les véhicules funéraires anciens.

L’ancien est d’ailleurs au rendez-vous : comme l’explique un commercial en matériel pour marbriers à qui j’ai demandé de me montrer ses nouveautés, « Des nouveautés, on n’en a pas vraiment. On a des versions améliorées de matériels bien connus. ». C’est vrai que les réelles révolutions ne courent pas les allées, et attirer les clients potentiels pour lui expliquer les spécificités de son produit s’avère compliqué.

Les jupes des filles

Une loi de mauvaise foi est d’ailleurs maugréée par notre rédacteur en chef, que l’augmentation progressive du poids de sa sacoche s’emplissant de documentation et un mal de pieds persistant suite aux kilomètres de piétinement ont mis de mauvaise humeur « Moins il y a de nouveautés sur un stand, plus la jupe des hôtesses est courte ». Faux dans les faits, toutefois.

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Benjamin Rivaud frappe fort, déjà, pour Paris 2013

Certains ne comptent pas sur d’accortes hôtesses pour alpaguer le chaland. FAPE Obsèques frappe fort avec son circuit de petites voitures (des cercueils), sur lequel des courses sont organisées. Chaque soir, le plus rapide remporte un chèque. Amusant, original, vraiment sympathique, Mario Metta, directeur général adjoint ne cache pas sa satisfaction « Nous essayons de trouver quelque chose de différent à chaque fois ». On a hâte de voir ce qu’ils imagineront pour la prochaine édition.

Inutile de chercher à alpaguer des clients pour les vendeurs de corbillards. Déjà, au vu de l’espace occupé, ensuite parce qu’ils avaient sorti l’artillerie lourde avec des modèles sublimes, enfin parce qu’ils avaient même prévu la piqûre de rappel avec un espace occasion très bien pensé. A presque 140 000 euros certains modèles neufs, c’est gentil de leur part de penser à la crise. Benjamin Rivaud, patron de l’entreprise de limousines Rivaud, lance une petite bombe en exclusivité à Funéraire Info : il va faire gagner, au salon de Paris en 2013, une limousine sur son stand. Du jamais vu.

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Funexpo, c’est aussi l’occasion de rencontrer des personnages importants ou en devenir de l’industrie funéraire. Philippe Gentil, président du groupe Pascal Leclerc, nous reçoit aimablement, pose quelques questions sur Funéraire Info avant un échange de vues sympathique et décontracté sur le funéraire. Sandrine Thiéfine, présidente de Roc Eclerc, nous accorde un entretien alors que nous la croisons dans une allée, après avoir précisé très gentiment qu’elle nous lisait. A l’heure dite, elle nous impressionne par son calme et son attention au soir du second jour de salon, alors que, constamment sollicitée, elle n’a pas eu une minute pour souffler. Dans les deux cas, quelques questions sur notre journal avant de rentrer dans le vif du sujet. Clairement, nous avons eu l’impression de passer un examen de passage, et de le réussir. Funéraire info est adoubé, nous sommes désormais un média avec qui on peut parler.

La plupart des réseaux sont là. Olivier Hecquet du Voeu, dans les allées, cherche le nouveau produit qu’il distribuera dans son réseau, Jean-Pierre Guillermin de Facultieve Technologies (HYGECO) est heureux du succès rencontré par l’atelier animé par ses thanatopracteurs et pas les contacts récoltés. Nous saluons Pierre Vidallet de l’UGCF que nous avons eu l’occasion d’interviewer en nos colonnes. Souriant sur leurs stands, accueillants et disponibles, les grands professionnels du funéraires sont ravis de présenter leurs sociétés et leurs projets, comme Philippe Martineau du choix funéraire ou Thierry Ceotto de Funéris.

Quoique parfois, parler soit difficile. Certains exposants arrivaient de l’étranger, et eu d’entre eux avaient prévu un interprète. Anglais hésitant, pantomimes pour se faire comprendre, pas simple.

Rumeurs

Le funéraire est un microcosme, et il bruisse de rumeurs. Nous rions avec la directrice de Résonance, Maud Batut, du prétendu rachat de son magazine par le nôtre, alors que nous avons entendu exactement l’inverse. Bien entendu, personne n’a racheté personne. Plus tard, j’entends que Guillaume Bailly, de Funéraire Info (c’est moi, ça !) est marié avec la fille d’un cadre dirigeant d’un grand groupe funéraire. Mince, moi qui croyait que Beau-papa travaillait dans les travaux publics du Nord Pas de Calais, c’est un choc.

A la cantine, autre lieu de rencontres, nous saluons Meziane Benarab, de l’OFPF, qui salue la bonne tenue du salon. Le vendredi soir, nous dînons avec Claire Sarazin et son équipe, tout juste arrivés sur Lyon alors que nous sommes sur le départ. Nous n’avons pas eu le temps de voir tout le monde, à notre grand regret.

Voilà. Quoi, c’est tout ? Non, évidemment. Nous n’avons pas parlé des marbriers, des fabricants de cercueils, des assureurs, des génies parfois qui, avec un simple bout de carton, font une merveille, des démonstrations de thanatopraxie, et du vin, puisque la FFPF avait invité un producteur de Beaujolais à l’occasion du troisième jeudi de novembre. Mais cette semaine sera spéciale salon, on prendra le temps de vous parler de tout ça, alors, restez avec nous, vous saurez tout avant tout le monde.

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