Tous immortels demain (partie 2)

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« Partir, c’est mourir un peu. Mourir, c’est partir beaucoup »

Alphonse Allais

 

La première partie de l’article se trouve ICI.

Conscient de sa propre mortalité, l’homme n’a de cesse de repousser les limites de l’ultime frontière, la mort, et dispose pour cela d’un instrument absolument unique dans le règne animal : des laboratoires high tech.

Comprendre la mort

ADN-300x240 Tous immortels demain (partie 2)La première étape, bien entendu, consiste à comprendre pourquoi l’on meurt.

Si l’on se promène dans les rues de Brest, équipée d’un nouveau transport en commun depuis moins d’une semaine, que l’on s’arrête au milieu d’une voie pour s’allumer une cigarette malgré le vent toujours important dans la cité du ponant, et que l’on se fait heurter par cinq tonnes de tramway lancé à 70 kilomètres heures, la cause du décès est évidente : le tabac.

Mais si l’on mène une vie rangée, saine et attentive à son environnement, l’on est tout de même assuré de mourir. Plus tard, généralement, mais le trépas est inévitable. Et il ressemble à une agonie au ralenti : décrépitude physique, parfois mentale. Le corps qui perd peu à peu ses capacités, les articulations qui semblent se gripper, parfois nécessitent d’être remplacées. Les organes qui faiblissent. Les rides, les cheveux blancs, à ceux qui en ont encore… La vieillesse, symptôme qui mène à un seul diagnostic, fatal.

Pourtant, techniquement, il n’y a aucune raison valable pour que cela arrive.

La mort pour les nuls

Le passage qui suit, quoique exact, a été considérablement simplifié. Nous nous en voudrions de causer des désagréments aux puristes.

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L’on sait que les cellules se multiplient et se reproduisent. Elles ne sont pas immortelles, loin de la, bien entendu, mais elles se renouvellent constamment. Leur nombre est capable de croître : le nombre de cellules qui constitue un adulte moyen est très supérieur à celui qui constituait l’enfant qu’il a été. Pourtant, quoique l’individu soit le même, ce n’est pas lui, d’un strict point de vue cellulaire. Prenons un exemple, que nous nommerons d’un prénom à la mode, François.

François est un bel enfant qui fait la joie de ses parents. Quatre vingts ans plus tard, François est un distingué vieillard qui fait rire les aides soignantes à la maison de retraite avec ses plaisanteries. L’on pourrait se dire : c’est lui. Certes, il a moins de cheveux, moins de dents, plus de rides, que sais-je encore ? Mais il a toujours ce sourire charmeur qui a su envoûter son épouse bien-aimée, ces yeux rieurs qui ont fait la joie de ses amis, mais mettons à côté l’un de l’autre François enfant et François adulte : ils n’ont aucune cellule en commun. Toutes celles qui constituaient l’enfant ont fini par s’user, mourir et disparaître, remplacées par d’autres.

Au bout d’un moment, certaines de ces cellules vont finir par arrêter de se remplacer, ce qui va petit à petit affaiblir le corps. Lorsqu’il sera suffisamment faible, il mourra.

Le mystère

Tout le mystère consiste à expliquer pourquoi, à un moment donné, les cellules vont cesser de se reproduire, ou vont modifier leur cycle de croissance pour entamer un cycle de dégénérescence. L’on sait que c’est l’ADN qui fournit le plan cellulaire du corps, donne le rythme de reproduction des cellules, organise la vie de tout l’organisme. Ce qu’on ignore encore, c’est si la dégénérescence cellulaire est inscrite dans l’ADN. Rationnellement, il suffirait de peu pour que nous ayons vingt ans toute notre vie, qui serait infini à partir du moment ou l’on boit, respire et mange.

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Est-ce que l’ADN qui porte notre toute existence a inscrit en lui l’ordre d’autodestruction ? Et si oui, pourquoi ?

C’est là-dessus que la science travaille. La dessus et sur une autre grande question : comment changer la ligne de code qui nous condamne à mourir ? Comment éviter l’issue fatale ?

Un scientifique a déclaré récemment : « le premier homme qui vivra jusqu’à cent cinquante ans verra naître le premier homme immortel ». On y est presque.

Nous verrons, la semaine prochaine, ou en est exactement la recherche, puis, dans les épisodes suivants, les problèmes que posera la résolution de ce problème-ci.

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