Tous immortels demain (partie 4)

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Imaginons : ça y est, le délicat problème de la télomérase est résolu, la recherche a enfin trouvé la Solution,qui teint dans une piqûre que l’on fait aux enfants avec leurs vaccins : arrivé à un bel âge, disons trente ans, l’on cesse de vieillir, et l’on est immortel. Parfait ? Pas tant que cela…

Immortalité, les problèmes sont dans la tête

mémoire-259x300 Tous immortels demain (partie 4)Bien entendu, les quatre cent premières années demandent de gros efforts d’adaptation, mais tout se passe bien, jusqu’au jour ou le drame survient. Certes, le corps ne vieillit plus, et les capacités musculaires et mentales restent intactes. Toutes ? Toutes, même pas une irréductible qui résiste. Un jour, la mémoire vient trouver la conscience : « Bonjour chef, j’ai un problème »

« Oui, je t’écoute » rétorque la conscience.

« Bon, eh bien j’ai stocké les informations que j’ai apprises ces quatre cent dernières années, j’ai fait le tri de tout ce qui ne sert plus, mais là, je n’ai plus de place. Du tout ».

Le problème, c’est de vouloir affronter l’infini du temps avec un outil fini. Et la première chose finie dont on atteindra les limites, c’est la mémoire. Certes, l’on pourra objecter que les sciences, menées tambour battant par des chercheurs qui ont, pour le coup, tout leur temps, aura fait faire de gros progrès aux neurosciences, mais l’on pourra arriver à des situations ou l’on cherchera frénétiquement la clé neuronale, l’équivalent cervical d’une clé USB, ou l’on aura stocké le nom de ses parents, afin de ne pas commettre d’impair au dîner dominical.

L’adjonction de périphériques de stockage prouve une chose : l’homme n’est pas conçu biologiquement pour être immortel.

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Immortalité, les problèmes Terre à Terre

Bien entendu, c’est biologique autant que social, l’humain conservera sa capacité à se reproduire. Et son instinct le poussera à croître et se multiplier. Les préconisations des religions n’y sont pour rien, c’est biologique. Les immortels vont donc croître et se multiplier.

La quantité de ressources à produire dans cet espace fini qu’est notre planète dépassera bientôt ses capacités de production, même après l’instauration d’un système rationalisé de rationnement et de productivisme à côté des quels kolkhozes et sovkhozes managées façon goulag ressembleront au paradis. Famines et guerres, qui seront toujours l’une comme l’autre létales, seront endémiques.

Il reste la solution de l’expansion spatiale : la distance entre notre Terre et les planètes habitables ne seraient théoriquement plus un problème, quand on dispose d’un temps illimité et d’un jardin hydroponique basé sur un recyclage parfait.

Les journaux de l’époque ne tarderont pas à relater, au bout d’un temps assez brefs d’à peine quelques milliers d’années, les récits de colons qui se seront entre-tués, fatigués de voir toujours les mêmes têtes jour après jour.

La biosphère de l’homme n’est pas conçue pur accueillir des immortels.

Immortalité, tout est dans l’esprit

Finalement, tous les problèmes sont résolus. L’humanité a colonisé quelques planètes, et un petit malin a même réussi à terraformer Mars, transformant la planète rouge en villégiature pour riches. Le jeu des intérêts bancaires multipliés par l’infini faisant leur effet, tout le monde est riche.

La seule crainte de l’homme est l’accident, la maladie ayant fini par être vaincue.

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A quoi aboutirions nous ? A une société de veules, hyper sécurisée et aseptisée, d’immortels craignant pour leur vie. Ou bien, paradoxe, à une société d’extrémistes mettant sans cesse leur vie en danger, pour ressentir quelque chose de neuf. Sans doute une société faite d’un mélange des deux.

Sans compter un symptôme fréquent : le spleen, cette sensation de vacuité face au temps qui passe. Auront lieu alors certainement des suicides en masse de gens lassés du jour présent et n’ayant rien à attendre d’autre que des lendemains tous semblables, à l’infini.

La liste serait encore longue. Mais nous ne sommes pas immortels, et la semaine prochaine, il sera temps de trouver une conclusion à cet article.

La première partie se trouve ici

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