“Une révolution rituelle, accompagner la crémation” de François Michaud-Nérard

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François Michaud-Nérard, directeur général des Services Funéraires de la Ville de Paris, a publié il y a quelques mois un opus, « Une révolution rituelle », toutefois que nous avons lu pour vous.

Du général au particulier

URR-210x300 "Une révolution rituelle, accompagner la crémation" de François Michaud-NérardSi le livre est court, son contenu est abondant, voilà pourquoi nous avons fait le choix de le chroniquer en deux parties. En effet, François Michaud-Nérard dresse d’abord, dans les trois premiers chapitres, un constat du rapport au funéraire aujourd’hui en France, avant d’aborder le vif du sujet, à savoir en quoi la crémation bouleverse-t-elle les modalités des obsèques aujourd’hui.

Le livre s’ouvre sur une introduction concise durant laquelle l’auteur expose la problématique qu’il va soulever. Huit chapitres s’ensuivront, avant la conclusion. Des annexes aideront ceux qui cherchent à en savoir plus et poseront certaines problématiques qu’il est intéressant de connaître pour tout opérateur funéraire. Une bibliographie complète l’ouvrage. L’ensemble fait moins de deux cent pages, dues non à un manque de profondeur, mais à la qualité principale de Michaud-Nérard l’auteur, à savoir la concision.

Un auteur clair, concis, efficace

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François Michaud-Nérard

Le livre est facile à lire. François Michaud-Nérard ne se prend pas pour Proust et ne cherche pas à en mettre plein la vue. L’on sent toutefois le lettré derrière la plume, et le style, tout à fait fluide, se fait oublier volontairement pour mettre en avant le propos. On appréciera, comme nous l’avons évoqué, une concision bluffante. Alors qu’il faut une page à certains pour expliquer la différence entre un contrat obsèques de banque ou d’assurance et un contrat obsèques de pompe funèbre, François Michaud-Nérard le fait en sept lignes, pas une de plus.

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Sans doute est-ce dû au public visé : l’auteur sait probablement que son livre sera lu par un public précis, initié au sujet ou du moins qui s’interroge. Il présuppose un minimum de connaissance et surtout, c’est flatteur, l’intelligence de son lecteur, évitant par là même la répétition insistante ou des détails superflus.

L’on échappe donc à un exposé académique pontifiant ou au manifeste d’un écrivain autoproclamé, pour trouver dans ces pages un ouvrage construit, clair et argumenté. Ce qui est plus rare qu’on ne le pense en littérature « professionnelle ».

Les premiers chapitres

Même si l’intérêt principal du livre réside dans les cinq derniers chapitres, axés sur la crémation, les trois premiers chapitres, qui exposent la problématique et le postulat de départ, ne manquent pas d’intérêt.

François Michaud-Nérard y expose d’abord l’évolution des mentalités par rapport à la mort, en les corrélant avec l’évolution des pratique sociétale, comme par exemple la mort médicalisée à l’hôpital se substituant à la mort familiale, entouré de ses proches au domicile. De même, le passage sur la mort d’aujourd’hui, sédatée et invisible, contre la mort d’autrefois, lucide pour « en profiter jusqu’au bout » est bien observé et particulièrement intéressant. L’on songe à Anne Carol, curieusement absente de la bibliographie.

Le chapitre 2 aborde de manière succincte la crémation, et les changements qu’elle a pu apporter au processus funéraire dans la société. Au passage, la leçon de sémantique sur pourquoi le terme crématiser s’impose face à celui d’incinérer est imparable, et rien que pour cela, le livre devrait être offert aux présentateurs de journaux télévisés qui ne sont jamais à une horreur sémantique près.

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Le chapitre 3 est lui consacré aux dernières volontés, source de conflit et d’incompréhension entre les morts et les vivants. Métaphoriquement, bien entendu. Mais tout professionnel du funéraire se retrouvera dans l’argumentaire et les exemples qui l’illustrent. L’importance du terme « conseiller » dans le « conseiller funéraire » y est finement souligné, en filigrane.

Un sujet brûlant

Mais c’est la crémation qui constitue le cœur du livre, le sujet brûlant (vous ne pouviez pas y échapper NDLR) ; ces cinq chapitres valent bien un article à eux seuls, que nous y consacreront la semaine prochaine. En attendant, vous pouvez toujours acquérir le livre, le petit libraire près de chez vous ne manquera pas de vous le commander et vous le fournir dans les plus brefs délais. C’est une lecture qui passionnera tous les professionnels du funéraire.

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1 commentaire

  1. Bonjour François, C’est avec surprise et plaisir que j’ai entendu ton nom en écoutant récemment France Culture dans la voiture alors que je me rendais au terrain d’ULM ou je pratique cette activité. Toutes mes félicitations pour ton parcours et ton dernier ouvrage (que je n’ai pas encore lu). En voyant ta photo sur le Web j’ai eu la confirmation qu’il s’agissait bien du “Para” que j’avais eu l’occasion de rencontrer à Nouméa…j’ai toujours une série de photos que tu m’avais offert lors d’une visite d’un ranch sur la côte ouest. De mon côté, j’ai quitté la région Parisienne en 87 pour m’installer à mon compte à Bourges (18). Je pratique l’activité de photographe et de concepteur graphique pour l’édition et la publicité et j’ai un fils (Louis) qui a aujourd’hui 23 ans. Je garde un très bon souvenir des trop rares échanges que nous avons pu avoir pendant la période 74/75 ou j’appréciais ta curiosité et ta subtilité. J’aurai grand plaisir de recevoir de tes nouvelles ou même de te rencontrer. Bien amicalement. Bernard Poisson.

     

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