Voyageur, si tu passes par les Thermopyles…

0
3361

Si vous empruntez l’autoroute, ou le train, en Grèce, vous dirigeant vers le Golfe Malique, et en traversant le Kalimodro, vous apercevrez, au sommet d’une montagne, un monument moderne, construit pour protéger une simple pierre.

Et si d’aventure vous en aviez l’occasion, et que vous alliez contempler cette pierre, vous pourrez y lire quelques vers du poète Simonide de Céos.

Un contre un

lamia-thermopyles-leonidas-monument-300x137 Voyageur, si tu passes par les Thermopyles...
Monument des Thermopyles

Xerxés avait été élevé dans la haine de la Grèce. Son père, Darius, avait subi, dix ans auparavant, une défaite dont il ne s’était jamais relevé, à Marathon. Mais Xerxés est confiant : il a avec lui 200 000 hommes, 70000 animaux, chevaux et bétail, et il a déjà conquis la Grèce du Nord. Son habile manœuvre de contournement a déstabilisé l’armée Grecque, qui s’est repliée pour réorganiser sa défense. Xerxés n’a pas l’intention de lui en laisser le temps. La voie s’ouvre devant lui vers Athènes et Spartes, en faisant franchir à ses troupes ce défilé dans les montagnes du Pinde. Une formalité. Devant lui, pour lui barrer la route, mille hommes, 300 hoplites spartiates et 700 hommes des cités de Thèbes et de Thespies, la plupart des civils armés à la va-vite. A un contre deux cents : le plus long serait de tuer les Grecs, l’affaire devrait être entendue en une heure.

300-les-Spartiates-aux-Thermopyles-300x224 Voyageur, si tu passes par les Thermopyles...
Phalange Spartiate

Léonidas était déterminé. Ses Spartiates sont, tous les 300, des soldats professionnels, et si les 700 autres sont des civils mobilisés, ils n’en restent pas moins déterminés à défendre leurs familles. Leur mission n’est pas de rejeter Xerxès à la mer. Leur mission est de tenir le plus longtemps possible de défilé des Thermopyles, pour permettre à Spartes et Athènes d’organiser leur défense. Le plus longtemps possible, c’est à dire tant qu’il restera un homme debout pour se battre. Ce que sait Léonidas et qu’ignore Xerxès, c’est que les 1000 hommes ne sont pas ici pour se battre, ils sont ici pour mourir.

Lire aussi :  Décapitation : La guillotine comme outil de la Terreur

Un contre deux cent

thermopyles-e1480003992690-204x300 Voyageur, si tu passes par les Thermopyles...
Plan des Thermopyles

Xerxés envoie une partie de son armée régler le problème. Ordre leur est donné d’amener les Grecs vivants devant lui. A sa grande surprise, les minutes deviennent des heures, et les heures forment une journée, et les Grecs ne sont toujours pas vaincus. Au contraire : protégés par l’amoncellement de cadavres Perses qui s’empilent, leurs rangs forment toujours cette phalange indestructible qui fait leur spécificité.

Fou de rage, Xerxès envoie ses troupes d’élite, les Mélophores. Les Spartiates font mine de se replier, puis, lorsque les perses sont suffisamment enfoncés dans le défilé, les Grecs se retournent et les massacrent.

Le premier jour s’achève en rouge sur le défilé des Thermopyles.

Le deuxième jour, Xerxés ordonne un nouvel assaut massif, arguant que les Grecs sont épuisés et qu’ils comptent trop de blessés dans leurs rangs pour tenir. C’est sans compter le moral des Spartiates, pour qui mourir au combat est un honneur, et celui de sa propre armée, découragée et démoralisée d’avoir vu ses meilleurs soldats écrasés par les hommes de Léonidas. Le soir tombe sur un nouvelle défaite Perse. Xerxés se retire dans sa tente et songe même à repartir. Mais le soir, Léonidas est trahi par un certain Éphialtès, fils d’Eurydémos, un citoyen de Malia, qui livre aux Perses le moyen de contourner l’armée grecque, par le sentier d’Anopée. Ce chemin n’est défendu que par un millier de soldats de Phocide qui se replient quand les Perses arrivent.

Et le troisième jour…

Se sachant perdus, les Grecs changent de stratégie et avancent jusqu’au milieu des Thermopyles. Xerxés lance un nouvel assaut massif, durant lequel Léonidas est tué. Les Spartiates se rassemblent alors autour de son corps pour le défendre. Leur infériorité numérique est accrue avec l’arrivée des Perses menés par Ephialtès et Hydarnès. Ils se replient avec le peu d’armes qu’il leur reste sur le mont Kolonos, mais l’intervention perse leur est fatale et ils sont tous massacrés sur ordre de Xerxès.

Lire aussi :  Les Unes célèbres de l'Histoire : Concert aux Catacombes de Paris

La victoire de Léonidas

thermopyles1-300x225 Voyageur, si tu passes par les Thermopyles...
Le roi Léonidas, vainqueur des Thermopyles

Les 300 Spartiates sont morts. Parmi les 700 soldats Grecs, une partie a été massacrée par les troupes de Léonidas, l’autre s’est rendue et a eu la vie sauve. Les 300 hoplites de Léonidas ont, à eux seuls, tués 20000 Perses et suffisamment désorganisé les plans de Xerxès pour qu’il prenne sept jours de retard. Largement de quoi, pour les cités Grecques, réorganiser leur défense.

Xerxés parvint jusqu’à Athénes, qu’il mit à sac. Mais le roi était en réalité tombé dans une embuscade : son armée embarquée sur sa flotte impressionnante se fait prendre de travers par les bateaux Grecs, qui les éperonnent. Sa flotte est anéantie, et Xerxés s’enfuit en Perse. Il est assassiné lors d’un complot ourdi par l’un de ses ministres.

2500 ans plus tard, au sommet d’un mont qui surplombe les Thermopyles, protégé par un monument tout à fait moderne, sur une pierre patinée par les siècles, Simonide de Céos a gravé : « Passant, va dire à Sparte qu’ici nous sommes morts pour obéir à ses lois. »

Votes !

LAISSER UNE RÉPONSE