11 novembre 2015, centenaire d’une année sinistre

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Après la guerre en mouvement de l’année 1914, les champs de bataille disparaissent au profit des tranchées. C’est la guerre de position. Des deux côtés du front, de lourdes erreurs stratégiques envoient les hommes à la mort par milliers.
1915, l’année des premières fois

L’année 1915 commence, le 19 janvier, par une première dans l’histoire militaire, le bombardement aérien de civils par un Zeppelin au Royaume-Uni, ainsi que le 21 mars, quand ce même dirigeable bombarde Paris. Pendant toute la guerre, les dirigeables vont terroriser les citadins français et anglais.

En février, les premiers avions armés d’une mitrailleuse, les Vickers F.B.5, équipent une escadrille de chasse britannique du Royal Flying Corps. Le gouvernement allemand proclame « zone de guerre » les eaux territoriales britanniques et c’est le début, pour la première fois dans l’histoire, de la guerre sous-marine. En riposte, le 1er mars, les Alliés étendent leur blocus à la totalité des marchandises allemande tandis qu’une flotte britannique sort victorieuse d’un combat avec une escadre allemande près du Dogger Bank, en mer du nord.

La guerre d’usure

La guerre se prolonge et devient une guerre d’usure qui met à l’épreuve tant les forces morales que matérielles des combattants. Les états-majors veulent « saigner à blanc » les armées adverses. Les Russes lancent une attaque dans les Carpates, mais doivent faire face à une grande offensive des puissances centrales, les Turcs étant également passés à l’attaque au Caucase pour prendre les armées russes à revers.

Pour tenter de soulager la pression sur les Russes en attirant le maximum de troupes allemandes vers l’ouest, Français et Britanniques lancent assaut sur assaut en Artois, puis en Champagne, le 16 février. Le 20 février, Reims est bombardée par les Allemands. La tentative de percée française est un échec et la bataille de Champagne se termine le 20 mars. Ces offensives de 1915 ont réussi à bousculer quelque peu les dispositifs allemands, mais c’est au prix de pertes alliées effroyables. Le haut-commandement allié doit constater l’insuffisance des moyens d’attaque, particulièrement en artillerie lourde, domaine dans lequel l’Allemagne possède une supériorité incontestable depuis le début de la guerre.

La guerre chimique

Le 22 avril, une autre innovation apparaît : les gaz asphyxiants sont utilisés par les Allemands à Steenstraate et à Ypres contre les Belges et les Anglais. L’effet est immédiat et foudroyant.

Mais jamais les Allemands ni les Alliés, qui l’essaient à leur tour, ne procèdent à une utilisation systématique. Contrôlant mal le mouvement des vents, les uns et les autres craignent que les nappes ne se retournent. Or, les soldats alliés ne sont pas équipés pour occuper les zones infectées. Aussi, l’emploi des gaz ne permettra jamais de remporter plus qu’un succès local.

Bilan de 1915

Il n’existe pas de bilan spécifique à l’année 1915 en France. Après les débuts de la guerre en 1914 et avant les grandes offensives de 1916, les tranchées de 1915 ressemblent à une terra incognita.

Sujet tabou, aucun chiffre n’est communiqué pour les déserteurs, ou « abandon de postes au combat » : quand un déserteur était interpellé, soit il était victime d’une exécution sommaire, d’un officier, ou d’un sous-officier, soit c’était le peloton d’exécution. il y aurait au moins plusieurs milliers de cas. Rares étaient les déserteurs qui fuyaient à l’étranger.

Plus de 300 000 soldats Français sont portés disparus, et le plus grand nombre ne seront jamais retrouvés. il faut prouver la mort d’un soldat disparu, souvent par des décisions judiciaires, après 1918. Plus de 670 000 corps de soldats, toutes nationalités confondues, seraient encore disparus et enterrés anonymement sur le front occidental.

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