15 Octobre : Journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal

1
395

Pour ne pas oublier. Le 15 Octobre est la journée nationale du Deuil périnatal. Cérémonies, hommages, parents et familles s’organisent aujourd’hui afin de commérer la mémoire de ces petits êtres partis trop tôt et de rappeler à la société de ne pas les oublier.

Pourquoi nous ? C’est la question que se posent les mères et pères qui vivent de plein fouet le deuil périnatal. C’est une injustice bouleversante, destructrice où deuil rime avec culpabilité.

La maternité

Certains parents se séparent après le décès d’un enfant ou d’un bébé, le deuil est trop lourd à porter et avec ce cœur et ce corps qui meurent c’est tout un projet de vie qui meurt avec lui. Le désir de maternité disparaît, le temps est figé, c’est le moment, non du souvenir mais de la résilience et de la réminiscence.

Et puis un jour la peur que ça recommence se transforme en combat de toute une vie. Le sillon dans lequel s’écoulaient les larmes sur le visage s‘assèche, le sourire s’essaie à une nouvelle esquisse. Le ventre s’arrondit, la peur est toujours là mais les pleurs et cris qui arrivent ne seront plus de chagrin mais ceux de ce nouvel être, à part entière.

Le combat

Juridique, administratif, nous faisons le point chaque année, mais chaque année les choses ne changent pas. Le tabou sur la mort est en cause, certes, mais le deuil périnatal est quelque chose que la société ne veut pas voir. Elle ne sait pas le gérer. Dans une époque plus réparatrice que préventionniste, elle se contente de mettre un pansement sur des plaies qui ne peuvent pas cicatriser.

Le collectif

Marches, associations, hommages, les parents s’organisent non seulement pour rendre hommage mais également trouver du réconfort en communiant ses chagrins. L’expiation par la catharsis collective.

Le travail de deuil commence le jour où la peine est reconnue

La violence des carences juridiques

Le problème de la législation en France empêche parfois les familles de ces rites primordiaux. Les lourdeurs administratives et la maladresse étatique conduisent certaines familles dans un désarroi total. Un enfant né sans vie peut être pris en charge pour les funérailles.

En cas d’absence de certificat médical d’accouchement les corps des enfants sont considérés,   selon leur degré de développement soit comme des « pièces anatomiques d’origine humaine aisément identifiables par un non-spécialiste » soit comme des déchets d’activité de soins à risque infectieux (DASRI). Dans le cas d’un enfant né sans vie, si la famille ne vient pas récupérer le corps, c’est l’hôpital qui se charge de la crémation collective ou de l’inhumation sous dix jours.

L’importance du cérémonial

Nous ne parlerons jamais assez de l’importance du cérémonial. Il permet d’ouvrir la porte du deuil, de reconnaître et de faire reconnaître la douleur. Avec l’aide de l’Association La Petite Emilie, tous les premiers mardis de chaque trimestre de 8H45 à 9H15 les Services Funéraires de la Ville de Paris organisent une cérémonie destinée aux proches d’enfants décédés en période périnatale. L’association Vivre son deuil organise à la suite de cette cérémonie un temps de convivialité créant ainsi le lien entre les familles et les bénévoles de l’association.

Chut, écoutons, tendons l’oreille et le cœur, derrière les silences pesants il y a des hurlements, de colère, d’injustice. Donnons à ces parents sans enfant la reconnaissance, le réconfort et l’amour auxquels ils ont droit.

crédits photo : Association Aux noms des Petits Anges, marche blanche octobre 2015

 

1 commentaire

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.