72 ans après, le Pentagone piste ses soldats morts dans l’Himalaya

1
138

Rapatrier les restes de militaires américains disparus dans le monde pour leur donner des funérailles dignes : c’est le but d’une agence spécialisée du Pentagone (la POW/MIA). Elle vient d’intervenir dans l’Himalaya, lancée sur les traces d’aviateurs de la Seconde guerre mondiale.

Ce n’est qu’un simple cercueil enfermant quelques ossements. Il a décollé hier d’Inde, 72 ans après la mort de ces militaires morts dans le crash de leur bombardier B-24. Les restes ont été trouvés en septembre 2015 dans la jungle montagneuse de l’Arunachal Pradesh, un Etat indien revendiqué par la Chine. Un lieu de forêts et de pentes vertigineuses.

Il aura fallu trois jours de marche pour atteindre le site du crash à la vingtaine de civils et militaires des deux pays. Puis, à raison de huit heures par jour, l’équipe a fouillé ce terrain difficile, encordée, creusant la terre comme des archéologues. Finalement, devant le risque de glissement de terrain, la zone n’a pu être totalement explorée. Des huit membres d’équipage de l’avion, on n’a retrouvé des os que de deux d’entre eux.

Ces restes vont désormais être étudiés à Hawaï. L’identification se fera par ADN, avant de les rendre aux familles, d’organiser des funérailles militaires, et surtout de permettre le travail du deuil. Le rapatriement concernait par ailleurs aussi les corps d’aviateurs d’un autre avion tombé dans la même région..

C’est la première fois que l’agence parvient à récupérer des ossements en Inde. On estime que 350 Américains auraient disparu dans ces montagnes pendant le deuxième conflit mondial. Ils participaient alors entre 1942 et 1945 à un gigantesque pont aérien entre l’Inde et la Chine, au dessus de l’Himalaya, visant à acheminer du matériel, des munitions, du carburant vers les troupes combattant les Japonais. Ces derniers occupaient plusieurs pays d’Asie du Sud-Est et avaient coupé de nombreuses routes. Bon nombre d’équipages se sont écrasé dans ces montagnes dangereuses, entre Inde, Chine, Bhoutan et Birmanie. On pourrait dénombrer ainsi la perte de près de 1.650 aviateurs et d’un peu moins de 600 appareils.

1 commentaire

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.