Affaire Jacqueline Sauvage : Hollande en juge de paix

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(capture Youtube)

Que décidera François Hollande face à la mobilisation croissante réclamant une grâce présidentielle pour Jacqueline Sauvage ? Le président de la République reçoit ce vendredi après-midi à l’Elysée les filles et les avocates de la sexagénaire.

Début décembre dernier, la cour d’assises du Loir-et-Cher a confirmé en appel la condamnation de Jacqueline Sauvage (66 ans) à dix ans de réclusion. Motif : en 2012, après 47 ans d’enfer familial, elle a tué son mari Norbert de trois coups de fusil dans le dos. Selon son comité de soutien (400.000 personnes ont déjà signé la pétition en ligne), elle a été « victime ainsi que ses enfants de viols répétés et d’extrêmes violences conjugales ». Pour eux, la société n’a pas su protéger ces femmes et ses enfants. Les victimes, ce sont eux.

Et c’est cette défaillance qui rend inadaptée la condamnation. Samedi dernier, une manifestation de soutien a été organisée à Paris. Des Femen ont manifesté devant sa prison, dans le Loiret. Une partie de la classe politique s’en mêle aussi, désormais, tant à gauche qu’à droite. La maire de Paris Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon, Daniel Cohn-Bendit, Nathalie Kosciusko-Morizet, Valérie Pécresse, Jean-Christophe Lagarde…

Jusque même l’ancienne ministre de François Hollande Marie-Arlette Carlotti. Dans une lettre ouverte, parlant d’un « geste désespéré », cette dernière écrit : « Une femme qui lutte contre la violence subite jours après jours, dans le silence de son foyer, pourrait être considérée en légitime défense. En 2015, 600000 femmes sont battues quotidiennement, 134 d’entre elles sont mortes sous les coups de leur conjoint. Rouée de coups, Jacqueline Sauvage aurait pu mourir 100 fois. » Quant à la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, sans se prononcer, elle se déclare « bouleversée ».

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Par principe, le chef de l’Etat n’est pas trop favorable au principe de la grâce présidentielle. Celle-ci ne signifierait en tous cas pas amnistie. Les « circonstances exceptionnelles » de ce dossier, dont il a lui-même convenu, pourraient peut-être changer les choses.

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