Affaire non résolue, comment faire le deuil ?

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Affaire Dupont de Ligonnès, Francis Heaulme, le petit Grégory. Ces titres dans les journaux depuis des années, toutes ces impasses, ces questionnements et derrière les tabloïdes des familles endeuillées incapables d’avancer. Entre deuil médiatique, deuil collectif, retardé et deuil impossible comment faire le deuil d’un proche lorsque son corps est au cœur d’une enquête et d’une affaire non résolue ?

Après un décès, on le sait, notre monde est bouleversé mais notre famille et notre entourage le sont aussi, d’autant plus si le décès se médiatise et lors d’une affaire non résolue. Certaines familles rompent sous le poids du chagrin.

Affaire non résolue : la justice comme seule horizon

J’ai coutume de dire que le deuil commence lors de la cérémonie, bien sûr dans ces cas précis, la cérémonie est toute aussi importante, mais la justice devient la représentante ultime de la porte qui se ferme. Plus le temps passe, plus le besoin de trouver les réponses et de punir les coupables deviennent obsessionnels pour calmer la souffrance. C’est comme une sorte de porte battante qui ne pourrait pas se refermer et qu’à chaque vent ou passage de quelqu’un, elle faisait ce bruit insupportable. Leur porte du deuil ressemble à ça, à une porte battante.

Avancer et faire le deuil sont deux choses différentes

Avancer est inévitable et même si l’on est là immobile, la vie se charge pour nous de nous pousser avec elle, c’est-à-dire de vieillir. En revanche faire le deuil est une démarche active contrairement à ce que l’on en dit souvent. « Il faut laisser faire le temps », certes, mais le temps est un outil et le deuil est une action, un mouvement, une mobilité. Dans le cas des affaires non résolues, les faits restent figés dans le temps. Un événement T a marqué l’histoire personnelle et le fait de ne pas trouver le coupable ou le fait que la justice ne soit pas rendue ou le corps non retrouvé, font de cet instant quelque chose d’immuable. Or c’est complètement antinomique avec l’élan nécessaire au chemin du deuil.

Le silence tue

Faire le deuil d’une affaire médiatique et non résolue est tout aussi délicat que faire le deuil de quelqu’un dont on n’a jamais retrouvé le corps. Il y a beaucoup de spéculation, et dans le brouhaha des opinions peu de faits sont concrets, réels ou utiles. Il suffit de voir les commentaires sur les réseaux sociaux. De la même manière au cœur des familles les conflits éclatent, les clans se forment, des gens divorcent, et lorsqu’il n’y a pas de procès, certaines personnes peuvent même en arriver au suicide. Au milieu de tout ce bruit, c’est finalement le silence qui ressort le plus, celui du secret, des choses non dévoilées, des choses que l’on apprendra jamais et ce sont ces choses là, ces non réponses qui marquent un obstacle dans les étapes de deuil, bloquées irrémédiablement sur la colère.

Comment en arriver jusqu’à l’acceptation ?

Pour faire le deuil de la personne décédée il faut comprendre qu’il n’y a pas un mais deux deuils à faire, et le premier étant celui qui va permettre d’amorcer le second, un peu comme deux rouages. Il s’agit de faire le deuil des réponses, accepter de ne pas savoir. Ça à l’air facile, là, comme ça mis bout à bout sur mon article et pourtant c’est l’une des choses les plus difficiles à faire.

Ça n’est pas qu’une question de justice, c’est parfois une question de survie, dire au revoir, dire je t’aime, avant que la vie s’achève sur un deuil inachevé.


Pour aller plus loin :

Les différentes catégories de deuil : apprendre à les repérer

Le deuil collectif : première partie, les accidents et catastrophes

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