« Ainsi fut-il », le nouvel Embaumeur

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Un nouvel Embaumeur est un évnènement. Evènement récent, la série est toute jeune, mais déjà elle s’impose avec son deuxième tome. Nous l’avons lu.

Et joue de la Mandoline mon petit Bambino…

couv1-183x300 "Ainsi fut-il", le nouvel EmbaumeurAprès Michel Vigneron et son opération commando en Guyane, c’est Hervé Sard qui est chargé du destin de Luc Mandoline, l’Embaumeur. Foin ici de trafiquants sans scrupules, place au climat modéré de la région Nantaise, en Bretagne, donc.

Luc Mandoline est appelé our faire un soin de conservation, et régler les obsèques, dans un château. Chose qu’il finira par comprendre au bout d’une conversation ardue avec un secrétaire bègue. L’ambiance est posée : plus relax que Michel Vigneron, Hervé Sard tire son opus vers la franche comédie, verbe bien haut, dans la tradition d’Audiard. Comédie, oui, mais comédie criminelle quand même, et certainement pas franchouillarde. Humour un tantinet méchant, cynisme parfaitement dosé, tout le livre repose sur une galerie de personnages bien troussés, du genre frappadingues, mais chacun avec sa logique bien à lui.

On a trucidé Monsieur

Arrivé sur place, Mandoline relève aussitôt ce qui cloche : le petit-fils du châtelain a péri écartelé entre quatre chevaux, un écriteau « Ravaillac » autour du cou. Le médecin de famille a signé le certificat de décès, « Mort naturelle », sans obstacle médico-légal, parce que le Patriarche, Hubert-Louis de Six-Fours ne souhaitait pas déranger la maréchaussée.

Il compte toutefois sur les talents de Mandoline, en premier lieu pour rafistoler le corps de son petit fils, et en second lieu pour trouver le coupable. Non pas que le meurtre l’ait touché, l’étude de son indifférence pouvant servir de base à une figuration de l’infini, mais parce qu’il souhaite apporter quelques aménagements à son testament. On ne peut pa soccire n’importe qui et toucher le pactole, tout de même.

La figure de Hubert-Louis de Six-Fours est d’ailleurs la plus succulente du livre, qui n’en manque pas. Un abbé Pierre Royaliste anticlérical et milliardaire, incapable de résister, en son jeune temps, à la gent féminine, ce qui va confronter Mandoline à l’épineux problème de la descendance.

Et ainsi, les personnages vont s’enchaîner. Du secrétaire bègue aux « chevaliers » fils à papa, en passant par un couple de catcheuses lesbiennes, et j’en passe, Sard n’est pas avare et vous en donne pour votre argent.

Ca promet

On a hâte de savoir dans quel univers Mandoline se trouvera la prochaine fois. En tout cas l’opus répond de façon brillante aux questions qui pouvaient se poser : chaque livre sera vraiment différent, sans rapport entre l’écriture et les ambiances, et l’on ne risque pas de s’en lasser de sitôt. Chaque auteur se doit de respecter le cahier des charges, mais fait ensuite un peu ce qu’il veut. Pour le lecteur, l’assurance de retrouver Luc Mandoline sans aucune redite.

Comme le précédent, on félicite l’Atelier Mosésu pour son travail graphique impeccable et la fabrication de qualité du livre. Une belle collection qui s’annonce mérite un bel objet.

Au passage, on félicitera Hervé Sard : le bonhomme s’est renseigné un tantinet sur la thanatopraxie et les pompes funèbres, on applaudit bien fort et on commande vite fait.

Pour commander, rendez-vous sur le site de l’Atelier Mosesu

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