Après l’attentat de Berlin : Oui, mais demain ?

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larmes attenat Berlin

Attentat. Il fait parti des mots les plus tapés sur Google en 2015, il le sera aussi en 2016. Un triste succès. A Funéraire-Info aussi, malgré nos jeunes années d’existence, beaucoup – trop – d’articles traitent des attentats, français, internationaux. Les pays sont touchés un à un. Nous sommes touchés dans notre individualité et dans notre collectivité.

« C’était prévisible »

C’est ce que je lis le plus depuis l’annonce de l’attentat de Berlin qui s’inscrit dans la longue liste des villes du Monde touchées par le terrorisme. Lundi soir, un camion a foncé au cœur du marché de Noël à Berlin faisant état de 12 morts à l’heure où j’écris cet article et près d’une cinquantaine de blessés.

Avant la question c’était « pourquoi? ». L’ennemi était flou, opaque. Depuis il est identifié comme idéologie, terrorisme. Aujourd’hui la question c’est « Quand? ». J’ai grandi à l’époque du terrorisme. Et je sais qu’il est plus probable que je meurs sous la folie meurtrière et religieuse ou que l’on m’enlève ceux que j’aime, plutôt que de mourir d’un accident. Le ratio n’était pas évident auparavant, il est plus que jamais présent.

« Le terrorisme c’est la psychose, ne tombez pas dedans »

Ben si. Comment faire autrement ? Et surtout pourquoi faire autrement ? Je vis dans l’Est de la France, Metz ville de garnison où l’on a grandi auprès des militaires. Depuis plusieurs années maintenant les marchés de Noël sont surveillés, autour des manèges de nos enfants veillent les hommes d’État et pourtant je ne me sens pas plus en sécurité. Je sais que ça pourrait être eux, je sais que ça pourrait être moi. Je sors moins, mais je sors quand même. Je sais qu’un jour je devrais apprendre le mot « attentat » à mes enfants et je ne sais pas comment leur expliquer que personne ne nous protège réellement. Je leur dirais que les États sont « bouleversés » qu’ils qualifient tous ces actes comme étant « abominables » mais je ne suis pas sûre qu’ils comprendront.

« Alors on fait quoi ? »

Pour l’instant visiblement on se divise. La guerre n’est pas mondiale elle est entre nous. La faute à qui ? À toi ? À moi ? À nos parents, nos grands-parents ? La faute à l’argent ? À la guerre ? Aux immigrés ? La faute à la Russie, aux États-Unis, à l’Angleterre ? La faute à ceux qui vendent des armes ? À la drogue qui finance tout ça ? La faute à l’éducation qui ne nous apprend que l’Histoire qu’elle veut retenir ? Oui la faute à tout ça.

J’en ai fait des marchés de Noël cette année, chez moi et ailleurs, j’étais accompagnée, je me sentais bien et en sécurité. Il y a quelques années on m’aurait dit « t’as de la chance ! tu as bu du vin chaud ? » Aujourd’hui « j’ai de la chance je suis rentrée en vie ».

Chaque célébration, concert, joie, chaque centres commerciaux, chaque école, chaque marché, chaque aéroport, chaque destination aujourd’hui est peut être ta dernière. Alors je ne prie pas pour Berlin, je ne prie pas pour Paris. Je ne prie pas parce que c’est la prière qui conduit à ça. C’est mon postulat. Le risque ? Je lis des « après la rage , le désespoir ». Et bien non, la première fois oui, mais après le risque c’est la banalité, derrière la colère, le « ouf ça n’est pas moi ». Le risque c’est de devenir égoïste au sens premier du terme, c’est de faire de nous des miraculés. Et si on part de là, alors oui, le terrorisme a gagné.

 

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