Après les rumeurs de mort, les rumeurs de non-mort…

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Une nouvelle « mode » sévit parmi les lanceurs de rumeurs sur la toile : celle de la non-mort d’une personnalité décédée. Dans quel but ?
Au temps jadis

de nombreuses vedettes ont été victimes, au cours des dernières années, de rumeurs sur la toile annonçant leur décès. Le malheureux Jean Dujardin, par exemple, y a eu droit plusieurs fois. Il côtoie, dans ce club involontaire, Jean Reno, Eminem, Justin Bieber…

Les personnalités victimes de ce genre de rumeurs ne sont généralement pas choisies au hasard : ce sont des célébrités régulièrement exposées, relativement jeunes, ou dont le décès déclenchera des réactions importantes. Sinon, ce n’est pas « drôle ».

Parce que les auteurs de ces rumeurs sont des « trolls ». Loin des créatures du folklore scandinave, cette dénomination désigne à la fois des internautes qui s’ennuient, et d’autres qui trouvent un moyen de monétiser le phénomène. Nous y reviendrons.

La nouvelle mode

La nouvelle « mode », pour prendre leur propre phénomène à contre pied, c’est la rumeur de « non mort ». Le principe est simple : une célébrité décède, et, dès les premières minutes, le site en question publie un article annonçant qu’elle a été victime d’une rumeur.

Le résultat ne se fait pas attendre : lorsqu’on apprécie quelqu’un, on n’a pas envie de le voir mourir. Comme le terrain a été préparé auparavant (les fausses morts reprises par la presse), le lecteur se persuade alors que tout ceci n’est qu’une mauvaise plaisanterie.

Par exemple, il y a quelques jours, l’annonce du décès de Christopher Lee a été perturbée par l’article d’un site d’intoxication (hoax pour les anglicistes) que nous ne citerons pas pour ne pas lui faire de publicité. Au deuil des cinéphiles et aux marques de respect qui étaient due à cet immense acteur se sont substitués des débats sans fin pour savoir si la nouvelle était véritable, ou non.

A titre personnel, je me suis même fait incendier par un lecteur de Funéraire Info m’expliquant que je devrais mieux faire mon travail, ou en changer, plutôt que de propager des fausses rumeurs, avant de m’asséner pour preuve indubitable de mon crétinisme l’article bidon du site d’intoxication. Sans rancune, camarade.

Pourquoi faire ?

L’on pourrait être tenté de se dire « c’est stupide », hausser les épaules et passer son chemin, mais ce serait ignorer un piège retors. Quel est l’intérêt de ce genre de sites ? Pour le savoir, il suffit d’aller dessus. Les bandeaux de réclame qui clignotent tout autour de l’écran, les fenêtres publicitaires intempestives s’ouvrant au fur et à mesure que vous fermez les précédentes, et vous déduisez rapidement que ces sites vivent de la publicité. Et ils en vivent bien.

Phénomène passager ? Sûrement : un jour ou l’autre, on trouvera le moyen de contrer ces informations bidon, certainement par la méfiance, comme les rumeurs de décès qui ont frappé certaines célébrités. Mais l’appât du gain est le plus fort, et ne doutez pas que ce jour là, les tenanciers de ces sites auront déjà trouvé une nouvelle idée. Le cynisme n’a pas de fin.

Guillaume Bailly

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