Assises du Funéraire : L’intervention du sénateur Jean-Pierre Sueur

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« Le deuil est tellement vivant ». L’oxymore est évident pour Jean-Pierre Sueur qui nous a fait l’honneur d’assister et d’intervenir lors des Assises qui se sont déroulées le 03 Octobre au Palais du Luxembourg.

Jean-Pierre Sueur est toujours d’un calme et d’une assurance qui en ébranleraient plus d’un. Suite à aux résultats du CREDOC et aux commentaires qui y sont associés, le sénateur est intervenu non pour donner son avis sur la question complexe de la gestion du deuil mais pour nous inviter à nous interroger sur celle-ci.

Jean-Pierre Sueur est spécialisé – entre autre – dans la question du droit funéraire, le sujet n’est donc pas à proprement parlé le même que celui auquel nous assistons. Après avoir rendu hommage à Jérôme Monod ancien patron de  Suez-Lyonnaise des eaux décédé cet été, il nous rappelle que le paysage funéraire a été bousculé ces dernières années. Lorsqu’il évoque sa loi sur la fin du monopole en 93, la salle se plait à émettre un rire évident, or il n’y avait rien d’évident il y a 23 ans lorsqu’il a fait voter cette loi.

Il nous fait remarquer que la fin du monopole ne voulait pas seulement dire le début de la concurrence mais aussi, et surtout, la restauration du service public, ce qui justifiait la mise en place d’une habilitation, gage et preuve d’une démarche éthique et honnête.

Depuis, il s’est battu pour que d’autres lois voient le jour ; sur les autopsies judiciaires, les contrats obsèques non réglementés, les devis type, les tarifs, en demandant la transparence sur les prix pratiqués par le marché. Bien sur il revient sur la loi de 2008 sur la question du devenir des cendres, qui est symboliquement la mise en perspective sur le respect, la dignité et la décence qui doivent être faits au défunt. Depuis il est interdit de garder une urne cinéraire chez soi.

Lire aussi :  La peur de la mort, mais...Pourquoi faire ?

Mais le sénateur nous confie que derrière les combats qu’ils mènent, que le monde funéraire les approuve ou non, il n’est toujours pas aisé d’inscrire au programme politique un ordre du jour en rapport avec le funéraire. Preuve que la société française n’est pas la seule à faire de la mort la poussière sous le tapis, mais que ses élites agissent en reflet de celle-ci. Et finalement, qui doit donner le modèle ?

Dans les projets en attentes, il y a notamment la question du schéma régional des crématoriums. En effet, on s’aperçoit depuis quelques années, que soit les crématoriums sont trop proches les uns des autres soit qu’ils sont trop éloignés. Dans les deux cas, les batailles d’égo sont souvent responsables et c’est la famille qui en paie les conséquences.

De même Jean-Pierre Sueur livre bataille pour que soient inhumés dignement le reste des être humains après un attentat ou à des accidents – crash d’avion par exemple- au lieu d’être considérés comme déchets chirurgicaux.

Puis le sénateur avant de laisser la parole conclut que dans chaque rapport à la vie, il y a un rapport à la mort. Controversé et impertinent, Jean-Pierre Sueur a été un très bon orateur, son intervention très appréciée et il a apporté un peu de légèreté et d’humour nécessaires à ce débat lourd, et au combien complexe qu’est le deuil.

Suite de la chronique : https://www.funeraire-info.fr/assises-du-funeraire-nathalie-vallet-renart-et-la-gestion-des-emotions-en-entreprise-65434/

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