Australie : le secteur du funéraire cherche sa voie

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(capture site LifeArt, groupe InvoCare)

Depuis trois ans, Sambo Sab est l’agitateur du petit monde funéraire australien. Le revoici ces jours-ci dans les colonnes du quotidien Sydney Morning Herald, à vanter la personnalisation des cercueils et à dénoncer des tarifs prohibitifs pratiqués par certaines pompes funèbres traditionnelles.

Tenant du « low-cost » et des rabais depuis 2012, ce distributeur va se fournir en Chine, à Taïwan et aux Etats-Unis. Le patron de Coffin World veut également lancer à l’automne un site internet qui dirait la vérité sur le coût des obsèques et les marges prises par les intervenants au détriment des familles endeuillées, vulnérables. A l’occasion de plusieurs deuils passé, lui-même en a fait l’expérience, explique t-il.

Ce site aurait également une autre fonction : les familles pourraient « habiller » à leur guise le cercueil choisi grâce à un logiciel de graphisme qu’il promet facile d’emploi.

Cet entrepreneur, qui voit ses ventes tripler ces dernières années, appelle ses confrères à proposer des « obsèques abordables ». « C’est une industrie très rentable », dit-il. « Imaginez, dans un service classique, vous pouvez employer 30-40 personnes. Vous aurez besoin d’une ou deux heures des services d’un traiteur, peut-être d’une chapelle, de louer le corbillard, d’acheter le cercueil. » Facture, selon lui : on atteint généralement un coût total de 4.500 à 5.200 euros, dont la moitié pour le cercueil. Alors sur son site, il montrera comment et avec quels arguments un employé de pompes funèbres peut tenter de faire gonfler la facture. Et tant pis si cela ne plaît pas à ses confrères.

En Australie, où on enregistre 150.000 décès l’an, des funérailles moyennes coûtent entre 3.200 et 9.000 euros. La population en augmentation devrait voit croître à l’avenir le nombre de morts.

Lire aussi :  Pourquoi le prix des cercueils va augmenter ?

Dans ce marché en croissance et en évolution, chacun tente d’apporter sa solution au meilleur coût. Ainsi, la société InvoCare Australie, filiale d’un géant du funéraire (250 sites, 14 crématoriums et cimetières gérés) en Australie, Nouvelle Zélande, Etats-Unis et Singapour, a breveté une pâte en matériaux recyclés pour la fabrication de cercueils. Des bières évidemment personnalisables, qui restent pour lui une activité accessoire (4.000 cercueils produits par an).

Son principal concurrent, Amalgamated Casket Company (ACC, 43.000 cercueils fabriqués en 2014) a investi pour moderniser et automatiser sa production. Il vient de signer un partenariat avec une société anglaise fabriquant des cercueils en laine afin d’élargir sa gamme de produits. Le pays offrant par ailleurs une société australienne multiculturelle, son catalogue doit pouvoir le refléter, Un autre défi attend l’ACC : ajuster les dimensions et la solidité des cercueils à une population obèse.

Personnalisation, usages de l’internet, utilisation des médias sociaux, règlementations évolutives, formation plus actualisées : en France comme en Australie, le secteur funéraire se reconstruit. Sans réellement savoir à quoi il ressemblera dans cinq ans.

1 commentaire

  1. L’ Australie est sans doute aujourd’hui le pays au monde le plus avancé en matière de liberté de choix de cercueils. A cela 2 raisons, une forte demande du marché pour des produits alternatifs aux traditionnels cercueils en bois et l’acceptation de ces produits innovants par les principaux acteurs du marché funéraire pourtant traditionnellement impliqués dans la fabrication et la distribution de cercueils en bois.
    Comme précisé dans l’article, le groupe INVOCARE qui représente 50% du marché funéraire australien est même allé jusqu’à décider de produire des cercueils en carton en faisant l’acquisition de la société LIFEART AUSTRALASIA qui fabrique des cercueils élaborés selon le brevet développé par Eckhard Kemmerer un ingénieur d’origine allemande.
    Avec 4000 cercueils par an vendus en Australie, nous sommes bien loin des scenarii cataclysmiques qui nous sont promis par les opposants au cercueil en carton en France qui prétendent que le cercueil en carton va ruiner l’industrie nationale du cercueil et détériorer la rentabilité des crématoriums jusqu’à entrainer leur fermeture…
    L’exemple australien montre que, lorsque le monde funéraire traite le cercueil en carton à sa juste valeur, c’est dans un contexte apaisé que l’on constate que finalement ce produit appartient à un marché de niche.
    LIFEART arrive aujourd’hui en France où il devrait y être fabriqué à terme pour être diffusé dans toute l’Europe Occidentale.
    Son concept puissant et original séduira inéluctablement le grand public qui verra dans les enseignes et les pompes funèbres indépendantes qui le proposeront un signe de dynamisme et de modernité.
    Finalement, le cercueil LIFEART qui s’est d’ores et déjà adapté à la réglementation française pour respecter les contraintes de la très exigeante norme NF D80-001 partie 1 (rapport établi par le laboratoire FCBA en décembre 2015) permettra aux professionnels du funéraire de s’adresser sans tabous au grand public, le concept marketing associé à LIFEART relevant plus d’un hommage à la vie passée du défunt qu’à la prise en considération formelle de sa disparition.
    Être un professionnel du funéraire et pouvoir communiquer dans tous les médias sans crainte d’éveiller brutalement la peur de la mort, n’est ce pas là un vecteur de différenciation forte par rapport à la concurrence ?

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