Béatrice Habbes : L’infini comme horizon du deuil

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l'inifni Béatrice Habbes
projet recto

Béatrice Habbes. Retenez bien son nom parce qu’il est fort à parier que vous verrez bientôt son travail et ses œuvres un peu partout. Béatrice est ferronnière d’art. C’est parce qu’elle a été touchée par l’absence et le goût du vide dans les jardins du souvenir qu’elle a voulu offrir aux familles endeuillées une nouvelle manière de rendre hommage et de se souvenir.

Béatrice est comme vous, comme moi, c’est-à-dire une personne qui a un jour été dans un jardin du souvenir. Avec un taux de crémation sans cesse en accroissement, et les nouvelles dispositions légales sur le devenir des cendres, le jardin du souvenir est lieu ultime où se mêlent le souvenir de nos défunts. C’est parce qu’elle a été « touchée » et même « choquée » de voir que les cendres puissent s’entremêler, se confondre et disparaitre dans un endroit aussi gris que le devenir de nous mêmes qu’elle a travaillé sur son projet qui permet à chacun de rendre la symbolique de l’adieu à sa juste place.

Il y a encore quelques années, la crémation était un choix économique. Aujourd’hui ça n’est plus le cas puisqu’il s’agisse de crémation ou d’inhumation les tarifs sont à peu près les mêmes. Nous avons coutume de dire que la crémation contrairement à l’inhumation est davantage le choix des défunts qui ont, de leur vivant exprimé le souhait d’obsèques « simple ». Pour autant elle laisse parfois des familles dans le désarroi.

Béatrice a donc eu l’idée de créer une sculpture en forme d’infini d’environ 3m80 de long pour 1 mètre de hauteur qui permet de déverser les cendres en son cœur sans voir cette aspect « mêlé » qui selon elle choque les personnes endeuillées et surtout la sensibilité de celles-ci. Sur l’autre partie de la structure, les personnes peuvent se recueillir assis confortablement sur un magnifique bois de châtaignier.

Son œuvre, outre son esthétique irréprochable, a été pensé de manière symbolique dans adn-source-de-tout-vie Béatrice Habbes : L'infini comme horizon du deuilles moindres détails. Lors de ma conversation à Béatrice je l’interroge sur la notion même d’infini qui me semble répondre parfaitement aux attentes de chacun, croyants ou non croyants. Pour le croyant l’infini renvoie indéniablement à la notion d’éternité, tandis que pour les non croyants ou les agnostiques « je trouve incroyable la similitude du symbole de l’infini avec celui de l’ADN » me murmure Béatrice.

À ceux un peu trop terre-à-terre qui se demande, comme j’ai pu demander  » comment la structure peut elle accueillir ces cendres ? » Comprenez « et si c’était un jour rempli? » Béatrice a pensé à tout. En effet son projet a été demandé par le maire de Ramatuelle où sa sculpture est depuis quelques semaines au cœur du souvenir. « À Ramatuelle,sous la structure, (il y a ) un trou dans le plancher qui surplombe une bute de terre. Mais sinon cette structure peut venir habiller la version classique prévue, c’est-à-dire venir sur une grille sous laquelle est un puits aux cendres. »

P10108631 Béatrice Habbes : L'infini comme horizon du deuil
« Les cendres glissant sur une lune d’or cela peut adoucir un peu les choses. On rejoint un peu ce désir d’être dispersé dans un bel endroit,une crique, au pied d’un bel arbre,ou sur une lune d’or ».

Béatrice réussit à mêler le côté terrestre d’une réalité humaine à la dimension supérieure et ultime du début du travail de deuil.

 » les cendres glissent sur une lune composée de deux verres sécurit entre lesquels sont fixées de véritables feuilles d’or 24 carats« . Un hommage exceptionnel donc qui renvoie à la durabilité du souvenir et au caractère éternel non pas de l’âme des défunts, ni des mortels mais du lien qui unit les deux.

L’avenir et au-delà

Si certains jardins du souvenir sont absolument magnifiques – je pense notamment au site cinéraire privé au Bono – certains endroits mêmes s’ils sont aménagés ne permettent pas toujours l’espace nécessaire à l’hommage.

C’est pour cela que Béatrice qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et amène son projet plus loin, en créant une structure sur laquelle il y aura des étagères permettant d’apposer une petite bougie. Là encore cela répond à un réel besoin de rendre hommage là où des jardins du souvenir interdisent même de déposer des fleurs.

Après Ramatuelle, c’est Fréjus qui verra bientôt son jardin du souvenir orné de l’infini. Gageons que nous serons bientôt nombreux à approcher l’éternité.

À noter que c’est grâce à André CAZAUX, délégué régional de la Fédération Française de Crémation dans le VAR, que nous avons pu découvrir le travail de Béatrice HABBES.

Crédits photos : Béatrice HABBES

Contact : Habbes.beatrice@gmail.com
Site       : http://Creationsbeatriceh.com

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