Berlin : les jeux anatomiques du « docteur la mort »

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La presse allemande l’a surnommé le « Docteur la mort ». Gunther von Hagens, 70 ans, refait parler de lui, en inaugurant ce mercredi à Berlin sur l’Alexanderplatz un « Musée de l’Homme » un peu particulier : vingt cadavres et 200 organes morts et recouverts d’une couche plastifiée, conservés prenant des poses.

Est-on là dans l’art, le scientifique ou le plus bas sensationnel ? L’homme déclenche la polémique depuis bien longtemps. Les autorités berlinoises ont ainsi vainement saisi ce mois-ci la justice pour tenter d’interdire cette exposition contraire, disent-elles, aux lois régionales sur l’inhumation.

Depuis vingt ans, Gunther von Hagens expose ses « plastinations » dans le monde entier. Une fois évacués les fluides et les graisses, il a plongé ces corps dans de la silicone ou de la résine époxy. Ce qui l’intéresse : les mettre en situation (en skateur, en danseuse classique, en gymnaste en équerre…) pour montrer la complexité des muscles, des nerfs, des tissus qui composent le corps humain. Il n’avait pas hésité en 2009, à Berlin déjà, à montrer deux couples morts copulant.

Faisant visiter l’exposition hier mardi, son épouse a expliqué que depuis le début de ce projet, « 40 millions » de personnes ont vu l’une des manifestations de l’anatomiste controversé. Curiosité morbide ? Plus encore : près de 15.000 volontaires du monde entier seraient prêts, selon elle, à offrir leur corps après leur mort à « L’Institut de la plastination », créé en Allemagne par l’anatomiste.

L’origine des cadavres justement a longtemps posé question –un soupçon de trafic international a même émergé. En 2004, un tribunal allemand a donné raison à Gunther von Hagens.

En France, ce dernier ne peut exposer ses « œuvres », a décidé la justice en 2010. Motif : les personnes décédées ne sont pas traitées avec « respect, dignité et décence ».

 

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