Bob Maloubier : mort d’un espion de légende

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(Capture Youtube)

Frêle, moustachu, il ressemblait à un vieux lord anglais. Il ne fallait pas s’y tromper. As de l’espionnage français, agent pétrolier en Afrique, écrivain sur le tard, bardé de décorations, Robert (Bob) Maloubier est mort lundi dernier à Paris à l’âge de 92 ans d’un cancer au pancréas.

Il a 17 ans en 1940 près de Paris. En pleine débâcle, son père (ancien combattant de 14-18) lui parle d’un certain général de Gaulle réfugié à Londres, et de Churchill, côtoyé pendant la Première guerre. Ce sera le terrain d’aventures de cet adolescent fougueux et sportif mais un peu inconscient. Il dit au revoir à ses parents, et file vers la côte basque pour tenter d’embarquer. Echec. Il file vers Marseille, y vit de petits boulots. On lui demande de passer la ligne de démarcation, une valise remplie d’armes en main. Il réussi.

Bob Maloubier rallie l’Afrique du Nord (alors pétainiste) en 1941 pour se battre. Il veut être pilote de chasse. Il ne le sera jamais. D’abord incarcéré pour ses idées gaullistes, il s’engage en 1942 chez les Anglais. Par un concours de circonstances, le voici embarqué dans une formation d’espion-saboteurs dans une unité spéciale créée par Churchill pour faire du grabuge en Europe occupée.

Il peaufine sa formation à Londres en 1943, et se voit lâché dans le grand bain : il fait son premier parachutage près de Rouen en septembre 1943, puis dans le Limousin pour ralentir la division allemande Das Reich, en juin 1944, après le Débarquement. Il sabote des ponts normands, coule des navires, est blessé.

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A la Libération, le jeune l’officier participe à créer les services secrets français, devenus aujourd’hui la DGSE. Il y reste 15 ans, y fondant notamment l’unité des nageurs de combat. Il se découvre un nouveau terrain d’expertise : l’Afrique gaulliste. Il y opère pendant deux décennies, jusque dans les années 70. Son domaine : le pétrole, l’exploitation forestière. Il finit par être engagé par le groupe Elf. Retraité, l’espion à l’ancienne se met à l’écriture, avec talent. Il publie ainsi une dizaine de livres documentés, dont le dernier «La Vie secrète de Sir Dansey, maître espion» (Albin Michel). En 2014, la reine d’Angleterre l’avait décoré de l’Ordre de l’Empire britannique.

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