Brésil – Allemagne : le Bel Horizon bouché par le mur de Berlin

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Un endroit particulier vient de rejoindre la longue liste des grands lieux du funéraire : le stade de foot de Belo Horizonte, ou les Panzers Germaniques ont enterré en grande pompe la jovialité Brésilienne…

christ-redempteur-300x202 Brésil - Allemagne : le Bel Horizon bouché par le mur de BerlinUne histoire

Le Estádio Governador Magalhães Pinto (Stade du Gouverneur Magalhães Pinto), fut lancé le 25 février 1960, lorsque le gouvernement et l’Université fédérale du Minas Gerais s’accordèrent pour la construction du stade dans le secteur de Pampulha.

Le Mineirão a été planifié par Eduardo Mendes Guimarães Júnior et Caspar Garreto, deux architectes. Le projet structurel a été entrepris par l’ingénieur Arthur Eugênio Jermann. Le chantier a été dirigé par l’ingénieur Gil Cesar Moreira de Abreu. De 1963 à la date de son inauguration, le 5 septembre 1965, environ cinq mille personnes ont participé à la construction.

Les festivités marquant l’ouverture du stade ont inclus des sauts en parachute, de la musique, et un match de football. Les événements ont été suivis par 73 201 personnes. La première rencontre au Mineirão a été jouée entre une sélection du Minas Gerais et le CA River Plate.

Il est à noter que le stade fut à l’origine conçu comme un équipement sportif, et que sa destinée de mausolée du football sud-américain est purement fortuite.

Un Match

Le 8 juillet 2014, devant un parterre de spectateurs acquis à la cause du Brésil, et un nombre certes inférieur, mais très bruyants, de supporters Allemands, la Seleçao était confiante. Très confiante, même : ils allaient montrer, ces petits génies du ballon, ce que c’était que le football, à ces germaniques tout tristes, qui avaient peiné à sortir les français.

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Après tout, c’était leur Mondial, leur pays, leur stade, celui ou Ronaldo avait débuté, Ronaldo qui était le meilleur buteur de l’histoire du Mondial. Ca, c’était avant. Parce que 90 minutes plus tard (sans compter la mi-temps) la chanson martiale s’était muée en marche funèbre.

Lorsque Thomas Müller a inscrit le premier but, à 11 minutes, on ne s’est pas trop inquiété. Il est vrai que les Brésiliens avaient passé les onze premières minutes du match devant le but Allemand, tout au plus avait on noté que la défense teutonne s’était nettement améliorée, mais un but à 11 minutes, c’était juste ce qu’il fallait pour mettre du cœur à l’ouvrage des Brésiliens. Deux des plus grandes équipes de foot du monde l’une contre l’autre, on allait en avoir pour notre argent : des belles actions, et une averse de but.

18 minutes plus tard, la chanson s’était tue et le monde entier regardait, les yeux écarquillés, la bouche bée et un peu de bave à la commissure des lèvres, le Brésil prendre une raclée mémorable. L’averse s’était muée en torrent de buts, avec un couloir de la mort de quatre marques en six minutes : Klose à la 23é, Kroos à la 24e et la 26e, doublé en moins de deux minutes, Khedira à la 29e achevant le match :

Parce que oui, le match était mort : les Allemands avaient commencé par laisser jouer les Brésiliens 11 minutes devant leur but juste histoire de leur montrer que 1988 était loin, mais que c’était encore un pays ou on savait faire des murs. Histoire de parachever la destruction, Klose devenait meilleur buteur de l’histoire devant Ronaldo dans le stade ou ce dernier avait débuté.

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Un deuil

On oubliera presque le doublé de Schürrle à la 69e et la 79e, et le but pour l’honneur d’Oscar devant un gardien Allemand hurlant sur ses défenseurs comme s’il venait de prendre le but pour la défaite.

Mais c’est une véritable mise à mort qui s’est jouée hier soir. La mort du football Brésilien, d’abord, celui des gamins des favelas qui savent jongler, jouer avec le ballon, se jouer du ballon, mais qui n’ont pas la rigueur et la discipline pour jouer en équipe, face à la machine outil Allemande ou chaque rouage parfaitement usiné était à sa place.

C’est aussi, et c’est plus grave, sans doute le deuil d’une certaine société brésilienne, ou les pauvres des favelas, maintenant qu’il n’y a plus une équipe nationale pour leur donner de la fierté et surtout l’envie de rester devant leur télévision, vont regarder autour d’eux et demander des comptes. Le gouvernement ne s’y est pas trompé, qui avait déployé la police et l’armée hier dans les rues.

Le stade de Belo Horizonte s’est mué hier en salle de concert pour la marche funèbre du Brésil tel que nous le connaissons. Les secousses des filets de but bousculés par le ballon se sont diffusées, et gagneront certainement en ampleur…

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