Burn-out et bore-out dans le funéraire

0
575
burn-out

Un peu comme « pervers narcissique », le terme « burn-out » s’élève au rang de la deuxième position des mots les plus partagés et commentés sur les réseaux sociaux. Un homme lâche devient un pervers narcissique, et un mal de tête devient un burn-out. Pourtant les termes existent, et leurs maux sont réels. Comment démêler le vrai du faux à l’ère du débat sur l’entrée du burn-out comme maladie professionnelle ? Et surtout quels en sont les symptômes dans les professions funéraires ?

Et son contraire, le bore-out, peu connu et pourtant bien réel, qu’est-ce, comment en sortir ?

Un article à quatre mains par Sarah pour le burn-out, et Mélanie pour le bore-out.

Le burn-out touche tout le monde sans distinction

Marbriers, thanatopracteurs, conseillers funéraires, directeurs d’agence tous peuvent être touchés par le burn-out. Tout au long de votre parcours professionnel, il se peut que vous deviez traverser de sombres périodes. De la simple fatigue passagère, à la maladie, ou au surmenage.

Burn-out et désamour du travail

Vous êtes arrivés dans le funéraire par hasard…ou non, le fait est que votre travail, vous l’aimez. La mission, les objectifs tout vous sied. Mais voilà, sans vous en rendre vraiment compte tout perd de son attrait. Il suffit d’une petite boule de neige qui devient tout à coup une avalanche ; des collègues qui vous ignorent ou au contraire vous accaparent sans cesse, un divorce, un patron peu compréhensif ou une suractivité.  Vos compétences sont indispensables et pourtant vous ne trouvez plus aucun réconfort nulle part car vous n’avez aucune reconnaissance. Humiliation, attitude négative etc et la balance est déséquilibrée. Le goût de votre travail décline et le stress augmente.

Vous tombez malade, et cela peut même aller jusqu’à l’infarctus ou au suicide pour les cas les plus graves. Les cas que l’on relève souvent à la Poste, chez Orange ou encore dans la gendarmerie sont nés d’un burn-out non pris en charge.

Incendie-feu-criminel-pyromane-300x225 Burn-out et bore-out dans le funéraire

Le burn-out : la contagion de la structure

Une personne qui se sent démunie à son travail et c’est tout l’environnement professionnel qui en pâti. Vous êtes une pièce maitresse qui fait partie d’un ensemble. Si vous êtes en déroute, c’est toute l’entreprise qui l’est, mais qui doit aussi porter la responsabilité de votre état. Le burn-out ne doit pas être le mal d’un seul individu mais une responsabilité collective, c’est exactement la même chose avec le deuil ou le suicide. Ce n’est pas un fait isolé, et si le burn-out fait partie des discussions pour entrer comme maladie professionnelle c’est qu’elle est aussi une responsabilité de structure, une responsabilité de l’entreprise, une responsabilité éthique et étatique.

Le burn-out n’est pas à sous-estimer

Le problème aujourd’hui c’est que le burn-out est si souvent évoqué, qu’il est difficile de le distinguer et encore plus de le revendiquer lorsque l’on en est touché. L’important est de se faire accompagner. Le burn-out est aussi appelé syndrome d’épuisement professionnel et cela se caractérise par un état de fatigue généralisé. La fatigue n’est pas tant physique mais aussi émotionnelle et psychique. Contrairement à ce qu’on pense cela ne se manifeste pas qu’entre un salarié et son employeur mais aussi entre les employés eux-mêmes ou un un patron également. La frustration arrive de n’importe où et la crise existentielle n’est jamais loin, surtout si elle s’allie à un contexte personnel qui s’ajoute aux problèmes de travail. Considéré comme le mal des entreprises du 21ème siècle, le burn-out est lié également à l’invasion des nouvelles technologies dans le milieu professionnel. L’explosion du numérique a effacé la frontière entre vie privée et vie professionnelle, on s’envoie un mail alors même que l’on est dans un bureau paysager.

Lire aussi :  Saint Barthélémy, le corbillard de Johnny Hallyday, une limousine Pilato de 1979

Le burn-out dans le funéraire

Le risque dans le funéraire c’est qu’en plus de la crise personnelle et professionnelle s’ajoute aussi le poids de la responsabilité face aux familles. Entrer dans une phase de désamour face à son travail est une chose, mais impacter des familles en deuil peut avoir des conséquences désastreuses. Cela devient un cercle vicieux, votre stress se fait ressentir aux familles, qui elles-mêmes se sentent en insécurité et vous renvoie cette image d’inutilité dont vous souffrez. Vous vous sentez tous deux en injustice et l’impact peut être dramatique. C’est pourquoi dans le funéraire, il est encore plus important de se retirer le plus vite possible lorsque les symptômes se font poindre.

Un retour en douceur

Ne faites pas du burn-out toute votre carrière. C’est une période certes sombres, et opaque dont vous ne voyez peut-être pas la fin, mais ça ne doit être qu’une phase, sur laquelle il est bon de prendre du recul en se soignant et en prenant du temps pour soi. Peut-être que vous découvrirez ainsi que vous n’êtes plus fait pour ce travail ou que le fait d’aider des familles vous apporte au contraire tout le réconfort dont vous avez besoin. C’est une manière de redéfinir vos priorités. Mais une fois la tempête passée, il est bon de revenir en douceur, évitez de vous attaquer à des dossiers trop lourds. Revenir après une longue période pour vous occuper des obsèques d’un bébé n’est pas forcément la meilleure idée qu’il soit, ni de vous attaquer à un monument trop lourd. Retrouvez ce qui vous anime et faites-en votre horizon. Le funéraire est un milieu plein d’humanité, faites brillez en vous, la flamme qui vous animait.

Heure-300x225 Burn-out et bore-out dans le funéraire
Le temps, au cœur des préoccupations du funéraire.

Le bore-out

Le bore-out est le syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui. Si la perspective d’être payé à ne rien faire peut paraître plaisante, il n’en est rien lorsqu’il faut combler jour après jour des journées entières avec l’angoisse de perdre son emploi si l’on aborde le sujet auprès de sa hiérarchie.

Lire aussi :  Le forum de Funéraire-Info pour vos demandes d'emploi

Bore-out, quand c’est mort !

A l’inverse du burn-out, le bore-out c’est quand il ne se passe rien ! Le bore-out, ou syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui, est peu connu mais est un mal bien réel. Présent particulièrement dans le secteur tertiaire, le bore-out se manifeste par un manque d’activité de l’entreprise ou du poste du salarié, l’obligeant à « tuer » le temps chaque jour qui passe.

Bien qu’être payé à ne rien faire puisse paraître plaisant, la plupart des personnes touchées se trouvent particulièrement démunies. Comme pour le burn-out, les salariés touchés par le syndrome aiment leur métier et s’impliquer dans leurs tâches, et le manque de travail, de défi et de dynamique leur plombe le moral. Car si quelques heures creuses font toujours du bien, combler des jours entiers qui se succèdent à devoir s’occuper s’avère être un cercle vicieux duquel il est difficile de s’extraire.

Cette situation est parfois volontairement voulue par l’entreprise : mise au placard pour pousser le salarié à partir, et parfois non. Mais le sujet est délicat à aborder avec la hiérarchie à laquelle on avouera que son poste est « inutile ». Pourtant, la plupart des employés atteints de bore-out font tout pour paraître occupés afin de ne pas attirer l’attention. Une attitude qui tend parfois à l’absurde, et qui n’arrange pas le problème de fond.

Le bore-out en pompes funèbres ou marbrerie n’est pas exclu. Il se peut qu’une entreprise fasse face à un déclin d’activité sur du plus ou moins long terme. Bien que le problème soit difficile à exposer à sa hiérarchie, informer du manque d’activité peut être un premier pas pour celle-ci vers une solution : un changement de poste ou une formation vers d’autres compétences. A l’inverse, une entreprise qui ne prendrait pas le problème suffisamment au sérieux pourra amener le salarié à effectuer des tâches qui sont en dehors de son domaine de compétence.

Mais si la situation ne change pas, il sera difficile de continuer dans l’entreprise. L’habitude de ne rien faire s’installe, et le manque de motivation se fait ressentir à la moindre petite tâche. Si le problème découle d’une mauvaise gestion générale de l’entreprise, la première activité qui surgit pourra se transformer en un véritable calvaire, menant le salarié dans une frontière bore out – burn out.

Sans changement, le salarié atteint de bore-out se dirige doucement mais sûrement vers un manque d’estime de soi de plus en plus accru et une possible dépression. Une rupture conventionnelle et la recherche d’un autre emploi seront les meilleures solutions envisageables. Bien sûr, c’est simple à dire, moins à faire, surtout de nos jours où le travail, et le travail dans les pompes funèbres d’autant plus, apparaît comme un sésame.

En savoir + sur le burn-out

En savoir + sur le bore-out

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here