Cambriolages aux pompes funèbres, insécurité des mort ?

0
834
Une pompe funèbre s’est faite cambrioler ce week-end. Si ce dernier cas est, selon le directeur, sans gravité, le rapines sur les sociétés funéraires sont tout autant en hausse qu’inquiétantes.
Cambriolage bénin

C’est étonnant, mais les pompes funèbres sont victimes de cambriolages.

Dernier en date, une pompe funèbre de l’Est de la France dont le patron souhaite rester anonyme « Honnêtement, il n’y a pas de quoi faire un article » souligne-t-il, philosophe. Ce week end, on a forcé la porte d’une de ses agences « L’individu a pris une trentaine d’euros en espèces dans la caisse, et dans une seconde caisse, encore une trentaine d’euros. J’en ai plus cher en réparation de porte qu’en préjudice »

Mais le patron s’estime heureux « La porte a été forcée proprement, si on peut dire, il n’y a pas eu de dégradations. ». Rien de grave, donc « Non, et pourtant, je dis tout le temps à mes équipes que si ils se font braquer, même pour vingt euros, ils doivent s’interposer quitte à laisser la vie ! Non, non, je plaisante, il faut que j’explique à mes collègues à côté que c’est une blague, ils sont au bord du malaise ».

Mais cet entrepreneur qui garde son sens de l’humour n’est pas le seule victime de faits qui, si ils sont indépendants les uns des autres, n’en sont pas moins préoccupants.

Série noire

Ainsi, les pompes funèbres Abraham, à Neufchâtel, ont été victimes de trois cambriolages entre février et septembre 2014, trois aussi pour les pompes funèbres AFB Gendrillon, à Bressuire, un aux pompes funèbres Pomarède Morais à Venès, un dans les locaux des ambulances et funéraires de la Vallée du Thoré… La liste est longue.

Lire aussi :  Une nouvelle méthode de dispersion des cendres avec WAY

Jusqu’à une attaque à main armée, aux pompes funèbres Dhenaut, à Pécquencourt, ou deux employées se sont vues menacer par un individu qui exigeait le contenu de la caisse… Vide.

A chaque fois, discrimination sans doute due à la mauvaise réputation du métier, le butin n’a pas l’honneur de se voir mentionner dans les annales du crime. Quelques dizaines d’euros en espèces, au mieux, parfois un ou deux ordinateurs, guère plus. La police et la gendarmerie n’ont pas jugé bon de se pencher sur un trafic international de plaques funéraires ou de cercueils, sous prétexte que les cambrioleurs ne se sont pas donnés la peine de les emporter.

Un peu idiot

Si l’on étudie les pratiques de paiement en général et aux pompes funèbres en particulier, les paiements en numéraire tendent à disparaître. Et les sommes souvent importantes en jeu dans les agences n’aide pas : hormis quelques petits accessoires, des inserts, la plupart des paiements se font en chèques, cartes, virements, qui n’ont aucune valeur pour un quelconque voleur.

Pas plus que les articles que l’on peut y subtiliser : les plaques funéraires et autres capitons se revendent difficilement à la sauvette. Quand aux ordinateurs, aux pompes funèbres, ce sont souvent des appareils optimisés pour la gestion, l’utilisation de tableurs et traitements de textes, sans processeur puissant, carte graphique haut de gamme et disque dur de forte capacité. Autant dire que le montant du larcin, à la revente de ce matériel d’occasion, est très largement insuffisant pour « amortir » le risque encouru.

Un risque néanmoins

Toutefois, ces délits, en hausse, peuvent recouvrer une autre signification : soit qu’un « verrou » moral a sauté, soit que la conjoncture soit si tendue que les cambrioleurs s’attaquent à ce qui leur tombe sous la main.

Lire aussi :  e-FUNERAIRE, les obsèques en ligne au meilleur prix

Parce que les boutiques de pompes funèbres ne sont qu’une épiphénomène. Bien sûr, on compatis au choc de l’entrepreneur qui découvre sa société cambriolée, bien sûr, on réaffirme notre soutien aux employés traumatisés, menacés. Mais les cibles des cambrioleurs risquent rapidement de devenir les funérariums, les bijoux dont les défunts sont souvent parés. Des cas se sont d’ailleurs présentés, rarissimes.

Mais cela pose la question de la sécurisation des salons funéraires, des agences de pompes funèbres, et des lieux afférents, encore considérés comme « tabous » il n’y a pas si longtemps. Devra-t-on enfermer les défunts dans des blockhaus sécurisés pour que les familles puissent se recueillir sans inquiétude ? L’avenir nous le dira, mais la multiplication des faits nous incite au pessimisme.

Guillaume Bailly

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here